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A qui profite la crise du Tibet ?

La rédaction
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Le 22 mars 2008 (LPAC) — La représentante de Californie Nancy Pelosi, qui dirige la majorité démocrate au Congrès étasunien, s’est illustrée une fois de plus en « idiote utile » au service du parti de la guerre. Proche de Felix Rohatyn, l’apôtre des privatisations déguisées en Partenariats Public Privé, Nancy Pelosi a milité en 2007 avec force contre toute procédure de destitution du vice-président Dick Cheney, tête de file de la faction néo-conservatrice.

En rendant visite au Dalaï Lama et la communauté tibétaine installée à Dharamsala en Inde, pour y dénoncer sans nuances les évènements du Tibet, attribués exclusivement aux « oppresseurs » chinois, Pelosi joue le jeu de tous ceux qui, au moment même où le système financier se désintègre, cherchent à provoquer un « choc des civilisations ». Cette carte politique « du chaos » d’origine britannique vise avant tout à préempter toute solution négociée entre les grandes puissances pour la mise en place d’un nouveau système financier international.

Rappelons ici que le Dalaï Lama, grand « pacifiste », a reconnu dans un interview au New York Times du 28 novembre 1993 que, dans le cadre de la guerre froide, son frère ainsi que des centaines de résistants tibétains reçurent de l’argent et un entraînement de la CIA au Colorado. Aujourd’hui, c’est surtout la main britannique qui a pris le relais. D’ailleurs, aussi bien Gordon Brown que le prince Charles d’Angleterre ont d’ores et déjà confirmé leur volonté de rencontrer le Dalaï Lama lors de sa visite prévue en Angleterre au mois de mai.

Si Nancy Pelosi, comme les grands prêtres des chaînes médiatiques, dénoncent le fait que les journalistes n’ont pas un libre accès à la capitale tibétaine Lhasa, le journaliste anglais James Miles de l’hebdomadaire The Economist, lors d’une interview à la chaîne de télévision américaine CNN, présente une autre version des faits.

De retour de Lhasa, où il a pu travailler pendant une longue semaine, et présent à Lhasa dès le début des émeutes du 12-13 mars, James Miles témoigne d’avoir constaté une violence sans précédent ciblant exclusivement la communauté des marchands chinois Han vivant à Lhasa, symbole du « génocide culturel » infligé contre le Tibet, ainsi que contre la minorité musulmane du peuple Hui [arrivée il y a 900 ans au Tibet…].

Les émeutiers, affirme Miles, ont « attaché des foulards blancs traditionnels à tous les commerçants et hommes d’affaires 100% d’origine tibétaine. Ceux-là n’ont pas été ciblés. Par contre, tous les autres ont été la cible d’attaques violentes, de pillages et leurs biens furent jetés dans la rue et brûlés. C’était une explosion extraordinaire de violence ethnique d’une nature fortement déplaisante à voir qui a surpris plus d’un tibétain qui les regardait. »

Miles rajoute que la police n’a quasiment rien fait pendant plusieurs jours pour faire mettre fin aux émeutes et qu’elle attendait le retour spontané du calme. C’est seulement à ce moment que la police aurait cherché à sécuriser les rues, « quand elle était convaincue qu’aucun bain de sang ne pouvait survenir ».

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