13 mars 2010 (Nouvelle Solidarité) — Depuis jeudi, une centaine d’employés de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) ont occupé la salle du conseil d’administration du siège, 3, avenue Victoria, au centre de Paris. Appuyés par une manifestation de plus de mille personnes, dont certains ont été gazés par la police, les occupants ont obtenu vendredi soir, d’après source syndicale, la suspension du plan de restructuration.
Si depuis plusieurs mois la colère gronde contre le projet de regroupement des 37 hôpitaux et 176 pôles d’activité clinique en 12 structures hospitalières et 5700 suppressions de postes d’ici 2012, c’est la rumeur de la vente du siège, symbole d’un combat historique pour l’Assistance publique, qui a mis le feu aux poudres. 600 agents seront débarqués dans l’opération et « bientôt, les décision seront prises par les Agences régionales de santé (ARS) qui prendront le contrôle de l’AP-HP dès le premier avril », explique Marie-Christine Fararik, secrétaire générale SUD santé.
Traitée désormais comme une entreprise quelconque, avec un déficit de 20 millions d’euros en 2008 puis de plus de 100 millions d’euros en 2009, l’AP-HP, depuis la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoire - HPST » — sous l’autorité de l’agence régionale de santé (ARS) – est forcée d’atteindre « l’équilibre » en 2012 en réalisant une économie de 228 millions d’euros sur les charges de personnel, prévue dans le projet social 2009-2012 !
Constatant que cette réforme portera fatalement atteinte, aussi bien à l’accès, qu’à la qualité des soins, un vaste front s’est constitué pour rejeter cette casse déguisée en « réforme ». Fin 2009, à l’annonce du plan de restructuration, des Présidents des Commissions médicales (CME), dont 31 répartis sur l’ensemble des 37 établissements de l’AP-HP, s’étaient déclaré prêts à démissionner, tout comme le professeur Pierre Coriat, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP.
Cette bataille n’est qu’un des révélateurs d’une crise systémique globale. Car lorsque les dirigeants se couchent devant les « banksters » et autres prédateurs, le « droit à la santé pour tous » se trouve gravement menacé et les hôpitaux saccagés.
Seule une réforme de fond en comble de tout le système financier international permettra d’échapper au plus vite à la fatalité d’une logique comptable qui nuit gravement à la santé.
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15 mars 2010
à 12h41 #