20 janvier 2010 (Nouvelle Solidarité) – La vague soudaine de protestation de l’été dernier contre la réforme de la santé du président Obama avait été enterrée un peu vite. Le divorce entre le peuple américain et son gouvernement est désormais consommé. Hier, les démocrates ont perdu par 52% contre 47% une élection sénatoriale partielle dans leur « fief » du Massachusetts. Ce scrutin s’est transformé en un véritable référendum sur la réforme de la santé puisqu’avec cette défaite, la majorité présidentielle perd la majorité qualifiée (60 voix) qui lui est nécessaire pour faire adopter cette réforme. Le résultat n’est donc pas local, mais national : les Américains ont enfin eu l’occasion de rejeter par les urnes la politique de compromis des démocrates avec Wall Street, dont la réforme de la santé est une composante majeure.
Cependant, ce choc politique pourra-t-il ramener à la raison la Maison Blanche ? Cela semble improbable : En fixant son discours sur l’Etat de l’Union au 27 janvier, Obama avait indiqué que son projet de réforme devrait être adopté d’ici là. Le nouveau sénateur républicain ne pourra entrer en fonction avant dix jours et la présidence pourrait bien tenter de forcer le Congrès à avaler la réforme entretemps.
Comme l’avait souligné Lyndon LaRouche en avril dernier, Barack Obama est un personnage atteint de narcissisme aigu. Il ne se soucie pas de la réalité mais de ses propres illusions, de l’image qu’il se fait de lui-même. Face à une telle défaite, il ne peut que chercher à se venger, a expliqué LaRouche hier.
Le 27 janvier, l’on s’attend désormais à ce qu’Obama durcisse son discours sur les déficits budgétaires et aille de l’avant avec des mesures d’austérité draconiennes. Non content d’une réforme de la santé qui sabrera 500 milliards dans la couverture maladie des pauvres et des vieux, il pourrait notamment annoncer une « réforme » du système de retraite public sur laquelle son prédécesseur avait échoué.
La bataille n’est donc pas finie et Wall Street est en difficulté puisque l’un de ses principaux représentants dans l’administration, le secrétaire au Trésor Tim Geithner, pourrait faire les frais de son implication dans le scandaleux renflouement de l’assureur AIG. Le gouverneur de la Réserve fédérale, Ben Bernanke est également sur la sellette.
Il est d’une importance vitale pour les Etats-Unis que le Parti démocrate rompe avec Wall Street et sa politique anti-développement. Il doit redevenir une voix de raison pour une politique d’intérêt général comme seul Roosevelt avait pu le faire.
Lire aussi :
- Le mouvement du Dr King met en garde Obama contre les « oligarques de Wall Street » qui l’entourent
- Le LaRouche PAC part en campagne pour remuer le Congrès américain
- Le cas Obama : équivalent à un acte de trahison



















20 janvier 2010
à 16h34 #