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HSBC, voyage au cœur de la finance criminelle

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La vérité rattrape parfois les criminels, bien que souvent trop tardivement. C’est le cas avec l’affaire HSBC, qui ne cesse de révéler aux yeux du grand public que haute finance, à force de bénéficier d’une impunité sans précédent, rime avec grande délinquance.

Pour l’ancien directeur général de la Caisse des dépôts Daniel Lebègue, aujourd’hui à la tête de l’ONG Transparency International France, HSBC est « un des cas les plus spectaculaires de dérive bancaire ».

Créée en 1865 à Hongkong, dans la Chine coloniale britannique, la banque prospère grâce au commerce de l’opium imposé aux ports chinois et à l’argent des jeux de la toute proche Macao. Un siècle plus tard, la Hongkong & Shanghai Banking Corporation est devenue un mastodonte mondialisé à coups de rachats.

En 1993, juste avant la rétrocession de Hongkong à la Chine, elle fixe son siège à Londres, au cœur de la City. Avec quelque 300 000 salariés, 90 millions de clients et des opérations dans plus de 80 pays, le groupe est désormais une puissance financière de premier plan.

Depuis quelques mois, une enquête baptisée « Swissleaks », menée dans plus de 40 pays par quelque 154 journalistes, fait parler les 59 802 fichiers de la banque HSBC dérobés par l’informaticien Hervé Falciani. Et elle n’en finit pas de nous livrer des perles.

Pourtant, la liste des dérapages d’HSBC était déjà longue :

2012 : manipulation des taux :
Le nom d’HSBC apparaît dans la liste des banques ayant engrangé des milliards en manipulant les taux interbancaires Libor et Euribor, deux indices fixant le prix de centaines de milliers d’actifs financiers. En 2013, cinq banques, dont HSBC, sont accusées de manipuler le marché des taux de change, un marché quotidien de 5300 milliards de dollars.

2012 : Blanchiment d’argent de la drogue :
Face aux allégations du Sénat américain concernant le blanchiment d’argent des cartels de la drogue mexicains et le financement de terrorisme, le président d’HSBC, Douglas Flint, reconnaît les erreurs de la banque. Pour éviter un procès, HSBC paie une amende record de 1,9 milliard de dollars.

2015 : HSBC abritait les parrains du terrorisme :
Un article du Monde du 10 février 2015 confirme que des dizaines de milliards d’euros détenus par des financiers du terrorisme ont transité par les coffres de HSBC Private Bank, la filiale suisse de HSBC. Passés au crible par les enquêteurs, ces fonds étaient cachés entre autres derrière des structures offshore au Panama et dans les îles Vierges britanniques.

La chaîne en or

Le Monde précise :

Quand des unités spéciales bosniaques ont pris d’assaut les bureaux d’une mystérieuse fondation à Sarajevo, en 2002, outre des armes et des explosifs, elles y ont découvert un disque dur au contenu fort instructif. Il comprenait notamment un dossier intitulé, en arabe, « Histoire d’Oussama ». Celui-ci contenait plusieurs textes, en partie scannés, dont certains portaient des passages écrits de la main d’Oussama Ben Laden. Il incluait également une liste de vingt noms qui a abasourdi les enquêteurs et les services secrets. Comme l’a par la suite confirmé un ancien membre d’Al-Qaida, ces noms étaient ceux des principaux financiers de l’organisation terroriste. Oussama Ben Laden aurait surnommé ce cercle la « Golden Chain » (la « chaîne en or »).

Il se trouve qu’une partie des personnes mentionnées dans cette liste, de nationalité saoudienne, étaient aussi des clients de HSBC à Genève (...). De fait, selon un rapport du Sénat américain de 2012, HSBC a longtemps été « une des banques internationales les plus actives en Arabie saoudite ».

(...) C’est une illustre équipe qui figure dans les données clients de la banque suisse : un prince saoudien, qui a par le passé protégé le chef d’Al-Qaida. Un autre prince, dont l’épouse a envoyé de l’argent à un des auteurs des attentats du 11-Septembre [Il s’agit incontestablement du prince Bandar bin Sultan, surnommé « Bandar Bush », à l’époque ambassadeur de son pays à Washington, notre commentaire.] . L’ancien trésorier d’une présumée organisation-écran d’Al-Qaida. Ainsi qu’un homme dont l’usine a été bombardée par l’armée américaine parce qu’il était soupçonné d’y fabriquer des armes chimiques.

Quand cette liste de 20 noms a été retrouvée en Bosnie, cela ne faisait que six mois qu’avaient eu lieu les attentats de New York et de Washington. Le gouvernement américain, à côté de son intervention militaire en Afghanistan, était parti à la chasse aux hommes de l’ombre du terrorisme et à ses financiers. Et il avait découvert des réseaux obscurs formés de riches Saoudiens, de sociétés fictives et de fondations islamiques.

Ce qui nous ramène à la liste des vingt noms de la « Golden Chain ». « Ces personnes ont financé Al-Qaida et, ainsi, donné une assise à cette organisation terroriste », commente l’ancien agent de la CIA Michael Scheuer. Le rapport de la Commission du 11-Septembre, aux États-Unis, se réfère également à cette liste. Il évoque un « réseau de soutiens financiers » de Ben Laden, composé de donateurs d’Arabie saoudite et du Golfe.

Stephen Green

En octobre 2010, et pour la deuxième fois depuis 2003, la justice américaine avait secrètement mis en demeure HSBC d’arrêter ses activités criminelles. Il est grand temps pour son patron d’alors, le pasteur Stephen Green de quitter le navire.

Le 16 novembre 2010, à la demande de David Cameron, il est anobli par la Reine d’Angleterre et devient le « baron » Stephen Green de Hurstpierpoint du Comté du Sussex occidental.

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A ce titre, of course, il devient membre de la Chambre des Lords le 22 novembre 2010 ! Aux Etats-Unis, la personne choisie par Barack Obama pour être ministre de la Justice, Loretta Lynch, est celle qui a négocié avec HSBC une amende minime pour blanchiment d’argent de la drogue en 2012, et l’annulation de toute poursuite pénale.

Pour ceux qui connaissent notre mouvement politique, tout ceci n’est guère surprenant. HSBC avait été la cible principale du bestseller mondial Dope, Inc., publié en 1978 par nos confrères de l’Executive Intelligence Review (EIR), magazine dirigé par notre allié américain, l’économiste Lyndon LaRouche. A l’époque, nous voulions empêcher HSBC de prendre le contrôle de la Marine Midland Bank de New York.

La proximité historique de HSBC avec les plus hautes sphères de l’aristocratie britannique et la famille royale, ainsi que l’omniprésence des banques britanniques dans les paradis fiscaux, avaient conduit ces enquêteurs à identifier le rôle crucial joué par les perles de la Couronne et la City dans ces opérations.

La grande presse s’écriait alors : « LaRouche accuse la reine d’Angleterre de financer la drogue ! » La réalité est bien pire...

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