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Affaire Bettencourt : en route vers le sarkogate ?

La rédaction
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17 juin 2010 (Nouvelle Solidarité) – Son cas ne résistera pas à l’examen des consciences : Nicolas Sarkozy doit partir. Après la mise en cause du Président dans les malversations financières liées à des contrats d’armement et au financement de la campagne présidentielle de Balladur, Mediapart.fr révèle un nouveau scandale d’Etat. L’Elysée aurait interféré auprès de la justice pour aider la milliardaire Liliane Bettencourt. Ironie du sort, le ministre chargé de la rigoureuse réforme des retraites, Eric Woerth, est aussi impliqué. La connivence entre dirigeants politiques et puissances d’argent alors que le système s’effondre sur les peuples ne peut plus être acceptée.

Entre mai 2009 et 2010, les discussions d’affaires de l’héritière L’Oréal et première fortune de France ont été enregistrées secrètement par son maître d’hôtel. A l’examen de ces conversations entre Liliane Bettencourt et Patrice de Maistre, le patron de la société gérant sa fortune, l’on apprend que l’Elysée aurait violé la séparation constitutionnelle des pouvoirs exécutifs et judiciaires, qu’Eric Woerth et son épouse auraient bénéficié de faveurs et que Nicolas Sarkozy aurait lui-même reçu des contributions financières de la milliardaire. Extraits.

Dévoiement de l’Elysée

Conseiller du Président pour les affaires judiciaires jusqu’en novembre 2009, Patrick Ouart, désormais salarié de LVMH mais qui continuerait à conseiller le chef de l’Etat sur les dossiers les plus sensibles, est au cœur des discussions. Notons que lorsque Nicolas Sarkozy était maire de Neuilly (1983-2002), où se situe l’hôtel particulier de Liliane Bettencourt, il fut un hôte régulier de l’héritière. Il l’a d’ailleurs reçue personnellement à l’Elysée en décembre 2008. Dans une conversation avec elle le 21 juillet 2009, Patrice de Maistre évoque un entretien avec Patrick Ouart « le conseiller juridique, à l’Elysée, que je vois régulièrement pour vous ». « Il m’a dit que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre, normalement, que la demande de votre fille était irrecevable. Donc classer l’affaire. Mais il ne faut le dire à personne, cette fois-ci. » Effectivement, le 3 septembre dernier, le parquet de Nanterre déclara irrecevable la plainte de la fille Bettencourt. Lors d’une autre conversation du 23 avril 2010, de Maistre dit à Bettencourt : « j’ai vu, euh, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires juridiques et judiciaires, Patrick Ouart, qui n’est plus à l’Elysée mais qui n’a pas été remplacé et qui travaille chez Bernard Arnault, et qui m’aime beaucoup. Et il a voulu me voir l’autre jour et il m’a dit, M. de Maistre, le président continue de suivre ça de très près... (...) Et en première instance, on ne peut rien faire de plus, mais on peut vous dire qu’en cour d’appel, si vous perdez, on connaît très, très bien le procureur. »

Connivence avec Eric et Florence Woerth

N’oublions pas qu’Eric Woerth, ministre du Budget de 2007 à 2010 et actuel ministre du Travail, est, en tant que Trésorier de l’UMP et grâce à son fief de Chantilly, le principal rabatteur de fonds du parti présidentiel (voir notre article Rigoureusement Woerth) et qu’il fut l’artisan du bouclier fiscal protégeant la fortune des 15 000 plus riches contribuables de France. Jusqu’au mois dernier, son épouse Florence, embauchée en 2007 par Patrice de Maistre, était la principale gérante de la fortune Bettencourt. Dans une conversation du 23 avril 2010, de Maistre dit que c’est Eric Woerth qui a obtenu l’embauche de sa femme : «  Je me suis trompé quand je l’ai engagée. (...) J’avoue que quand je l’ai fait, son mari était ministre des finances (du budget, NDLR) , il m’a demandé de le faire. (...) Et donc si vous voulez, aujourd’hui, sans faire de bruit, je pense qu’il faut que j’aille voir son mari et que je lui dise que avec le procès et avec Nestlé, il faut qu’on soit trop manœuvrants et on peut plus avoir sa femme. Et puis on lui, on lui, on lui donnera de l’argent et puis voilà. Parce que c’est trop dangereux. » De Maistre affirme aussi dans une discussion du 29 octobre 2009 qu’Eric Woerth est personnellement intervenu pour aider la fondation de Liliane Bettencourt : « [Eric Woerth] est très sympathique et c’est notre ministre du budget. Et c’est lui qui a permis à l’Institut de récupérer le bâtiment dans lequel on va faire l’auditorium. » Il prétend même que le ministre s’occupe personnellement des affaires fiscales de la milliardaire : « Il est très sympathique et en plus c’est lui qui s’occupe de vos impôts donc je trouve que ce n’était pas idiot. C’est le ministre du budget. Il est très sympathique, c’est un ami. »

Versements d’argent

Toujours selon ces enregistrements dérobés, la ministre de la Recherche Valérie Pecresse ainsi que MM. Woerth et Sarkozy, auraient reçu, en mars, de l’argent de Mme Bettencourt :

– Patrice de Maistre : « Valérie Pécresse, c’est la ministre de la recherche. Elle fait la campagne pour être présidente de Paris. Elle va perdre mais il faut que vous la souteniez et c’est des sommes très mineures, des petites sommes. Elle va perdre mais il faut que l’on montre votre soutien. Le deuxième, c’est le ministre du budget. Il faut aussi l’aider. Et le troisième, c’est Nicolas Sarkozy. »

– Liliane Bettencourt : « Bon alors, il faut donner pour Précresse... »

– PdM : « Mais ce n’est pas cher. »

– LB : « C’est elle qui a demandé cette somme là ? »

– PdM : « Non, c’est le maximum légal. C’est 7.500, ce n’est pas très cher. Vous savez, en ce moment, il faut que l’on ait des amis. Ça, c’est Valérie Pécresse. Ça, c’est Eric Woerth, le ministre du budget. Je pense que c’est bien, c’est pas cher et ils apprécient. »

– LB : « Et Nicolas Sarkozy ? »

– PdM : « C’est fait, c’est dedans. »

Tout cela est entre les mains de la police judiciaire mais quelles qu’en soient les suites légales, le dossier Sarkozy est déjà bien trop lourd. Il faut en tirer les conséquences pour faire face à l’effondrement économique et financier, qui exige la présence de consciences et de caractères au sommet de l’Etat.


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