1 Août 2009 (Nouvelle Solidarité) – Les experts de l’Union européenne se sont rencontrés hier à Bruxelles au sein du Comité pour la sécurité sanitaire pour faire le point sur la pandémie grippale A(H1N1).
En premier lieu, il s’agissait de discuter de la proposition britannique de « retarder la rentrée des classes jusqu’à la fin du mois de septembre » visant à ralentir la transmission de la grippe A(H1N1) et le moment où les premiers lots de vaccins sont supposés commencer à arriver. « Les enfants ne sont pas immunisés, ils sont considérés comme un des groupes les plus à risque face à la nouvelle pandémie et sont surtout l’un des vecteurs de sa propagation », expliquent-ils dans une note préparatoire.
Si au début de la pandémie, les Britanniques avaient été pris en flagrant délit de mensonge, aujourd’hui, avec 110000 cas constatés et une trentaine de morts, certains Anglais commencent à se réveiller.
Si la proposition est loin de faire l’unanimité en Angleterre, d’après un article du Figaro, « plusieurs expériences passées témoignent de l’efficacité de cette mesure sur la propagation des virus. En Israël, en l’an 2000, une grève des professeurs pendant une épidémie de grippe a contribué à réduire fortement le nombre de malades, de visites chez le médecin et d’hospitalisations. En France, une étude réalisée entre 1984 et 2006 a montré que les vacances scolaires d’hiver sont capables de prévenir un cas de grippe sur six et que globalement elles réduisent les contaminations de 38 à 45% lors du pic de l’épidémie. Selon des épidémiologistes américains et australiens, la fermeture des écoles (associée à celle des églises) pendant la grippe espagnole de 1918 dans certaines villes aurait contribué à baisser le taux de mortalité de 10 à 30%. »
Par ailleurs, si la Commission européenne ne dénonce pas encore le « protectionnisme sanitaire », elle affirme vouloir coordonner une stratégie européenne commune pour l’instant inexistante. En réalité, « chacun fait ce qu’il veut », souligne un porte-parole, la santé restant une prérogative des Etats.
Pendant que la Commissaire grecque Androulla Vassiliou, commissaire en charge des questions de santé, promettait à Bruxelles de présenter le 16 septembre un rapport sur les actions prioritaires à mener, Athènes annonçait sa décision unilatérale de vacciner toute la population, y compris les immigrés clandestins.
Suite à la mort d’une femme d’une trentaine d’années dans la région d’Anvers, décédée en quelques jours suite à une double pneumonie d’origine virale provoquée par la grippe A(H1N1), la Belgique a elle aussi pris ses propres mesures.
Les autorités belges annoncent la préparation d’ailes entières dans les hôpitaux en prévision d’une éventuelle vague de malades. Afin de se préparer au pire, la région francophone belge de Wallonie a écrit aux maires des villes et communes pour leur rappeler les termes d’un décret déjà existant, qui concerne « l’affectation des places de cimetière »
« Nous avons demandé aux communes de prévoir des tombes déjà creusées, pour éviter les problèmes que pose parfois le gel en hiver. Nous leur avons aussi demandé de veiller à la réaffectation des concessions parvenues à expiration », affirme un responsable de la cellule de crise. Dans une interview au quotidien La Libre Belgique, le docteur Daniel Reynders, coordinateur stratégique de la cellule influenza mise en place par le gouvernement, estime que la grippe A ferait de 1000 à 4000 morts en Belgique, si elle frappait 10% à 30% des 10,5 millions de Belges.
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Non au triage humain : santé publique et population
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4 août 2009
à 10h02 #