16 mai 2009 (Nouvelle Solidarité) – Alors que médecins et personnels hospitaliers étaient dans la rue jeudi pour arrêter la loi Bachelot, qui menace de démanteler l’hôpital public en le soumettant à une gestion purement financière, les plans de contingence des autorités françaises révèlent qu’en cas de pandémie grippale provoquée par un type de virus nouveau, les capacités d’accueil des établissements de soins seraient rapidement saturés et l’ensemble du système de santé se retrouverait désorganisé.
Depuis octobre 2004, les autorités françaises ont conçu des plans de contingence en cas de pandémie grippale, particulièrement s’il s’agissait d’ « un nouveau virus grippal contre lequel l’immunité de la population est faible ou nulle ». Voici ce que dit la quatrième version, datée du 20 février 2009, du « Plan national de prévention et de lutte ’Pandémie grippale’ », publiée par le bureau du Premier ministre et du Secrétariat Général de la Défense nationale :
« La cinétique et l’impact d’une pandémie ont été modélises par l’Institut de veille sanitaire sur la base des pandémies historiques. En l’absence d’intervention sanitaire, le bilan français pourrait s’établir de 9 à 21 millions de malades, et de 91 000 à 212 000 décès en fin de pandémie. 500 000 à un million de personnes pourraient développer des complications nécessitant leur hospitalisation.
« Outre son impact sanitaire majeur, une pandémie pourrait provoquer durablement : 1) une désorganisation du système de santé en raison de la saturation rapide des services de soins ; 2) des difficultés graves pour certains secteurs d’activités d’importance vitale ou d’autres services essentiels au fonctionnement de la société et de l’Etat en période de pandémie ; 3) une désorganisation de la vie sociale et économique. »
Si ces estimations sont calculées dans le cas d’« absence d’intervention sanitaire », la faible connaissance du virus A-H1N1 par les scientifiques, le délai de production du vaccin ainsi que la limitation de cette capacité de production, ne permettent pas de penser que la pandémie actuelle épargnerait un pays comme la France. De surcroît, selon les derniers chiffres disponibles, le nombre de lits dans les hôpitaux publics de l’hexagone est passé de 348 301 en 1992 à 294 802 en 2004.
Contrairement à la volonté actuelle de rentabilisation de l’hôpital public qui sous-entend un taux d’occupation des lits de 100%, une véritable politique de santé publique et de population doit prévoir en permanence 15% de lits inoccupés, ainsi que le personnel qui va avec. MM. Sarkozy et Fillon devraient au moins se réveiller, s’ils ne veulent pas perdre leurs électeurs dans une éventuelle pandémie.
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18 mai 2009
à 21h09 #