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410 professionnels contre la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim

La rédaction
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Dans une lettre ouverte à Edouard Philippe, Premier ministre, 410 personnes qui ont en commun d’avoir passé tout ou partie de leur carrière professionnelle dans l’ingénierie, la construction ou l’exploitation de centrales nucléaires, s’expriment contre la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Certains d’entre eux s’étaient déjà exprimé en 2012 dans un appel public que nous avions à l’époque relayé sur notre site.

Voici l’article paru le 23 mars 2018, dans le quotidien L’Alsace.

Certains des signataires de ce manifeste soulignent qu’ils ont eux-mêmes participé au démarrage de la centrale nucléaire de Fessenheim, en 1978.

Mais au-delà de l’attachement teinté de nostalgie, ces ingénieurs, spécialistes du nucléaire, détaillent à Edouard Philippe les raisons, selon eux, pour lesquelles la centrale nucléaire alsacienne ne doit pas fermer.

Ils sont plus de 400, pour la plupart retraités, et considèrent que la loi de transition énergétique, qui entraîne la fermeture de la centrale, aura des "effets néfastes" et que, seulement « fondée sur un engagement électoral », elle sera très difficile à mettre en œuvre « aux plans technique, social, économique et environnemental ».

Cette loi, ajoutent-ils, « ne permettra pas à la France de respecter ses engagements de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre qui constituent pourtant un enjeu majeur pour les générations futures et une priorité forte. »

Pour ces techniciens, tous attachés à l’énergie nucléaire, l’atome a l’avantage de fournir une électricité à « bas carbone », alors que l’éolien présente l’inconvénient de l’« intermittence » et doit donc selon eux être compensé par une énergie produite à base de « combustibles fossiles ». La loi de transition et son corollaire, la fermeture de Fessenheim, serait donc « contraire » à tous les objectifs affichés, à savoir la réduction des émissions de gaz carbonique, la lutte contre le réchauffement climatique, le développement de l’emploi,la réduction du déficit public, la réduction du déficit de la balance commerciale.

Pour le cas plus particulier de la centrale de Fessenheim, les 410 signataires de la lettre ouverte s’étonnent qu’à chaque annonce de suppressions d’emplois, le gouvernement puisse « s’émouvoir », alors que, dans le même temps, ce sont « 2200 emplois » qui seront supprimés en Alsace. « Alors que chaque jour apporte la confirmation de la situation dégradée des finances de l’Etat, comment peut-il sacrifier une installation rentable et accepter d’en payer un prix qui pourrait atteindre 4 milliards d’€ alors qu’un effort est demandé à tous les Français pour diminuer le déficit public et celui de la balance commerciale ? », écrivent-ils.

« L’automne dernier a été sensiblement plus froid que les périodes hivernales de ces dernières années, sans être exceptionnel. L’indisponibilité de quelques réacteurs nucléaires n’a pas été compensée par une production éolienne très faible en raison de l’absence de vent qui a obligé notre pays à recourir massivement à l’importation d’électricité fortement carbonée et d’un coût élevé », appuient-ils encore.

Le risque du black-out

Les signataires s’appuient sur les avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui avaient autorisé Fessenheim à fonctionner jusqu’en 2021 et 2023 pour chacun de ses réacteurs.

Donc décider de [cet] arrêt définitif dès cette année conduirait à se priver d’une puissance de 1800 MW capable d’assurer une production propre, sûre et modulable et affaiblirait gravement la sécurité d’alimentation de notre pays.

Nous aurons besoin à l’avenir de la production de toutes les centrales nucléaires, augmentée de celle de l’EPR de Flamanville, pour compenser l’arrêt des centrales au charbon et satisfaire les besoins de notre pays et ceux des pays voisins [...]. A défaut, nous resterons vulnérables devant les risques de blackout, dévastateurs au plan médiatique et politique et insupportables pour les populations concernées et l’économie du pays.

Parce que ces 410 spécialistes du nucléaire voient des « marges de manœuvre très faibles » lors des hivers, parce que, ajoutent-ils, les centrales à charbon « sont vouées à disparaître », l’arrêt du nucléaire « ne peut que conduire au blackout ». Ils balaient également l’argument de la sécurité, et évoque plutôt une « élévation constante » du niveau de sûreté des installations.

La conclusion de cette lettre ouverte au Premier ministre,

C’est qu’il est recommandé de différer par tous les moyens possibles la fermeture de la centrale de Fessenheim. (...) Avec l’hydraulique, le nucléaire est pour le moment le mode de production d’électricité qui a l’impact le plus faible sur la santé des citoyens. Il ne s’oppose pas au développement des énergies renouvelables en France ou en Europe. Au contraire, il permet une production d’électricité très faiblement émissive en gaz carbonique en assurant des variations de puissance importantes pour s’adapter à l’intermittence des énergies renouvelables, concluent-ils, incitant Edouard Philippe à renoncer à mettre en oeuvre une décision politique prise par d’autres.

Les signataires initiateurs :

  • Joël Bultel, ancien directeur de la centrale nucléaire de Flamanville ;
  • Pierre Carlier, ancien Directeur du parc nucléaire français ;
  • Claude Jeandron, ancien directeur de l’environnement d’EDF ;
  • Jean Fluchère, ancien directeur de la centrale du Bugey ;
  • Georges Sapy, ancien responsable de projet à l’export en Asie ;
  • Alain Marcadé, ancien directeur technique de la centrale de St-Alban ;
  • Alain Desgranges, ancien directeur de la centrale du Blayais.
Cet article a été repris d'un autre site.

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