15 avril 2010 (Nouvelle Solidarité) – Le site en langue française du Quotidien du Peuple annonce fièrement que « le premier train à sustentation magnétique développé en Chine et pouvant atteindre une vitesse de 500 km/h a été livré le 8 avril à Chengdu, la capitale de la province du Sichuan ». Il doit « être mis en service pendant l’Exposition Universelle de Shanghai, qui va commencer en mai ».
Ce qui surprend ici, ce n’est pas tant que la Chine se dote de son propre maglev, mais la vitesse envisagée.
On savait depuis longtemps que la Chine développait et brevetait sa propre technologie dans ce domaine. Cependant, encore en février 2009, Liu Zhiming, président de Beijing Enterprises Holdings Maglev Technology Development Co Ltd, entreprise qui a élaboré ce train en coopération avec l’Université nationale des technologies de la défense, annonçait que le maglev chinois était « un train de vitesse faible à moyenne, pouvant atteindre une vitesse de 120 km/h. »
Dans le projet annoncé hier, il s’agit d’un nouveau maglev construit par la société Chengdu Aircraft Industrial, une filiale de la Société de l’industrie aéronautique de Chine (AVIC), pour Shanghai Maglev Transportation Development Company, qui exploite le premier maglev commercial chinois Transrapid reliant Shanghai avec son aéroport de Pudong et construit avec la technologie allemande (ThyssenKrupp et Siemens).
Le nouveau maglev est « énergétiquement efficace » annonce le Quotidien du Peuple. « En roulant à une vitesse de 400 km/h, il ne consomme par passager que la moitié de l’énergie consommée par une berline et un tiers de l’énergie consommée par un avion. »
En Europe, c’est l’Allemagne qui profitait avec le Transrapid d’une avance historique dans cette nouvelle technologie. Systématiquement sabotée par une alliance de financiers et d’écologistes, la technologie maglev n’a jamais été exploitée commercialement outre-Rhin. Aujourd’hui, le ministère fédéral des transports annonce in extremis vouloir maintenir en activité la ligne expérimentale du Transrapid de Lathen (Basse-Saxe). Selon les directives de l’ancien gouvernement, faute de perspectives, son exploitation aurait dû être arrêtée en avril 2010.
Dans un premier temps, le projet serait prolongé jusqu’à fin 2011, notamment en fonction de la décision brésilienne d’adopter ou non cette technologie pour la liaison entre Sao Paolo et Rio de Janeiro. « Le Transrapid est une technologie de pointe et nous voulons d’abord examiner en détail quelles possibilités il nous offre sur le marché avant de prendre une décision définitive », explique un porte-parole du ministère. Cependant, ce dernier annonce chercher des partenaires industriels pour reprendre ce site, non pas pour y tester des maglev, mais pour des recherches sur les batteries et des systèmes de stockage d’énergie !
Si le site venait à être reconverti dans ce sens, le ministère pourrait alors compter sur le soutien de partenaires tels que Continental, Volkswagen, Bosch ou encore Opel, qui ont annoncé leur intention d’investir dans ce domaine…
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15 avril 2010
à 21h01 #