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« Armes de distorsion massive »

La rédaction
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La controverse qui fait rage en Grande-Bretagne à propos des ADM irakiennes montre à quel point le gouvernement Blair a manipulé le renseignement de façon à pouvoir présenter ces soi-disant armes comme un danger mortel pour la Grande-Bretagne. Ce « tripatouillage » a été fait en étroite coopération avec le Bureau de plans spéciaux (BPS) du Pentagone.

L’exemple le plus flagrant est celui du discours prononcé par Tony Blair à la Chambre des Communes, le 24 septembre 2002, dans lequel il a déclaré que les « armes de destruction massive [de Saddam] (...) pourraient être activées en 45 minutes », affirmation qu’il allait répéter à plusieurs reprises par la suite. On vient d’apprendre que ces mots ont été ajoutés au dossier ADM préparé par le Joint Intelligence Committee (JIC - regroupant les dirigeants du MI6, MI5, GHQC, et du renseignement militaire) à la demande du porte-parole de Blair, Alastair Campbell, qui voulait rendre ce dossier « plus sexy ».

Un deuxième gros mensonge est la fameuse affirmation selon laquelle l’Irak se procurait de l’uranium au Niger pour accélérer son programme d’armes nucléaires. Le président Bush l’a reprise dans son discours sur « l’état de l’Union » en janvier 2003. Elle a été par la suite dénoncée par l’Agence internationale à l’énergie atomique (IAEA) comme étant « une pure falsification ». Lors du débat aux Communes le 4 juin, Robin Cook, qui a récemment démissionné du gouvernement Blair en signe de protestation contre la guerre d’Irak, a demandé au Premier ministre de la rétracter. Blair a refusé.

Une autre manipulation mérite d’être rappelée : celle du « dossier Blair » salué par Colin Powell dans son discours du 5 février au Conseil de Sécurité sur les ADM. Comme nous l’avions rapporté à l’époque, ce dossier s’appuyait sur le plagiat d’un document rédigé par un universitaire américano-irakien concernant des « informations » vieilles de 10 ans.

Dans la première semaine de juin, la presse britannique a consacré de nombreux articles à la colère des responsables du renseignement devant la distorsion de leur travail à des fins politiciennes. Un précédent a été mentionné : celui de l’l’expédition de Suez de 1956, quand le premier ministre Anthony Eden avait manipulé les dossiers pour exagérer la « menace de Nasser ». Après la débâcle de Suez, Eden dut démissionner.

Plusieurs enquêtes ouvertes sur la manipulation des renseignements concernant l’Irak

Aux Etats-Unis, la façon dont on a falsifié les renseignements de manière à justifier une guerre contre l’Irak, a alarmé de nombreux officiers du renseignement, anciens et actuels, ainsi que des personnalités politiques. Cette falsification est devenue le thème central de nombreux médias, notamment le Time et Newsweek, ainsi que le New York Times et le Washington Post.

Deux agences sont particulièrement sur la sellette : d’une part, le Bureau des plans spéciaux (BPS), l’unité de renseignement du Pentagone mise sous la tutelle du sous-secrétaire à la Défense, Douglas Feith et dirigée par Abram Shulsky, et d’autre part, la CIA elle-même, qui a subi des pressions intenses afin de produire des dossiers confortant la politique pro-guerre du vice-président Dick Cheney et du ministre de la Défense Donald Rumsfeld.

Diverses investigations ont donc été ouvertes. La CIA a enquêté sur la qualité des renseignements concernant l’Irak, fournis par la centrale elle-même et par le Bureau des Plans spéciaux (BPS). Au Congrès américain, deux commissions du Sénat prévoient des auditions sur le sujet à la mi-juin, et la Chambre devrait mener de son côté une enquête similaire. Comme l’ont fait remarquer des parlementaires des deux partis, les révélations sur la manipulation du renseignement mettent en cause la crédibilité du gouvernement, du Congrès et des services de renseignement.

Par ailleurs, Brent Scowcroft, président du Foreign Intelligence Advisory Board du Président (PFIAB), a été chargé d’examiner les affirmations douteuses faites par Colin Powell lors de son discours du 5 février dernier au Conseil de Sécurité, en particulier la citation de documents notoirement falsifiés sur de prétendus achats d’uranium par l’Irak au Niger. Cette question est aussi soulevée par le député démocrate Henry Waxman, dans deux lettres adressées au président Bush en date du 17 mars et du 2 juin, demandant des explications sur l’utilisation par de hauts responsables tels que Cheney, Rumsfeld et Bush « de preuves falsifiées sur les efforts irakiens pour obtenir du matériel nucléaire. » Informé de cette lettre, LaRouche a déclaré le 7 juin qu’il était urgent pour la sécurité nationale, de déterminer « qui savait quoi, et depuis quand ? »

L’enquête du PFIAB a été spécialement réclamée par un groupe d’anciens analystes de la CIA appelé Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS). Le 1er mai, le groupe VIPS a envoyé au président Bush une lettre ouverte sur le « fiasco du renseignement », dans laquelle il dénonce la manipulation du renseignement pour des raisons politiques, du moins concernant l’Irak. La lettre demande au Président s’il est conscient du degré de révolte au sein de la communauté du renseignement, et notamment de la CIA, avant de rappeler que « dans le métier du renseignement, il y a un péché impardonnable : trafiquer les renseignements pour les rendre conformes à une politique donnée. » C’est le groupe VIPS qui recommande explicitement l’ouverture d’une enquête par le général Brent Scowcroft.

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