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Sarkozy déclare l’état de vigueur

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Par Christine Bierre

On savait qu’avec Nicolas Sarkozy arriverait le tournant de la rigueur. Seul restait à savoir quand et avec quelle « vigueur ». En principe, Sarkozy, comme tout autre Président, aurait pu faire autrement. Face aux déficits et à l’endettement qui se sont accumulés à cause d’une politique économique favorisant la spéculation financière contre l’investissement productif, les financiers contre les travailleurs et les producteurs, les riches contre les pauvres, il aurait pu choisir de mettre fin à cette politique.

Pour cela, il aurait fallu cependant revenir sur le Traité de Maastricht et les traités signés entre-temps, qui ont éliminé le rôle de l’Etat dans l’économie en tant que garant du bien commun contre les oligarchies. Les Etats ont été remplacés par une Banque centrale européenne indépendante, coordonnant leur politique avec les marchés financiers. Résultat : les déficits s’accumulent. Et après la fête au Fouquet’s et les cadeaux de 75 milliards d’euros de réductions d’impôts aux amis, succède la gueule de bois du lendemain et l’austérité qu’il faut faire tomber sur les uns ou les autres.

C’est clairement sur les populations que, sans surprise, Nicolas Sarkozy a décidé de faire tomber le couperet en annonçant 166 mesures d’austérité sociale pour revenir à un budget équilibré. Pour éviter de provoquer une explosion sociale, c’est au compte-gouttes, avec parcimonie, que les mesures sont annoncées. D’abord, on a prétendu que la seule mesure phare d’un programme d’austérité devant aboutir à des économies pour l’Etat, de l’ordre de 5 à 7 milliards d’euros par an, était le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, mesure dont il question depuis le début. Rien à voir, donc, circulez !

Puis, d’autres mesures ont été distillées une à une. Certaines frappent les classes moyennes, pourtant en voix de paupérisation rapide. Ainsi, ceux qui bénéficient d’un logement social mais qui dépassent les plafonds de ressources devront désormais payer un surloyer, et le nombre de personnes pouvant bénéficier d’un logement HLM sera diminué de 10%, le gouvernement ayant décidé d’abaisser le plafond de ressources d’autant et de l’indexer sur l’indice des prix.

Mais il y en aussi pour les plus pauvres. Il y a eu d’abord l’annonce que l’Etat ne financerait plus la carte famille nombreuse SNCF, passant le bébé à la SNCF qui, après un certain temps, pourra s’en débarrasser sans que personne ne s’en aperçoive. Puis, le coup d’arrêt par Nicolas Sarkozy, lui-même, du RSA, le Revenu de solidarité active conçu par Martin Hirsh qui devait remplacer le RMI et qui est actuellement testé dans 25 départements. Le RSA qui ne sera plus généralisé, devait assurer aux chômeurs retrouvant un emploi à temps partiel payé au SMIC, qu’ils ne perdraient pas, par la même occasion, leurs minima sociaux (RMI ou API, allocation de parent isolé).

Ces derniers jours, le gouvernement a choqué la population, mais aussi son propre camp en annonçant le possible déremboursement des lunettes, dont l’essentiel de la charge serait transférée aux mutuelles, ainsi que 128 millions d’euros d’économies sur les allocations familiales suite à une décision datant d’août 2007 de ne majorer les allocations familiales qu’à partir du moment où l’enfant atteindrait sa 14ème année. Cette mesure coûtera 600 euros aux familles qui en bénéficient !

Lors de son passage à Cahors, le Sarkozy « populiste », promettant tout à tout le monde, y compris aux classes populaires, s’est effacé devant le Sarkozy « bling bling » qui, face aux choix exigés par les financiers, a choisi sans aucune ambiguïté, en déclarant que « les politiques sociales ne peuvent continuer ainsi à alimenter le déficit et la dette ».

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