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Allemagne : la police doit rester au service du citoyen !

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Karsten Werner et Stefan Tolksdorf, deux jeunes de notre parti frère Büso (Mouvement des droits civiques Solidarité), se sont entretenus avec le président du syndicat des policiers en Saxe, Matthias Kubitz.

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Quelle est votre situation sur le terrain ? La presse prétend que les choses vont mieux, mais les décisions budgétaires du parlement de la Saxe (Landtag) vont dans le sens contraire. Quelles conséquences ?

Ici en Saxe, nous avons une situation très difficile. Depuis 2002, on assiste à une suppression systématique de postes. Les citoyens s’en rendent compte également, mais évidemment ce sont les policiers qui le constatent en premier car ils sont obligés de travailler de plus en plus, avec moins de gens, ce qui est vraiment difficile. Les citoyens découvrent aujourd’hui que la dernière décision du gouvernement de Saxe prévoit la suppression de 2441 postes de gardiens de la paix d’ici 2019, puis de 800 de plus après 2019. Cela veut dire qu’un quart des effectifs dont nous disposons actuellement ne seront plus là !

Vous avez dit dans des interviews que dans pareilles conditions il va falloir fixer des priorités. Outre le fait que la police ne pourra plus garantir une présence sur tout le territoire qu’elle a en charge, est-ce que certaines prestations vont tout simplement être abandonnés ?

Nous avons demandé au gouvernement de Saxe de procéder à une évaluation précise des missions de la police ici. Notre demande a été rejetée, ce qui veut dire que le gouvernement considère la police uniquement comme un facteur de coût, et veut par conséquent supprimer des poster, sans examiner le dossier. Ce sera le pire aspect des choses pour les citoyens, parce que nous allons devoir arbitrer entre les différentes urgences. Logiquement, si nous disposons que de deux voitures radio, ils seront déployés en premier là où il y a menace de danger physique, voire danger de mort.

Dans certaines zones, le temps d’attente, par exemple lors d’un simple accident de voiture avec du gibier traversant la route, devra atteindre une heure et demi, et cela risque de se prolonger à l’avenir. Le citoyen devra donc prendre son mal en patience. Cela énervera non seulement le citoyen, mais tout autant les agents. Il attend de l’aide, et il va rappeler toutes les dix minutes pour demander où diable se trouve la police. Cela énerve l’agent qui prend l’appel, et pour le policier qui arrive, enfin, sur place, la discussion qui s’ensuit n’est pas forcément agréable.

Risque-t-on d’arriver au point où les coupes finiront par mettre en jeu des vies ?

Nous craignons que l’image de la police se transforme radicalement. Aujourd’hui, les citoyens apprécient beaucoup le travail de la police, parce que nous avons les moyens de mener aussi des actions préventives. Avec des effectifs réduits d’un quart, il restera peu de place pour la prévention, et la police n’aura plus qu’un rôle d’intervention et de déploiement.

Une telle transformation réduira le taux d’acceptation de la force publique auprès de la population. Si l’on associe la police seulement aux amendes ou autres sanctions, et ne plus à la discussion normale ou à la prévention en cas de danger potentiel, la police ne sera pas acceptée de la même manière. Voilà le plus grand danger que nous voyons.

Tension sociales et violence

Vous avez mis en garde contre des tensions sociales résultant de la crise économique

Nous constatons qu’il y a un très fort taux de chômage en Saxe. Par conséquent, beaucoup de gens quittent notre Land, à la recherche d’un travail. Dans certains endroits, il y a un fort vieillissement de la population. Et pour ce qui est des emplois qui sont encore là – que ce soit dans des PME ou de grandes sociétés – le travail n’est pas suffisamment rémunéré. Beaucoup de gens qui ont un emploi, qui travaillent, doivent quand même avoir recours aux aides sociales de l’Etat.

