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Afghanistan : alors qu’Obama avance, la France résiste devant le piège britannique

La rédaction
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30 novembre 2009 (Nouvelle Solidarité) — A l’heure où nous écrivons, le débat est clos. Après des mois de tergiversations et un lobbying intense des Républicains, Barack Obama annoncera le 1er décembre sa décision d’augmenter les troupes dans le bourbier afghan. Et ce, non seulement contre l’opinion publique américaine, qui estime de plus en plus que cette guerre « ne vaut pas le coup d’être menée », mais contre les voix les plus sages de la diplomatie américaine, notamment celle de son propre vice-président Joe Biden, partisan d’une stratégie minimaliste, et de l’ambassadeur américain à Kaboul, Karl Eikenburry, pour qui il ne sert à rien d’envoyer des renforts tant que le Président afghan Hamid Karzaï n’a pas réglé le problème de la corruption qui gangrène le pays.

Obama agit également contre une fraction de son propre parti. Fin septembre, 57 parlementaires démocrates ont signé une lettre refusant l’envoi de troupes sans stratégie de sortie, tandis que d’autres proposaient une taxe dont ne seraient redevables que les plus riches, pour financer la guerre.

Lyndon LaRouche, qui n’a cessé de mettre le Président américain en garde contre tout engagement terrestre dans la région, estime que par cette décision, qui s’ajoute à sa politique calamiteuse de renflouement bancaire et d’une réforme de la santé au détriment des plus nécessiteux, Obama renonce inéluctablement à un deuxième mandat.

Digne de l’époque de George Bush, le conseil de guerre qui vient de se tenir a vu arriver un nouveau participant : le responsable du Budget, Peter Orszag. Fanatique partisan de la maîtrise des dépenses de santé, Orszag ne s’oppose en rien à une guerre qui a déjà coûté au contribuable américain 3,6 milliards de dollars par mois depuis 2001.

Ce qui a filtré dans la presse suggère que le président américain augmentera les effectifs américains de 30à 34000 hommes (un tiers de plus) et demandera 10000 soldats supplémentaires aux pays membres de l’OTAN. Hillary Clinton est chargée de plaider cette cause lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, les 3 et 4 décembre à Bruxelles.

D’après une source militaire citée dans Le Monde, les alliés annonceront des renforts de 4000 à 5000 soldats, une fois confirmée la décision américaine. Il s’agirait en premier lieu de « maintenir sur place au moins 1500 hommes envoyés à titre temporaire le temps de l’élection présidentielle ». Pour d’autres pays, notamment la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Espagne, il s’agit de compenser ceux qu’ils retirent.

Pourtant, en Allemagne, la guerre est de moins en moins populaire. Le 27 novembre, Franz-Josef Jung, ancien ministre de la Défense jusqu’en octobre et actuel ministre du Travail d’Angela Merkel, a démissionné, conséquence d’une frappe meurtrière controversée en Afghanistan, le 4 septembre, qui avait coûté la vie à 69 talibans et 30 civils, bavure qui aurait fait jusqu’à 142 morts selon l’OTAN. La veille, le gouvernement avait annoncé la démission du chef d’état-major et d’un secrétaire d’Etat à la défense, après que le quotidien Bild eut révélé la dissimulation de preuves dans l’enquête sur ce ratage.

Faute de combattants, Obama compte impliquer une douzaine d’Etats qui ne sont pas même pas membres de l’OTAN, comme la Géorgie qui a déjà près de mille personnes sur place, ou encore la Corée du Sud.

Obama a même dû prendre son téléphone pour forcer la main à Silvio Berlusconi et Hillary Clinton a appelé son homologue Franco Frattini pour parler de la « contribution italienne ».

En France, à l’initiative de l’opposition communiste et socialiste, et contre le souhait du gouvernement, le président du Sénat, Gérard Larcher, a demandé la tenue d’un débat dans cette enceinte. Un consensus s’est fait jour entre sénateurs de droite et de gauche pour exiger qu’on donne à l’ONU un nouveau mandat politique permettant d’impliquer les grands acteurs régionaux, chinois et russes notamment, dans la résolution du conflit.

Tous déplorent le bilan de la coalition internationale. « Depuis 2003 et le passage sous commandement de l’OTAN de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS), la stratégie de "guerre contre le terrorisme" et son volet politique, la "démocratisation" de l’Afghanistan (...), ont montré leur incohérence, leurs limites et leur échec », déplore le président du groupe socialiste, Jean-Pierre Bel. Pour Michèle Demessine, du PCF, « si la stratégie globale de l’OTAN est erronée et inefficace, il ne s’agit plus de l’adapter mais bien d’en changer ».

Josselin de Rohan, le président UMP de la commission des Affaires étrangères et de la défense du Sénat, constate pour sa part que « l’Etat afghan, miné par la corruption, le trafic de l’opium et le tribalisme, peine à se reconstruire » et que « les sommes très importantes consenties pour l’aide au développement n’ont pu être utilisées pour les fins qui leur étaient assignées ».

Pour le sénateur (UMP) Jacques Gautier, il « convient de fixer avec l’ONU et l’OTAN un calendrier contraint et réaliste pour un retrait progressif du pays ». « Quatre ou cinq ans me semblent une perspective raisonnable même s’il est certainement nécessaire de prévoir à plus long terme une présence militaire minimale d’encadrement des troupes afghanes, de soutien aérien et de renseignement », a-t-il poursuivi. Même le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, interrogé par les sénateurs, concède qu’un calendrier de sortie progressive, calculée et programmée des troupes françaises doit être fixé.

Selon Le Monde, le dernier sondage (non public) effectué par le ministère de la Défense indique que les Français ne sont plus que 30 % à approuver l’engagement en Afghanistan, même s’ils continuent de soutenir leurs soldats. Ce décrochage est intervenu après la farce de l’élection « démocratique » du président Karzaï.

Comme sur l’Italie, Washington semble exercer des pressions sur la France pour qu’elle change de position. « Les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils souhaiteraient que Paris expédie au moins 1000 soldats supplémentaires », a indiqué la source militaire citée dans Le Monde. Pour l’instant, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a répété le 26 novembre la position exprimée par le président Nicolas Sarkozy, à savoir que Paris ne fournirait « pas un soldat de plus ».


Article de Jacques Cheminade : Algérie-Afghanistan : l’inéluctable échec de la contre-insurrection


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