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Après Dexia, Groupama : mettons la spéculation en faillite

La rédaction
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2 novembre 2011 (Nouvelle Solidarité) – L’avidité de l’actuelle caste financière française, à l’image de ses consœurs du monde transatlantique, s’est de nouveau manifestée ces derniers jours, dans l’affaire de Groupama, première mutuelle d’assurance et 6e assureur français, dont la situation serait plus que délicate à l’heure actuelle. Le 24 octobre dernier, le Conseil d’administration du groupe a débarqué son PDG, Jean Azéma, dans un contexte de rumeurs croissantes sur de grosses difficultés et même d’une possible nationalisation partielle du groupe.

Voilà après Dexia un autre cas d’une grenouille qui a voulu se faire aussi grosse qu’un bœuf, et qui est en train d’exploser en chemin ; un cas qui n’est pas sans rappeler non plus celui de Vivendi Universal sous Jean-Marie Messier, et pour cause.

Au départ il y a les Assurances mutuelles agricoles créées au début du XXème siècle pour protéger les agriculteurs. A partir de 1963, celles-ci étendent leurs activités aux collectivités locales, et dès 1972, elles développent l’assurance-vie.

Groupama, contraction des Groupe d’assurances mutuelles agricoles, est créé en 1995. Mais c’est à partir du moment où Jean Azéma devient PDG, en l’an 2000, que cet assureur se lancera dans des spéculations et investissements insensées.

Jean Azéma avait visiblement des délires de grandeur : «  l’assurance est un marché de masse, il fallait que le groupe ait une taille critique et devienne l’un des 10 grands assureurs européens » , rapportent Irène Inchauspé et Thuy-Diep Nguyen dans Challenges , le 25 octobre. D’abord, Jean Azéma achète le GAN (Groupe d’assurances nationales) en 1998, un choix qui peut se justifier du point de vue des activités de Groupama. Suit cependant une fuite en avant tout azimut qui l’amènera à devenir actionnaire de référence dans des groupes aussi diversifiés que la Société Générale, Véolia Environnement, BTP Eiffage ou la banque d’affaires italienne Mediobanca !

En 2002, Groupama Banque est créé, en collaboration avec la Société Générale, et Groupama prend une prise de participation de 4,9% dans la SocGen. Il s’agit de pouvoir redéployer les profits des assurances-vie dans le secteur bancaire. En 2004, le groupe noue une alliance avec Henri Proglio qui défend alors sa position à Véolia Environnement, ce qui amène Groupama à entrer au capital de Veolia à hauteur de 5,7% ! Plus tard, il prendra 6.71% dans BTP Eiffage et 4.93% dans Mediobanca.

Mais c’est entre 2007 et 2010, en pleine crise financière que, selon la Lettre de l’Assurance , Groupama va frénétiquement faire son marché à l’international, achetant des entreprises moyennes ou petites souvent dans des situations financières délicates ou créant même des sociétés d’assurance, alors qu’il n’a ni les fonds propres, ni l’expérience pour le faire. Il va ainsi devenir un acteur sur les marchés chinois, vietnamien, anglais, espagnol, portugais, turc, grec, roumain, bulgare, hongrois, slovaque, tunisien et italien !

Résultat, selon Challenges (15/09/2011) : une situation catastrophique car ces achats « effectués entre 2006 et 2008, ont été payés au prix fort. La facture est dans le bilan de Groupama SA : 3 milliards d’euros d’écart d’acquisition face à 7 milliards d’euros de fonds propres. (…) Autre point critique : les investissements en actions, qui représentent 15% du portefeuille de Groupama, contre 5 à 7 chez les grands assureurs. » Or, les actions Société Générale avaient été achetées à 56 euros la pièce et ne valent aujourd’hui plus que 15,60 euros, celles de Veolia 28 euros la pièce, alors qu’elles ne valent plus que 9.70 euros aujourd’hui.

A cela il faudra ajouter des grosses pertes à venir pour Groupama, dues à sa surexposition aux obligations souveraines des pays à risque en Europe : 7,2 milliards à la dette italienne, 2,9 en Espagne, 2 milliards en Grèce et 750 millions au Portugal. L’on sait, d’ores et déjà, qu’il y aura une décote de 50% sur la dette souveraine grecque.

Mais, et c’est le plus important, qui conseille Jean Azéma dans cette stratégie folle ? Il s’agit de personnalités très proches du pouvoir, à commencer par René Ricol, nommé médiateur de crédit par Nicolas Sarkozy en pleine crise, qui aurait introduit auprès d’Azéma deux de ses proches, Charles de Lasteyrie et Alain Minc. Ce dernier aurait joué ensuite les entremetteurs auprès de Vincent Bolloré qui a introduit le petit Groupama au sein de la cour des grands italienne, c’est-à-dire, au cœur de la plus vorace des banques d’affaires transalpines, Mediobanca. Là, la grenouille a noué avec les grands requins de la finance et notamment, avec le PDG-même des Assicurazioni Generali, Antoine Bernheim, l’un des fondateurs historiques de la tristement célèbre maison Lazard. 

D’ailleurs, tout aurait commencé à se gâter pour Groupama suite à l’échec de sa tentative d’entrer au capital de Fondiaria SAI, le troisième assureur italien, en mars 2011, victime, selon Challenges , d’un imbroglio politico-financier dont raffole le capitalisme italien. Sa carrière à l’ombre de Bolloré, considéré beaucoup trop proche de Berlusconi, n’est pas appréciée de tout le monde en Italie. En 2004, a commencé la collaboration avec l’inénarrable Henri Proglio, ancien collaborateur de Jean Marie Messier à Vivendi, et l’homme qui selon Pierre Péan se met au garde à vous devant Alexandre Djouhri, l’homme de bas fonds de Claude Guéant.

En septembre 2011, Laurent Mauduit de Médiapart avait dévoilé un projet qu’Alain Minc aurait vendu à l’Elysée pour nationaliser partiellement Dexia et Groupama, dont l’objectif réel était d’offrir une porte de sortie « honorable » aux deux proches de l’Elysée à la tête de ces entreprises financières : Pierre Mariani et Jean Azéma, et de faire porter les créances douteuses à l’Etat.

Dexia a, en effet, été partiellement nationalisée, et l’Etat a encore imposé à des institutions publiques comme la CDC et la Banque postale, la lourde charge de 90 milliards de titres toxiques, résultat des errances folles de Dexia.

Pour Groupama il est encore temps d’agir ! Le groupe doit devenir un cas d’école pour illustrer les conflits d’intérêt qui surgissent entre assureurs et banques d’affaires. Il est encore temps de rétablir la stricte séparation des établissements bancaires – à l’image de la loi Glass-Steagall de Roosevelt et de la loi 45-15 de de Gaulle – doublée d’une mise en règlement judiciaire, comme veut le faire la campagne présidentielle de Jacques Cheminade.

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