Par contre, de moins en moins de gens gagnent de plus en plus. Ce sont les « managers », pas forcément les propriétaires d’une société, mais ceux qui la gèrent. Ce n’est pas qu’ils gagnent quatre ou cinq fois plus qu’un artisan ou travailleur qualifiés ou qu’un ingénieur, mais beaucoup plus. Cela crée un grand écart dans le domaine social, et de là, des tensions. Et ces tensions créeront des étincelles à un certain point.

Ici, en Allemagne, cela prend du temps, parce que les Allemands tolèrent beaucoup plus. Mais il suffit de regarder un pays voisin ; j’aime bien regarder la France, parce que les problèmes là-bas sont similaires, et les tensions y éclatent – vivement et très tôt.

Voilà ce que je crains aussi pour l’Allemagne ; qu’à un moment donné, les tensions explosent, et ce sera encore la police qui se retrouvera au centre, car c’est la police qui est censée veiller à la sécurité et à l’ordre public. Elle est le visage de l’Etat, et nous devons donc supposer que les tensions prendront avant tout pour cible la police, qui est le représentant de l’Etat.

Est-ce que les tensions s’accroissent depuis l’éclatement de la crise financière ?

Il est clair que la violence à l’égard de la police augmente, et si on regarde certains points chauds certains jours, que ce soit à Dresde où il y a régulièrement des actions contre la police la nuit –même si ce n’est pas aussi important qu’à Berlin ou à Hambourg – je crois que nous nous trouvons, globalement, sur une voie très négative. Je crains que la violence ira croissante.

Il est vrai que la police, autrefois respectée comme gardienne de l’ordre public devient de plus en plus une cible.

Tout à fait. Autrefois, le policier pouvait effectivement faire appliquer la loi, faire respecter l’ordre public et il était traité grosso modo avec respect. Mais entre-temps, les avocats poursuivent des policiers de plus en plus en justice, et pour la moindre irrégularité, ils se retrouvent condamnés, donc ils perdent le respect de la population. A cela il faut ajouter que l’Etat est contesté et, partant, son représentant, le policier, l’est aussi. Cela crée des frictions.

La police se trouve au milieu : d’un côté les tensions sociales augmentent, du fait que l’Etat semble se préoccuper beaucoup du sort des banques, mais pas de l’intérêt général. Et la police est censée exécuter les ordres, tout en étant pénalisée par les réductions budgétaires. Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un policier lorsqu’il n’a pas le soutien de l’Etat ?

C’est très difficile. D’un côté, les policiers veulent être là pour les citoyens, ils veulent assurer le maintien de l’ordre public, mais ont souvent l’impression d’être abandonnés. Evidemment, ce n’est pas agréable.

Nos collègues dans la police de garde [équivalent des CRS] sont normalement les premiers à le ressentir, lors de déploiements aux manifestations et meetings, mais cela se manifeste aussi dans le quotidien d’un policier, y compris quand il intervient dans une dispute familiale, par exemple.

D’où l’importance d’une bonne formation et une formation continue, afin de préparer nos collègues à des missions difficiles, leur donner de bonnes bases en psychologie, pour qu’ils sachent comment gérer ces tensions – y compris en eux-mêmes.

Police et Armée

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Vous exprimé la crainte que les effectifs de la police soient tellement réduits qu’on finit par déployer l’armée pour le maintien de l’ordre sur le territoire national. En plus, notre ministre de la Défense, M. Guttenberg, vient de dire que la circonscription pourrait être supprimé, et nous laissera avec une armée professionnelle.

Je dois dire que ce n’est pas par hasard que l’on démantèle massivement la police depuis 2002, dans tous les Länder. Le premier appel au déploiement de l’armée sur le territoire national pour protéger certains objets est venu de Bavière.

Jusqu’à maintenant, on a réussi à repousser la proposition, fort heureusement, car les fonctions d’une armée et de la police sont tout à fait différentes. La police est un service civil, qui doit désamorcer la violence, alors que l’armée a pour mission de défendre le pays vis-à-vis de l’extérieur, et si nécessaire de régler le conflit. C’est très différent.

