26 novembre 2008 (Nouvelle Solidarité) - Face à la « pénurie d’argent », Stephen King, économiste en chef de la Hong-Kong and Shangaï Corporation Bank (HSBC), la vieille banque de l’impérialisme britannique, a appelé, dans sa chronique du London Independent de mardi, à « faire marcher la planche à billets ».
« La crise financière mue (…) elle devient rapidement une crise de liquidation (…) nous allons vers une déflation mondiale (…) le volume total des prêts diminue inévitablement (…) les entreprises, les ménages et les investisseurs craignent une pénurie de cash. Lorsqu’ils en ont, ils s’y accrochent. Pour en lever, ils vendent leurs actifs ayant une valeur d’échange. La panique prend le dessus. »
En réalité, il n’y a pas assez d’argent dans le monde pour couvrir les gains fictifs réalisés sur les marchés des dérivés, bulle estimée à plusieurs millions de milliards de dollars. Face à cela, la seule solution sensée est de fermer ces marchés spéculatifs et d’annuler la dette qu’ils représentent. Mais King, en bon parasite, appelle les banques centrales à pisser de l’argent autant que nécessaire pour couvrir ces actifs spéculatifs.
« Il faut faire marcher la planche à billets car dans notre monde nouvellement déflationniste, le problème est la pénurie d’argent ». Cette politique pourrait provoquer « une hyperinflation similaire à l’Allemagne de Weimar dans les années 20 et aujourd’hui au Zimbabwe », explique t-il, mais « nous sommes dans une période exceptionnelle ». Et « pour rendre cette politique crédible, elle ne sera pas l’initiative des ministres des Finances mais des banquiers centraux du monde ».
King nous montre ainsi le vrai visage du fascisme financier qui se cache derrière le paravent de « l’industrie de la finance » : dévaluer la monnaie des nations pour sauver le pouvoir de ces intérêts financiers et laisser mourir les gens ; comme dans l’Allemagne des années 20 et 30.
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26 novembre 2008
à 21h00 #