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AP-HP : les médecins démissionneront face à un rationnement des soins

La rédaction
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16 décembre 2009 (Nouvelle Solidarité) — C’est à la faculté de la Pitié de Paris, dans un amphi bondé, que les médecins de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le plus grand CHU de France, ont approuvé hier la décision d’engagement à démissionner du président et du vice-président de la Commission médicale d’établissement (CME) si le gouvernement ne modifie pas ses plans.

Benoît Leclercq, directeur général de l’AP-HP, a présenté en CME, le mois dernier, le cadrage financier pluriannuel du futur plan stratégique 2010-2014, qui envisage la suppression de 3500 postes d’ici à 2012 afin d’économiser plus de 300 millions d’euros sur les actes financés par la tarification à l’activité (T2A), tout en « améliorant » l’offre des soins.

En réponse, si les suppressions d’emplois annoncées (150 médecins et 1 000 infirmières, aides-soignants et secrétaires médicales) sont maintenues, le très mesuré président Pierre Coriat et le vice-président Yves Aigrain ont annoncé publiquement leur volonté de se démettre de toutes leurs fonctions administratives en assurant exclusivement leurs missions de soins, d’enseignement et de recherche. Depuis, 902 médecins se sont eux aussi engagés à démissionner et certains sont déjà passés à l’acte.

Tous les témoignages soulignent la dégradation des hôpitaux de l’AP-HP, vaisseau amiral de l’hôpital public. « Il y a va de la survie de l’institution » déclare Pierre Coriat qui réaffirme sa conviction que « au niveau de la CME, nous sommes convaincus qu’on ne peut plus enlever d’emplois ». « Nos hôpitaux sont à l’agonie déclare Denis Devictor, président de CCM. Tous les jours nous avons des difficultés à faire tourner la structure faute de personnel ».

A Paris comme ailleurs, on est bien conscient que diminuer le personnel portera forcément atteinte aussi bien à la qualité qu’à l’accès aux soins pour tous. « C’est un mensonge que d’affirmer le contraire », estime le professeur Bernard Granger, responsable de l’unité fonctionnelle de psychiatrie de l’hôpital Tarnier-Cochin et secrétaire du Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP).

« On se demande comment on va soigner de la même manière avec moins de monde », s’inquiète Céline Blondiaux, infirmière syndiquée à la CFDT, en précisant qu’un grand nombre d’agents n’arrivent déjà pas à prendre leurs jours de congés ou de RTT. « Dans de nombreux services, on voit des soignants en épuisement professionnel, qui ont le sentiment de ne plus pouvoir assumer leurs missions », constate Yannick Sybelin, secrétaire CGT de l’hôpital de Roanne, qui a connu une grève le 1er décembre après l’annonce de 25 suppressions de postes d’ici 2011.

Les médecins ne sont pas contre toute réforme, bien au contraire. Ils ont pour la plupart dénoncé la vétusté des hôpitaux, le retard d’investissement trentenaire de l’AP-HP. Ils sont prêts à discuter des regroupements éventuels, non pas à partir d’une logique comptable, mais à partir des besoins de la population. La seule logique possible est donc de partir d’un projet qui mette en perspective ces besoins avec l’ensemble des dépenses de l’institution, personnel et investissement compris, au lieu d’imposer un rationnement qui ne dit pas son nom. Pour le professeur Grimaldi, l’un des initiateurs du MDHP qui avait convoqué cette assemblée : « on a en France cette idée républicaine de l’égalité d’accès aux soins pour tous. On en est tous imprégnés. Aujourd’hui c’est une rupture ».


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