27 mai 2010 (Nouvelle Solidarité) – Après la décision unilatérale allemande d’interdire les ventes à découvert à nu sur la dette souveraine et les sociétés cotées à la bourse de Francfort, la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen vient d’adopter l’interdiction générale de cette activité loufoque. Encore faudra-t-il que le Conseil européen des ministres la valide...
Inséré dans le projet de directive sur la régulation des hedge funds, cette mesure serait bien la moindre des choses. Si le concept même de vente à découvert est déjà en lui-même le comble de la folie – il s’agit de vendre un titre avant de l’avoir acheté – la vente à nu est le comble du comble puisque vous n’avez même pas à emprunter ce titre pour le vendre avant de l’acheter ! Alors bien sûr, il se trouve des financiers assez perchés sur leur planète pour nous expliquer que tout ça est un « comportement légitime » permettant de « gérer le risque » et qu’il serait « terrible » pour tout le monde de l’interdire. Même la présidente de la commission, Sharon Bowles, a voulu protéger ces « anges » en votant contre la mesure, déclarant que « tout n’est pas si simple ». L’Europe est pourtant le dernier grand havre d’impunité au monde pour cette pratique criminelle.
Le rapporteur, l’eurodéputé Jean Paul Gauzès a déclaré au Financial Times de Londres, que lui et ses collègues « continuerons à pousser cette mesure tant qu’une initiative législative ne serait prise par la Commission européenne », tout en ajoutant que la vente à découvert à nu n’est qu’ « un pur instrument de spéculation », « un jeu de casino ».
Mais ne nous voilons pas la face. Si depuis la crise des subprimes l’opinion publique et ses représentants découvrent soudainement la nature de la mondialisation financière qu’ils ont laissé s’installer tel un cancer pour nos économies, il va falloir aller plus loin pour éviter que ce système en faillite ne nous tombe sur la tête.
Notre politique :
- LE GLASS-STEAGALL GLOBAL ET LE PRECEDENT FRANCAIS
- Mobilisation aux USA pour un Glass-Steagall et contre les dérivés



















28 mai 2010
à 10h37 #