17 avril 2010 (Nouvelle Solidarité) – « L’UE est le marché de l’héroïne le plus important du monde », a lâché l’eurodéputé italien Pino Arlacchi, rapporteur sur l’Afghanistan au Parlement européen. Et d’où vient cette drogue ? D’un pays où les membres de l’Union européenne déploient actuellement quelques 30 000 soldats ! En effet, plus de 500 tonnes d’héroïne afghane passent chaque année les frontières des 27 pour finir dans les veines de 3 millions d’Européens. Alors on aurait pu s’attendre, devant un tel problème sanitaire et de sécurité que l’Union européenne ait un plan d’action. Eh bien non. Pourtant, nos soldats sont officiellement en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme, ce dernier étant essentiellement financé par l’argent de la drogue.
Dans la stratégie des 27 pour l’Afghanistan, adoptée en octobre 2009, il est simplement écrit que l’UE soutient le gouvernement afghan dans sa lutte contre la culture et la production de narcotiques. Autant dire qu’elle n’a en réalité aucune politique en la matière. Si l’Union européenne a officiellement un programme pour lutter contre le trafic de drogue dans les pays d’Asie centrale (par lesquels transite l’héroïne afghane), il semble tout bonnement qu’il ait été enterré, puisqu’aucun responsable n’en a fait mention publiquement depuis 2006. L’UE est donc en parfaite osmose avec l’Otan. Les principaux dirigeants militaires et politiques de l’Alliance refusent en effet toute éradication des 130 000 hectares de pavot afghan, au nom de leur politique folle de contre-insurrection inspirée de la Guerre d’Algérie (!).
Tant et si bien que l’Afghanistan, qui truste déjà la première place mondiale pour la production d’héroïne (90% de part de marché), est devenu le premier producteur de cannabis. Selon l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (UNODC) entre 1500 et 3500 tonnes de haschich sont produites annuellement dans ce pays occupé, avec des rendements à l’hectare trois fois supérieurs aux cultures marocaines.
Si 1600 soldats occidentaux et 10000 civils afghans sont morts depuis l’invasion en octobre 2001, l’héroïne afghane tue chaque année près de 30 000 Russes et 10 000 Européens, selon les estimations du FSKN, le service antidrogue russe. C’est pour cette raison que Victor Ivanov, son directeur, était à Bruxelles fin mars pour rencontrer les responsables européens et de l’Otan, et leur proposer un plan de lutte combinant éradication des cultures et développement économique à moyen terme. Il a pu rencontrer quelques eurodéputés du groupe ALDE mais aucun représentant du Conseil (Etats-membres) ou de la Commission (exécutif européen). A l’Otan, il n’a eu que des rencontres informelles avec un secrétaire général adjoint et deux représentants militaires.
L’UE semble donc éviter le sujet ; mais pourquoi ? Parce que s’attaquer au trafic de drogue c’est s’attaquer à la nébuleuse du narcoterrorisme tenue historiquement par les forces de l’Empire britannique et à leur système financier international qui en recycle les fonds dans sa nébuleuse spéculative. Il est temps que cesse cette lâcheté.
Vidéo de Jacques Cheminade :
Guerre à la drogue, Guerre à la City,
Il faut quitter l’Afghanistan !



















17 avril 2010
à 21h32 #