28 juin 2010 (Nouvelle Solidarité) – La chute du système politique français de ces quarante dernières années arrive au moment où le système financier qu’il a servi s’effondre. C’est pour nous tous, citoyens, l’occasion de reprendre la barre et d’incarner le sursaut avant que la destruction de notre pays ne soit irrémédiable. Chaque jour qui passe dans l’affaire Bettencourt exhibe un peu plus ce petit monde de l’argent qui nous a gouverné.
Selon les dire du procureur de Nanterre, Eric Woerth aurait enterré en 2009 une procédure fiscale contre l’héritière L’Oréal, dont sa femme Florence était la gérante de fortune. D’ailleurs, en tant que ministre du Budget, Woerth avait remis personnellement la légion d’honneur au patron de sa femme, Patrice de Maistre, le conseiller financier de Liliane Bettencourt, qui avoue par ailleurs avoir embauché Florence Woerth à la demande de son ministre de mari. En retour, il aurait profité des largesses financières de la milliardaire. Sa femme, qui gagne 200 000 euros par an (soit 12 fois le smic) chez Clymène, est au cœur d’une autre anomalie financière : la société propriété de Liliane Bettencourt, n’a cessé de perdre de l’argent alors même que les marchés étaient haussiers. Et pire, alors que Clymène perdait 64 millions d’euros en 2008 , les salaires de ses employés sont passés de 424 000 euros à 1,5 million ! En neuf années, Clymène a perdu 100 millions d’euros. Patrice de Maistre et Florence Woerth sont-ils incompétents ? On en doute. Qui a bénéficié de ces pertes ? Où est allé cet argent si facilement perdu ? Il convient de se poser la question.
Mais il semble que l’ex-ministre du budget, également trésorier de l’UMP, entretienne ce type de relations ambigües avec d’autres grandes fortunes. Risquant un contrôle fiscal après que la police ait estimé à 500 000 euros la valeur des lingots d’or dérobés lors d’un cambriolage en décembre, Robert Peugeot a immédiatement demandé à rencontrer Eric Woerth. Suite à leur dîner, la police a soudainement réévalué le montant à 150 000 euros, plus conforme à l’ISF déclaré par l’héritier Peugeot. Ce dernier vient d’être décoré de la légion d’honneur par Eric Woerth début juin...
L’on note aussi que c’est vraisemblablement Liliane Bettencourt qui a mis le pied à l’étrier politique de Luc Châtel, ministre de l’Education, alors qu’il occupait un poste de DRH d’une branche de L’Oréal. Après Woerth et Pécresse, ça commence à faire beaucoup.
Mais n’oublions pas le principal intéressé, Nicolas Sarkozy, qui selon les révélations de Mediapart.fr et les enregistrements examinés par la police judiciaire, pourrait être mis en cause pour avoir reçu de l’argent de Liliane Bettencourt et avoir utilisé son pouvoir pour interférer dans une décision de justice concernant la milliardaire. Avec sa mise en cause dans le financement illégal de la campagne de Balladur en 1995 et sa politique d’abandon, le Président n’a plus aucune légitimité. Le seul argument qu’il reste pour dire que la France n’est pas une république bananière c’est qu’elle n’est plus une république du tout. Notre pays nous a été confisqué par cette petite oligarchie de Cour. Exigeons que l’on nous le rende.
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28 juin 2010
à 14h18 #