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Monsieur Balladur sous emprise de la finance

23 octobre 2010
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Paris, le vendredi 22 octobre 2010 — Invité du Talk Orange-Le Figaro le jeudi 21 octobre, Edouard Balladur a déclaré «  qu’il faut commencer par baisser les dépenses… C’est prioritaire. La baisse des dépenses est la condition de tout le reste » . On sait vers où et quoi de telles conceptions ont mené le Président du Conseil Pierre Laval et le Chancelier allemand Brüning au début des années trente. De plus, Monsieur Balladur a défendu le droit de regard des autorités européennes sur les budgets des Etats membres avant leur adoption par les Parlements nationaux. On assiste en même temps à deux exemples d’austérité sans précédent depuis la guerre : les mesures adoptées par le gouvernement britannique et les propositions de la Commission Attali.

C’est dans ce contexte qu’il est révélateur qu’Edouard Balladur ait été successivement reçu par Nicolas Sarkozy à l’Elysée et par François Fillon dans le pavillon de musique de Matignon. Il aurait également rencontré Jean-Louis Borloo, Jean-François Copé et Xavier Bertrand. Par delà les inimitiés personnelles, il y a donc bien une même intention politique.

C’est scandaleux à un double titre. Tout d’abord, exiger une réduction des dépenses ne peut signifier qu’une politique de rigueur visant le plus grand nombre, comme tout le montre depuis l’attitude du gouvernement vis-à-vis des manifestations contre la réforme des retraites jusqu’aux différentes mesures de coupes dans les dépenses sociales, distillées au goutte à goutte mais qui ne sont qu’un début. Alors que l’on a renfloué les banques et refusé même d’étudier la possibilité de mettre en œuvre un Glass Steagall en France, comme le voulait Maurice Allais qu’on encense par ailleurs hypocritement depuis qu’il ne peut plus s’exprimer. Ensuite, Monsieur Balladur est particulièrement mal placé pour parler de réduire les dépenses, alors qu’il a bénéficié, lors de sa campagne présidentielle de 1995, de beaucoup de complaisances pour voir les siennes couvertes par l’Etat.

L’on sait que Monsieur Balladur fait faire ses costumes à Saville Road mais l’on peut ajouter désormais que ses idées sont le prêt-à-porter des casinos banquiers et des machines à recycler de la City. Son disciple favori d’alors n’est-il d’ailleurs pas aujourd’hui engagé dans la même entreprise, au risque de son licenciement ?


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