2 décembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Professeur de Relations internationales à la John F. Kennedy School of Governement de l’Université de Harvard, et ennemi des néo-conservateurs américains, Stephen Walt vient de publier un article dans Foreign Policy mettant en garde contre la possibilité d’un conflit entre les Etats-Unis et la Chine.
Répondant à une tribune du professeur chinois Yan Xuetong parue dans le New York Times, Walt s’attaque à la naïveté de ceux qui croient (et ils sont nombreux) que Barack Obama, malgré ses multiples provocations vis-à-vis de la Chine, n’ira jamais jusqu’à déclencher un conflit mondial. Dans son article, Yan s’interroge sur la moralité des dirigeants américains et chinois avant de conclure que « le danger d’affrontement militaire est faible » et que « ni la Chine ni les Etats-Unis n’ont besoin de guerres périphériques pour protéger leurs intérêts stratégiques ». Walt répond :
En théorie, il a raison : aucun d’entre eux n’a besoin d’une telle chose et tous deux préfèreraient les éviter. Mais cela ne garantit en rien que ça n’ait pas lieu (…) Les Etats-Unis détiennent les ingrédients de base nécessaires pour faire bien plus que de tenir leur rang dans une compétition future avec la Chine – une compétition d’ores et déjà en marche – si ce n’était pour notre talent grandissant au pointage podologique (c’est-à-dire à se tirer une balle dans le pied) (…) et à la destruction graduelle de la structure essentielle d’une société avancée (les écoles, les routes, le réseau électrique, les réseaux de transport, etc.). C’est clair : notre problème n’est pas le réveil de la Chine.
Bien au contraire, le véritable problème est notre classe politique embrouillée et sans but, faite d’hommes et de femmes dépourvus de connaissances, de sens de la responsabilité, de courage politique ou de tout véritable engagement envers le bien commun. Ce qu’ils ont à revendre, c’est de l’ambition personnelle, mais à part ça... Si avoir des dirigeants moralement instruits est une précondition à la réussite (comme l’a dit Yan), alors on est mal barrés.


















3 décembre 2011
à 10h00 #