6 décembre 2012 (Nouvelle Solidarité) – Etaient-ce les larmes de crocodiles de l’oligarchie financière s’apprêtant à dévorer l’Italie que la ministre italienne Elsa Fornero a versées dimanche en annonçant le plan d’austérité draconien du gouvernement Monti ? Si cette séquence émotion a été relayée par tous les médias, le contenu de la réforme annoncée ne l’a pas été, tout comme le profil technocratique de la principale concernée...
Car la ministre du Travail et des Affaires sociales ne devrait pas souffrir de cette réforme : avant d’être appelée dans le gouvernement technique de Mario Monti le mois dernier, elle était vice-présidente d’Intesa SanPaolo, le deuxième groupe bancaire italien. Ce qui l’a fait pleurer c’est probablement la honte, un reste de sentiment humain dont Mario Monti, ancien de Goldman Sachs, ne s’embarrasse plus depuis longtemps. Après les sanglots d’Elsa Fornero, Monti a repris le micro pour annoncer la réforme des retraites ordonnée par les marchés (au pas) :
- élimination de l’indexation sur l’inflation pour tous les retraités qui perçoivent plus de 960€ par mois ;
- augmentation du nombre d’années de cotisations, passant de 40 ans à 42 ans et 1 mois pour les hommes, et à 41 ans et 1 mois pour les femmes ;
- augmentation de l’âge minimum de départ en retraite : il faudra être âgé d’au moins 66 ans pour un homme et 62 ans pour une femme avant 2016, et 66 ans ensuite ;
Et ces mesures entreront en vigueur... le mois prochain, en janvier 2012 !
Dans les conditions actuelles, cela veut dire qu’un jeune actif de 30 ans, ne pourra partir à la retraite qu’à plus de 70 ans. En Italie, la moitié des retraités perçoivent moins de 1000 €, dont 21% perçoivent moins de 500€. Le seuil de pauvreté par tête est de 999,67€, autrement dit, la moitié des retraités italiens est sous le seuil de pauvreté. La retraite moyenne est actuellement de 1.105€.


















7 décembre 2011
à 17h27 #