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Annapolis : après un petit pas, la vraie bataille commence

La rédaction
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Le 30 novembre 2007 (LPAC) - Pendant les mois qui ont précédé la conférence de paix d’Annapolis aux Etats-Unis, Lyndon LaRouche avait fortement plaidé en faveur d’une participation syrienne en vue d’aboutir rapidement à un accord de paix israélo-syrien. Ce type d’accord provoquerait un changement radical de la dynamique de la région au bénéfice de tous. LaRouche mettait en garde de ne pas attendre de « percée spectaculaire » à Annapolis, et mettait plutôt l’emphase sur l’inflexion obtenue dans le processus, un changement de cap optimiste pour sortir toute la région de l’impasse. Les petits pas des uns et des autres fourniront un grand pas en avant pour l’ensemble, disait-il. Au moment où LaRouche défendait cette approche, rien n’était plus difficile à envisager, malgré les déclarations publiques du président israélien Shimon Péres suggérant que la Syrie et Israël pouvaient arriver à des accords.

Les premiers rapports qui nous parviennent de la conférence d’Annapolis nous permettent donc un optimisme prudent, à un moment où le danger de guerre reste élevé. D’abord, le gouvernement syrien a participé à la conférence et selon nos sources américaines, arabes et israéliennes, c’est le gouvernement israélien, de pair avec la Ligue arabe, qui a fini par convaincre Damas de s’y rendre.

Au sein de l’appareil d’état israélien, en particulier parmi le commandement de l’armée, de plus en plus de voix se lèvent en faveur d’un traité de paix avec la Syrie, comprenant le retour du plateau du Golan à la Syrie, un partage équitable des ressources en eau et d’autres enjeux stratégiques.

Une source haut placée du renseignement américain nous a dit que si un traité israélo-syrien est signé dans un futur proche, « 40 % des problèmes de la région seront résolus ». Des sources sur le terrain affirment que, suite à des efforts diplomatiques de la Syrie, de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite, l’impasse en ce qui concerne la sélection du futur président libanais a pu être résolue. Ainsi, si un accord de paix pouvait voir le jour entre Israël et la Syrie, le danger d’une nouvelle guerre civile au Liban serait considérablement éloigné - et cela briserait la spirale infernale vers le chaos régional permanent.

Plusieurs décideurs de Washington nous ont affirmé que le résultat immédiat le plus important d’Annapolis est que la réussite de la conférence prive le vice-président Dick Cheney et d’autres faucons d’un motif immédiat pour une attaque contre l’Iran. Ces officiels haut placés nous ont dit que Cheney avait parié sur l’échec d’Annapolis et le discrédit qu’un tel échec aurait jeté sur la secrétaire d’Etat Condoleeza Rice. « Annapolis n’a pas échoué, et Cheney est furibard », nous a avoué l’un d’entre eux. De plus, le ministre des Affaires étrangères de l’Arabie Saoudite a déclaré dans un entretien largement repris par les médias la veille de la conférence, que le royaume des Saoud n’avait aucun intérêt à une autre guerre régionale, y compris contre l’Iran.

L’autre facteur qui n’est pas sans importance, disait LaRouche, c’est le fait que la famille Bush, et en particulier Bush père, tente désespérément de redorer quelque peu le blason familial fortement entaché par le règne calamiteux de son fils avec Dick Cheney. La perspective d’une paix israélo-syrienne représente le dernier espoir pour sauver le nom de la famille. Et ça n’est pas rien, quand votre nom est Bush. Ne soyez pas surpris non plus de découvrir que Rice, bien qu’elle est dans une dynamique qui lui est propre, a reçu un énorme appui des anciens de « Bush 41 », tels l’ancien conseiller national à la sécurité Bent Scowcroft et l’ancien secrétaire d’état James Baker III. Et ne soyez pas surpris non plus que le président Poutine ait joué un rôle important pour faire avancer l’effort de paix. A Annapolis, le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov a convenu avec l’administration Bush que la prochaine conférence, qui prendra le relais d’Annapolis, se tiendra à Moscou début 2008. Au programme : un accord de paix israélo-syrien.

Un petit pas, potentiellement énorme, a donc été fait. Cependant, la vraie bataille commence maintenant.

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