15 mars 2010 (Nouvelle Solidarité) – La crise est là. Avec ses fermetures d’usines, ses cortèges de licenciements, son chômage de masse et le danger imminent d’une fuite en avant dans la guerre.
Pour vous empêcher d’intervenir d’une façon volontariste et prométhéenne, car les solutions existent, l’oligarchie financière, en promouvant une « culture de la mort », sort son arme ultime pour provoquer démoralisation et perte d’identité.
Précisons que cette culture de la mort n’a rien à voir avec « Le roi Lear » de Shakespeare, où tous les personnages de la pièce sont éventuellement emportés, mais où le dramaturge permet au spectateur d’identifier ce qui est le meilleur et le plus grand en lui.
« Le jeu de la mort » (mercredi 19 mars sur France2) n’est pas un simple documentaire sur une expérience psychologique intéressante, mais un grand décervelage. Pendant l’émission, pendant qu’on vous fait croire que vous découvrez quelque chose d’intéressant, en réalité on vous fait oublier que le cobaye… c’est vous !
Le documentaire reprend l’expérience menée en 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram qui, cherchant à décrypter les mécanismes de l’obéissance soi-disant unanime des Allemands au Nazisme, « démontra » que des êtres humains, placés en situation de soumission à l’autorité, étaient capables d’infliger sans broncher des souffrances et même la mort à leurs semblables.
En bref, la bête immonde est en vous, il suffit de l’éveiller ! C’est l’époque où Hannah Arendt banalise sa thèse sur la « banalité du mal » qui, en répartissant la culpabilité pour les crimes nazis sur tous, finit par faire oublier le rôle de certains intérêts financiers (entre autres britanniques) ayant permis à Hitler de mettre le pied à l’étrier.
Pour « Le jeu de la mort », le documentariste Christophe Nick a recruté 80 volontaires. Ils font tour à tour équipe avec ce qu’ils croient être un autre candidat bien qu’il ne s’agisse en réalité que d’un comédien. Pendant le « jeu », ce dernier est soumis à des questions. Si sa réponse est mauvaise, une belle animatrice, devant une salle chauffée à blanc, incite alors le joueur à châtier le coupable en lui infligeant une décharge électrique dont l’intensité va croissante jusqu’à 460 volts, c’est-à-dire une charge mortelle ! Le comédien ne reçoit pas les décharges mais mime la douleur.
Si dans l’expérience de Milgram, 62% des « cobayes » allaient jusqu’au terme de l’expérience, en infligeant les décharges maximales à leurs « victimes », aujourd’hui les participants sont 80% à se révéler de parfaits tortionnaires. Le Journal du Dimanche publie même leurs aveux :« Mes grands-parents ont porté l’étoile jaune dès 1941. Depuis que je suis toute petite, je me suis toujours demandé pourquoi ils l’avaient fait. Pourquoi ils avaient obéi à cet ordre ? Et voilà qu’à mon tour, j’ai obéi. »
Cette émission est proprement scandaleuse. En banalisant le mal elle ne vise qu’à déshumaniser les peuples. Car, en promouvant cette « responsabilité collective », on finit par donner carte blanche aux auteurs de la barbarie qu’on nous prépare.
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18 mars 2010
à 02h52 #