29 mai 2010 (Nouvelle Solidarité) — Les caisses de retraite seront déficitaires à hauteur de 100 milliards d’euros par an en 2050. Sur ces projections du Comité d’orientation des retraites (COR) [1], tous (UMP, PS, PC…) sont d’accord. Ils ont tort… si l’on considère que des hommes politiques dignes de ce nom doivent reprendre en main le destin de notre économie et en changer les priorités.
Pas besoin de chantage à l’allongement de l’âge de départ à la retraite, de menace à la taxation des « patrons » ni de reproches voilés aux plus vieux !
En abandonnant notre société post-industrielle et le pillage financier qui y est associé, et en engageant notre société dans une dynamique de progrès scientifique et industriel, en recréant sur dix ans les deux millions d’emplois industriels que nous avons perdus ces vingt dernières années, le problème sera réglé.
Imaginez un gouvernement désireux de reconstruire nos infrastructures vieillissantes de transport d’eau, d’énergie et d’hommes, prêt à reconvertir notre industrie automobile en déperdition vers les modes de transport les plus avancés (aérotrain, moteur à hydrogène), engagé à promouvoir la recherche fondamentale dans le spatial, le nucléaire de quatrième génération et la fusion par laser !
Cela créerait deux millions d’emplois hautement qualifiés et bien rémunérés ! Sachant que d’après l’INSEE, en 2005, un salaire brut moyen dans l’industrie était de 17,9 euros de l’heure [2] et que les prélèvements pour les retraites (salariaux et patronaux) représentent environ un tiers du salaire brut versé, ce serait 21,2652 milliards d’euros [3] supplémentaires qui entreraient dans les caisses de retraites chaque année.
Ajoutez à cela les emplois induits et surtout les économies sur les allocations chômage – 50 milliards directs et 30 milliards indirects par an [4] – l’on arrive largement au compte !
Mais le point le plus fondamental, et largement ignoré, c’est la productivité du travail. Avec un moteur scientifique et un élan industriel permettant d’accroître les qualifications du travail, chaque emploi crée plus de richesses. C’est sur ces bases-là que notre système social, fruit du combat du Conseil national de la Résistance (CNR), a pu voir le jour. Ce n’est qu’ainsi que notre système perdurera et prospérera.
Il n’y a donc aucun problème de financement des retraites, il y a un problème de bêtise et d’engagement politique. De bêtise, parce que faire des projections statistiques à partir de nos dernières années de déperdition, comme le font les cartomanciens du Comité d’orientation des retraites, c’est faire l’hypothèse que nous pourrions continuer ainsi, sans chute ni rebond. Au contraire, l’engagement politique redéfinit la dynamique d’une société en allant aux causes. C’est la raison d’être d’un homme politique, non sa soumission à des statistiques démographiques présupposant que la qualité du travail humain ne change jamais.



















31 mai 2010
à 13h06 #