31 août 2009 (Nouvelle Solidarité) – En pleine désintégration économique de leur pays, les astronautes américains appellent l’administration Obama à lancer un projet spatial qui ramènerait l’humanité sur la Lune et l’emmènerait sur Mars. Si les pragmatiques crieront au gaspillage ou à l’utopisme, il s’agit bien là de redonner une ambition à l’humanité, celle de repousser toujours les frontières de la découverte et de l’exploration, sans quoi l’économie terrestre ne pourra que régresser vers des stades primitifs où la science et la technologie ne serviront qu’à conserver la nature et emprisonner l’homme.
Dans le quotidien Houston Chronicle du 29 août, 16 astronautes de l’Agence spatiale américaine (NASA) ont signé une tribune s’adressant directement au Président Obama et à sa Commission Augustine chargée d’évaluer le programme spatial des Etats-Unis. Avec le renflouement de Wall Street qui a fait exploser le déficit public et les mesures d’austérité que la Maison Blanche veut appliquer, notamment dans la santé publique, les astronautes s’attaquent au sous-financement du programme spatial américain, qui n’équivaut aujourd’hui qu’à 0,5% du PIB contre 5% à l’époque de John F. Kennedy. Ils rappellent également l’impératif économique et culturel d’un programme spatial :
« Ces cinquante dernières années, notre pays a profondément tirer profit du programme spatial, plus que la plupart des gens ne l’imaginent. D’après un rapport récent, l’économie spatiale au niveau mondial équivaut à 250 milliards de dollars. De nombreux secteurs – télécommunications, agriculture, médecine, observation terrestre, santé et sécurité publique, pour n’en nommer que quelques-uns – ont avancé et grandi grâce au développement des technologies spatiales. Notre industrie aérospatiale est enviée dans le monde entier ; elle fournit 650 000 emplois hautement qualifiés et bien rémunérés. C’est un de nos rares secteurs qui dégage un excédent commercial avec ses partenaires extérieurs. Chaque fois que la NASA accomplit un grand objectif, l’intérêt des jeunes pour les carrières scientifiques et technologiques s’accroît significativement. (…)
« Nous pensons que le programme américain d’exploration spatiale a eu un impact positif sur le monde, peut-être même plus que toute autre aventure nationale depuis un demi-siècle. Notre leadership spatial reflète la capacité technique de notre pays à promouvoir une coopération pacifique entre les nations, dans un monde politiquement incertain. (…) Les investissements américains dans le spatial et la technologie génèrent des dizaines de milliers d’emplois, stimulent les petites entreprises et l’entreprenariat, suscitent l’innovation et inspirent la prochaine génération d’ingénieurs, de scientifiques et d’explorateurs, si vitaux pour l’avenir des Etats-Unis. (…)
« Nous venons de célébrer le 40ème anniversaire d’un des plus grands accomplissements de l’humanité – l’alunissage. (…) Nous devons nous préparer pour le prochain pas de géant dans l’exploration spatiale. Il est temps de se mettre en mouvement et de repousser les frontières de la découverte humaine au-delà de l’orbite terrestre, pour aller vers la Lune, les astéroïdes, Mars et au-delà. »
L’article est signé par les astronautes actifs et retraités Jeff Ashby, Michael Bloomfield, Bob Crippen, Roger Crouch, Jan Davis, Brian Duffy, Jim Halsell, Steve Hawley, Rick Hieb, Scott “Doc” Horowitz, Bruce McCandless II, Don McMonagle, Pam Melroy, Charlie Precourt, Ken Reightler and Kent Rominger.
Déjà en juillet dernier, lors des cérémonies du 40e anniversaire du premier pas de l’Homme sur la Lune, Neil Amstrong, Buzz Aldrin et Mike Collins – l’équipage d’Apollo 11 – avaient appelé l’administration américaine à relancer un programme de vols habités en direction de Mars.
A lire : L’espace, engagement politique fondamental
Vidéo (en anglais) : From Moon to Mars - The New Economics



















31 août 2009
à 22h44 #