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11 septembre, Arabie Saoudite et CIA : Le Point dénonce les relations troubles

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Dans son numéro double du 17 décembre (N° 2258-2259) Le Point, un hebdomadaire qu’on aura bien du mal à accuser de complotisme, au milieu d’un dossier sur « Les secrets des grands espions », dévoile les protections incroyables offertes par Washington à l’Arabie Saoudite, en particulier lors des attentats contre les tours jumelles de New York le 11 septembre 2001.

Bien que ce dossier reprenne des informations déjà dans le domaine public, leur publication dans Le Point a lieu dans le contexte d’une divergence grandissante entre Paris et Washington.

Non sans raison, Paris et Berlin, tout comme plusieurs experts outre-Atlantique, s’inquiètent de plus en plus de l’obstination de la Maison Blanche à chercher à en découdre avec la Russie, la Chine et la Syrie. Déjà, le 3 décembre, Le Point, alors que la grande presse continue à caricaturer le Président russe, avait fait sa une sur un dossier intitulé « Poutine, notre nouvel ami ».

Five Eyes

Lors de sa dernière visite à Washington, le Président Hollande a demandé à Barack Obama d’ouvrir aux services français un accès aux « Five eyes », décrit par Snowden comme « une agence de renseignement supranationale qui ne répond pas aux lois de ses propres pays membres », en réalité un club fermé où se partagent les renseignements entre Londres et quatre de ses anciennes colonies : l’Australie, le Canada, la Nouvelle Zélande et les États-Unis.

Et bien qu’Obama, venu verser une larme de crocodile au Bataclan, lui ait promis cette assistance, Paris attend toujours. L’agence Reuters en citant une source au ministère français des Finances, affirme par ailleurs que Washington n’a toujours pas répondu à la demande française d’accéder aux données bancaires de personnes soupçonnées de terrorisme…

Dans la même livraison du Point, Jean Guisnel, un auteur spécialisé dans les questions stratégiques et de sécurité, un brin menaçant, rappelle les cyber-capacités de la DGSE :

La DGSE est capable de couper un relais GSM dans n’importe quel pays, de pénétrer des standards téléphoniques de ministères étrangers et de s’y conduire sans respecter les règles du savoir-vivre. Les dirigeants étrangers sous écoute, elle connaît. La pénétration d’ordinateurs distants de milliers de kilomètres, également. Et leur destruction sans trace.

11 septembre, la CIA savait

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Mark Rossini, l’ancien numéro deux de la section anti-terroriste du FBI de Ney York, affirme que la Maison Blanche et la CIA savaient ce qui se tramait avant le 11 septembre.

En attendant, sous le titre « 11 septembre, l’agent qui en savait trop », Fabrizio Calvi, auteur en 2011 de 11 septembre, la contre-enquête publié chez Fayard, nous livre l’incroyable récit de Mark Rossini, l’ancien numéro deux de la section anti-terroriste du FBI de New York.

En 2000, Rossini, responsable des agents du FBI détachés auprès d’Alec Station, l’unité de la CIA chargée de la traque d’Al-Qaïda et de son patron Ben Laden, prend connaissance de l’arrivée aux États-Unis de deux terroristes en provenance de Kuala Lumpur.

Lorsque Rossini propose de transmettre l’information à la direction générale du FBI, ses homologues de la CIA refusent. « Ça ne vous regarde pas. Quand nous voudrons informer le FBI, nous le ferons ». Résigné, Rossini obéit, une décision qu’il regrettera toute sa vie.

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Car, les deux hommes n’étaient autre que Khalid al-Mindhar et Nawaf al-Hazmi et faisaient partie du commando qui a précipité le vol American Airlines 77 sur le Pentagone.
« Les agents du FBI et ceux de la CIA n’ont ni la même mentalité, ni la même culture, ni la même logique », écrit Calvi. « Les premiers sont formés à arrêter les suspects pour les déférer devant les tribunaux, les seconds à les manipuler ».

Mark Rossini est certain que le FBI aurait pu prévenir les attaques du 11 septembre et ne comprend toujours pas l’attitude de la CIA qui, avec l’aide des services secrets saoudiens, aurait éventuellement tenté de recruter les terroristes avant de se faire jouer.

En vérité, al-Mindhar et al-Hazmi étaient depuis longtemps surveillés par la CIA et la Special Branch malaise. Ces derniers ont constaté leur présence à la réunion de préparation des attaques du 11 septembre où Khalid Cheikh Mohammed, le cerveau de l’opération, a donné les dernières instructions à tous ceux qui devaient participer à l’attaque.

