25 février 2011 (Nouvelle Solidarité) – La cause des révolutions égyptiennes et tunisienne est la désintégration du système économique mondial.
Mercredi à New Delhi, plus de 100 000 personnes on manifesté contre la spéculation et la dérégulation qui provoque une hausse insoutenable des prix alimentaires. La marche qui a mené les manifestants devant le Parlement indien était organisée par le Parti du Congrès (opposition) et son syndicat INTUC pour mettre la pression sur le gouvernement de Manmohan Sing pour que le budget qu’il présentera lundi protège l’homme de la rue des effets dévastateurs de la crise. Dans le cortège, l’on pouvait voir de nombreux slogans en solidarité avec la révolte égyptienne.
Le 31 janvier dernier à Mexico, 20 000 agriculteurs, ouvriers et membres du Mouvement national pour la souveraineté alimentaire ont manifesté contre la hausse des prix. Dans une tribune publiée hier dans le quotidien El Universal, le chef de file du PRI au Congrès, Francisco Rojas, a dénoncé la spéculation mondiale et mis en garde contre un « risque imminent de pénurie alimentaire et de famine » au Mexique. Il faut tirer les leçon de l’Egypte, écrit-il, « où le chômage associé à la hausse des prix et des pénuries alimentaires ont contribué à la révolte sociale ».
« La dépendance alimentaire est un suicide », écrit le député Rojas, parlant plutôt, à juste titre, de « souveraineté alimentaire », comme le défendait le feu Système alimentaire mexicain (SAM) conçu par le président Lopez-Portillo en 1980 et prévoyant un ensemble de politiques agricoles dirigistes pour l’équipement technologique et un système de prix paritaires. Mais en 30 ans, la politique britannique de libre-échange a eu raison de l’agriculture mexicaine, qui est passée du statut d’exportateur net dans les années 1960 à devoir importer plus de 40% de sa nourriture aujourd’hui. L’Egypte, qui était en passe d’atteindre l’autosuffisance à la fin des années 1960, est aujourd’hui dans une situation similaire, rendant ses habitants extrêmement vulnérables aux variations d’un marché mondial sous la coupe des banques d’affaires et de la finance offshore.
Au Mexique, un ménage dépense en moyenne 24% de ses revenus pour se nourrir, soit autant que les plus pauvres ici, c’est à dire un seuil où la moindre hausse de prix a des répercussions existentielles. En Inde, c’est en moyenne 35%, et en Egypte, 38%.
L’Inde, le Mexique et l’Egypte ont en commun d’être sur la liste des pays contre les lesquels l’emploi de « l’arme alimentaire » a été décrété en 1974, via le rapport NSSM 200 rédigé par l’agent d’influence britannique Henry Kissinger. Ce rapport établissait la stratégie à long terme de l’Empire financier de la City de Londres et de Wall Street pour diminuer la population mondiale à partir de 13 pays-clés représentant, à l’époque, la moitié de la population mondiale :
- Afrique : Egypte, Ethiopie, Nigeria
- Asie : Inde, Pakistan, Bangladesh
- Asie du sud-est : Indonésie, Thaïlande, Philippines
- Asie du sud-ouest : Turquie
- Amériques : Mexique, Brésil, Colombie
Il n’y a pas d’alternative que de se débarrasser de cet empire financier. Le seul remède à disposition des peuples est la mise en faillite organisée des spéculateurs via une procédure Glass-Steagall. Il est temps d’agir.
A lire :
- Appel pour un Glass-Steagall global
- Le monde c’est l’Egypte !
- Wisconsin, Egypte, Tunisie : Patriotes de tous pays, unissez-vous pour Glass-Steagall !


















27 février 2011
à 15h55 #