C’est devant plus d’une centaine de sympathisants que Nicolas Dupont Aignan a présenté sa liste de candidats de l’Ile de France et son projet pour les élections européennes, à Clichy la Garenne (Hauts de Seine) le mardi 26 mai. Au cours d’un discours passionné, le président de Debout la République s’est résolument placé en opposition au système qui aboutit aujourd’hui à l’appauvrissement de la France.
Il a fortement dénoncé le « double langage permanent » des élites françaises, à l’image de Nicolas Sarkozy qui un jour se prononce, apparemment de façon volontariste, pour une certaine protection de l’Europe face aux pratiques de dumping, mais qui, au lendemain, approuve le Traité de Lisbonne, qui va plus loin encore dans le démantèlement de ces protections.
Notons que Nicolas Dupont Aignan et ses colistiers, sont seuls parmi ceux qui participent à cette campagne électorale, à avertir les citoyens des graves conséquences de la crise financière en cours. Dupont Aignan, Dominique Mahé, numéro deux de la liste, ainsi que Florence Bernard, autre candidate, ont eu tous des mots forts pour parler de ce danger. Le fondateur de Debout la République a parlé de la « débâcle industrielle sans précédant » que subit actuellement la France du fait de la crise, mais dont les prémisses étaient déjà là, bien avant. Il a aussi exprimé sa crainte d’un véritable tremblement de terre dans la période à venir, venant d’une situation économique qui pourrait provoquer des soulèvements comparables à ceux de la Révolution française.
Préférant la réforme à la révolution, le candidat fait cependant appel au peuple pour renverser les politiques désastreuses des élites des 30 dernières années, rappelant qu’à chaque fois que la France a été en péril, c’est le peuple, à l’instar de ces 124 marins pécheurs de l’Ile de Sein qui constituèrent 25% des premières troupes de Charles de Gaulle à Londres, qui est venu à la rescousse.
Osant la défense de l’un des grands tabous du néo-libéralisme, le protectionnisme, Nicolas Dupont Aignan a aussi lancé un appel pour que la France soit leader dans les technologies de pointe, décriant le fait que les grandes industries d’aujourd’hui – le nucléaire, Airbus, les TGVs – aient toutes été héritées de la période gaulliste. Au-delà de la voiture propre, il a proposé que l’on puisse maîtriser les sources d’énergie qui se trouvent au fond des océans, et qu’on accélère la conquête de la Lune et de Mars.
Obligé d’écourter sa présence, ce sont les candidats et notamment le premier de la liste, Jean Pierre Enjalbert, maire de St Prix dans le Val d’Oise, qui ont pris la parole. Fait intéressant : pas de politiciens professionnels sur la liste mais surtout des citoyens venant de la gauche ou de la droite, qui se lèvent pour venir à la rescousse de la France. Parmi eux, des enfants des gaullistes dont certains s’étonnent même qu’on puisse parler de gaullisme de deux rives, car, pour eux, le gaullisme est « un ». Quelques économistes aussi, mais de ceux qui dénoncent, comme Florence Bernard, le modèle de financiarisation à outrance de la City de Londres qu’il ne faut surtout pas suivre. Plusieurs jeunes aussi et une artiste.
Des faiblesses aussi. D’abord, une absence de projet de réforme du système monétaire actuel. Ensuite, s’il ose de grandes réformes comme celle de dissoudre la Commission européenne, Nicolas Dupont Aignan ne s’attaque pas pour l’heure au sacro-saint contrôle monétariste qui s’exerce sur l’Europe depuis la création de l’Union économique et monétaire européenne en 1989 : la Banque centrale européenne. En effet, Dupont Aignan ne propose pas, à l’instar de Jacques Cheminade, son démantèlement et remplacement par un système européen de banques nationales sous contrôle public. Il veut élargir ses domaines de compétence à la croissance et même à l’émission de crédit vers les Etats membres. Pour cela, le président de Debout la République appelle à l’élimination pure et simple de l’article 104 qui interdit toute avance par la BCE aux institutions publiques.
Rien n’est proposé cependant pour éliminer l’aspect supranational et indépendant des pouvoirs publics de cet institut d’émission, qui pose réellement problème, car qui dit indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics, dit aussi, nécessairement, dépendance aux marché financiers.



















30 mai 2009
à 08h42 #