On aurait pu prévenir les attaques

Rossini est furieux. Si le FBI avait pu surveiller al-Mindhar et al-Hazmi dès leur arrivée à Los Angeles :

  • On aurait pu détecter « la présence anormalement élevée d’agents secrets saoudiens dans leur entourage. Sans ces agents, les deux terroristes n’auraient jamais pu mener leur mission à bien : ils ne maîtrisaient pas l’anglais, n’avaient aucune connaissance de la société américaine et ne savaient pas piloter » ;
  • On aurait pu identifier Omar al-Bayoumi, l’agent saoudien qui les a accueillis et hébergés pendant presque deux mois ; un « homme du ministère saoudien de la Défense, le prince Sultan » ; un homme à qui l’ambassade saoudienne à fait parvenir 700 000 dollars peu avant l’arrivée des terroristes ;
  • On aurait découvert le rôle étonnant de Abdussattar Shaikh, un professeur d’anglais qui, bien qu’il était un informateur stipendié du FBI, a hébergés les deux terroristes chez lui à partir du mois de mars 2000 ;

« Après le 11 septembre, la Maison Blanche est intervenue directement pour empêcher toute audition d’Abdussattar Shaikh. Une démarche assez rare pour que l’on se pose des questions. Pourquoi la Maison Blanche est-elle intervenue ? Quels secrets voulait-elle protéger ? » s’interroge Calvi.

D’autres personnes étranges dans l’entourage d’al-Mindhar et d’al-Hazmi auraient forcément intrigué le FBI :

Ainsi, l’imam de la mosquée de San Diego, Anwar al-Awlaki, futur inspirateur des frères Kouachi, les responsables du massacre de Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015. La CIA veille jalousement sur lui depuis qu’elle a tenté de le faire chanter (l’imam avait un penchant coupable pour de très jeunes filles). En le surveillant, le FBI aurait pu découvrir les liens très étroits qui l’unissaient à al-Mihdhar et al-Hazmi. Il serait aussi tombé sur les autres futurs pirates de l’air du 11 septembre, puisque l’imam payait certains de leurs billets d’avion sur des vols intérieurs aux Etats-Unis. Pas question non plus pour le FBI de lui demander des comptes. Après les attentats, Anwar al-Awlaki sera cité comme un exemple d’intégration réussie. Il sera reçu au Pentagone et prêchera pour les employés musulmans du Congrès. Il finira par rejoindre Al-Qaïda au Yémen avant d’être tué par un drone en 2010.

Mark Rossini, dont les équipes ont mené les enquêtes sur les attentats contre les Ambassades américaines de Nairobi et Dar es Salaam (plus de 200 morts en août 1998), connait l’importance des deux individus. C’est le FBI qui fournit alors à la CIA et à la NSA le numéro de téléphone trouvé du standard international d’Al Qaïda, installé dans une maison de la banlieue de Sanaa au Yémen où vivent un proche de Ben Laden, sa femme, leur fille et leur gendre, qui n’est autre que Khalid al-Mihdhar. Ce dernier, une fois sur le territoire américain, appelle régulièrement la maison pour prendre des nouvelles de sa femme, en attente d’un bébé, et prendre des instructions. « Les grandes oreilles de la CIA ne perdent pas une miette de ses conversations », affirme Calvi.

Malheureusement, en tout cas pour l’instant, Le Point ne dit mot sur l’affaire des fameuses 28 pages du rapport du Congrès qu’Obama refuse de rendre public. Pourtant, selon des sources fiables, on y trouve confirmé toutes les accusations de Calvi contre l’Arabie Saoudite et l’impunité dont elle dispose à la Maison Blanche.

Lyndon LaRouche et le 11 septembre

Le 11 septembre 2001, interrogé au moment même des événements par une chaine radio, l’homme politique Lyndon LaRouche avait fait part qu’il soupçonnait l’existence d’une complicité active et/ou passive au sein des États-Unis avec les terroristes. Le but de l’opération, étant rien d’autre que de servir de prétexte pour partir en guerre contre l’Afghanistan et l’Irak, comme le souhaitaient les néo-conservateurs anglo-américains. Son hypothèse fut immédiatement qualifiée de « négationniste » ou noyée dans une vaste nébuleuse de théories réellement loufoques.

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