Jusqu’ici, la proposition de déployer l’Armée pour la sécurité intérieure n’a pas été réalisée, parce qu’il n’a pas été possible de modifier les lois dans ce sens, tout simplement parce que la majorité est contre. Cela suscite le doute que la police soit tellement affaiblie partout, tellement saignée, que d’autres arguments seront créés à l’avenir en faveur du déploiement de l’Armée.

C’est un grand danger, qui n’est pas sans rapport avec la transition vers une armée professionnelle, où on pourra dire : « des volontaires, je les envoie là où je veux ». Nous espérons que nous n’arriverons pas au point où, par exemple, des blindés protégeront nos stades de foot.

En fin de compte, à vouloir réduire toujours plus les coûts, on s’attaque à l’Etat même.

On peut discuter aussi du point de vue de la démocratie. Je suis fermement convaincu que la démocratie est inséparable de la liberté. Et la liberté doit être accompagnée de la loi et de l’ordre public. Voilà la fonction de la police. A force de « dégraisser » la police, on crée aussi le danger que la sécurité devient un bien achetable.

Dans certains quartiers, où les gens peuvent se le permettre financièrement, on verra des milices populaires, ou des sociétés de sécurité entreprendre des mesures de prévention, faire des patrouilles, sanctionner des attaques contre elles, peut-être même en prenant la justice entre leurs mains. Du point de vue de la démocratie, c’est le désastre garanti. Mais je vois déjà les débuts de cela en Allemagne – et clairement en Saxe.

Dès lors que les citoyens commencent à se protéger eux-mêmes, le risque existe que l’Etat ne pourra plus entrer dans ces zones. On aura une dépolitisation qui ouvre la voie à la privatisation de certains domaines.

Réforme financière

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Le BüSo fait campagne depuis longtemps pour un système de séparation des banques. Pour enrayer la spéculation, il faudrait protéger une partie du secteur bancaire complètement de toutes sortes de spéculation. (…) Soutenez-vous cette proposition ?

Cela fait du sens. Dès lors que je dis que l’Etat n’est pas autorisé à faire de la spéculation [par exemple par le biais de la Banque centrale ou des Banques régionales], ce système de banques séparées s’impose à l’avenir. Si l’Etat n’a pas d’activité spéculative, les citoyens n’en font pas les frais lorsqu’une banque privée fait faillite. L’Etat n’est pas obligé de soutenir une banque qui a perdu ses paris, ou bien d’acheter les titres à risque et les mettre dans une « bad bank » comme c’est le cas maintenant. (…)

On constate que ceux qui commettent des fraudes à grande échelle, sont confortés, alors que ceux qui défendent la loi, comme la police, subissent des coupes.

Nos responsables ne considèrent pas la police comme un service au citoyen, mais comme une marchandise. Et si les services aux citoyens sont considérés uniquement en termes monétaires, si les hommes politiques ne voient que le symbole de l’euro partout, ils ne travaillent pas pour les citoyens, mais contre eux.

Nous défendons une politique de grands travaux, notamment un réseau de transport intégré dans toute l’Europe, et reliant aussi les grands centres peuplés d’Asie. Ce sont des projets énormes.

Nous n’avons pas de désert à verdir en Europe, mais je crois que les projets de transports sont très importants, surtout dans l’Europe unie où on fait face à de nombreuses menaces. Par exemple, nous ne pouvons pas comparer l’Allemagne avec la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie. Il faut lancer des projets structurels non seulement pour rapprocher les gens, mais pour créer des possibilités industrielles et de coopérer de manière bien plus étroite et intense. Cela doit être lié à l’emploi des gens. Voilà justement l’essentiel : l’emploi doit être traité de manière égale dans l’Europe unie. Ce n’est pas juste que certains travaillent pour un salaire très faible, ou pratiquent des prix de dumping, si on veut rapprocher toute l’Europe, les conditions sociales doivent être uniformes, avec des salaires correspondants.

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