22 janvier 2010 (Nouvelle Solidarité) – Dans un entretien publié par le quotidien financier italien Il Sole 24 Ore, le ministre italien des Finances Giulio Tremonti souligne l’opposition totale entre « son » idée d’une procédure « Chapter 11 » (loi américaine sur les faillites), appliquée à l’ensemble du système financier international, de pair avec un « Nouveau Bretton Woods et un standard légal international » permettant de surmonter la crise financière en cours, et la politique de renflouement bancaire sans condition qui a prévalu jusqu’ici.
D’après Tremonti, l’idée d’un nouveau traité international (Nouveau Bretton Woods) fut écartée par le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner, pour qui cette procédure serait « trop longue ».
Interrogé si les Etats avaient raison de renflouer les banques en difficulté, Tremonti répond : « L’histoire nous le dira (…) Une procédure de faillite organisé (Chapter 11) aurait certainement représenté une alternative : sauver la partie financière qui est reliée à l’économie réelle, c’est-à-dire aux entreprises industrielles et aux ménages, et laisser pourrir les actifs pourris (…) Franchement, j’ai pensé et écrit que cette hypothèse mériterait d’être envisagée (…) En réalité deux idées s’opposent radicalement : celle, politique, d’un Nouveau Bretton Woods et des règles légales clairement établies, qui s’oppose à l’idée, purement technique, de Forums et de Boards [une référence au Financial Stability Forum devenu Global Stability Board que préside l’ennemi juré de Tremonti, Mario Draghi]. Il s’agit de deux conceptions du monde, deux façons de faire très différentes (…) Quand un homme politique américain de premier plan [le secrétaire au Trésor Timothy Geithner – note du quotidien] affirme que l’idée d’un « Traité » fut écartée parce que cela nécessiterait une longue procédure pour obtenir l’aval des « parlements », alors il exprime un point de vue qui diffère du mien ».
Tremonti appuie également le refus du gouvernement italien de la « boucherie sociale » qui résulterait d’une réduction des soins médicaux et appelle les autres pays européens à se distancer de l’agenda de Lisbonne. Pour lui, à l’opposé, une nouvelle politique européenne devrait plutôt s’inspirer d’Euratom, un organisme européen qui a permis à l’Allemagne, l’Italie, la France et les pays du Benelux, grâce à des « coopérations renforcées », de démarrer leur programme électronucléaire après-guerre.
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2 février 2010
à 12h22 #