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Au sujet des attaques contre le passé militaire de John Kerry

La rédaction
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Depuis la Convention démocrate de Boston, une organisation dénommée « Swift Boat Veterans for Truth » (« les anciens patrouilleurs pour la vérité ») organise la diffusion de messages publicitaires télévisés accusant John Kerry d’avoir menti sur son comportement au cours de la guerre du Vietnam. Il s’agit en réalité d’une opération montée par un groupe de républicains ayant été impliqués dans l’affaire Watergate. Ils sont financés par de riches Texans, comme Robert J. Perry, proches du député conservateur Tom Delay.

Le 20 août, Kerry a riposté avec force aux calomnies propagées par ce groupe de vétérans de l’unité de patrouilleurs rapides dont il a lui-même été un commandant au Vietnam. Et le lendemain, il a déposé une plainte devant la Commission électorale, accusant ce groupe de liens illégaux avec la campagne de Bush. Devant le congrès de l’Association internationale des sapeurs-pompiers, Kerry a déclaré qu’il avait appris, il y a trente ans, que « lorsque vous êtes attaqués, la meilleure des choses à faire est de foncer avec votre bateau sur l’agresseur », précisant que « c’est bien ce que j’ai l’intention de faire aujourd’hui ». Ces « anciens patrouilleurs » « ne s’intéressent pas à la vérité. Avant mon investiture présidentielle, ils n’existaient même pas. (...) Ils sont financés à hauteur de centaines de milliers de dollars par un contributeur républicain du Texas. Ils sont un écran pour la campagne de Bush. Et le fait que le Président ne les ait pas dénoncés est particulièrement significatif - il veut qu’ils fassent le sale boulot pour lui. » Si Bush « veut que nous ayons un débat sur ce que NOUS avons fait, lui et moi, au Vietnam, qu’il sache que je suis prêt. » A propos de la situation actuelle, le candidat démocrate a estimé que George W. Bush est responsable du désastre en Irak et qu’il « doit des explications au peuple américain ».

L’attaque contre John Kerry sur son passé militaire a conduit Lyndon LaRouche à rédiger le 15 août une déclaration sur l’équipe Bush-Cheney, dans laquelle il note que « la question est très simple : le président Bush et Dick Cheney, qui avaient tous deux réussi à échapper à leur service militaire au Vietnam, s’en prennent au sénateur Kerry qui, lui, s’est bel et bien battu. (...) Nombreux sont ceux qui, comme Bush et Cheney, ne sont pas partis au Vietnam, dont certains parce qu’ils étaient objecteurs de conscience. Bush et Cheney n’ont jamais invoqué un cas de conscience. Il y a de bonnes raisons de penser que Cheney n’a pas de conscience, et il reste encore à examiner l’ordonnancement des processus mentaux de Bush avant de pouvoir se prononcer de manière compétente sur le sujet. (...) Le sénateur Kerry est l’un de ceux qui, bien que trompés, ont participé de bonne foi à la guerre de McNamara en Indochine. Deux planqués de cette guerre, Bush et Cheney, viennent d’user de mensonges publics, de concert avec le Premier ministre impérialiste fabien Tony Blair, pour entraîner le monde dans une série de guerres asymétriques en Asie du Sud-Ouest, qui risquent de se propager à la Chine, à la Corée du Nord et ailleurs, dans un avenir relativement proche. » LaRouche note que les états de service de Bush et Cheney pendant la guerre du Vietnam sont connus et que « leurs attaques sur le passé militaire de Kerry montrent que ce sont des hommes dépourvus d’honneur ». Cette déclaration de LaRouche a été longuement citée dans une dépêche d’UPI datée du 19 août, sous le titre « LaRouche soutient Kerry sur le Vietnam ».

Le spot des « anciens patrouilleurs » a également été dénoncé par des républicains. C’est ainsi que le sénateur John McCain a qualifié ces calomnies de « malhonnêtes et déshonorantes », s’étonnant que le Président cautionne un tel coup bas. Mais le porte-parole de ce dernier, Scott McClellan, est resté volontairement évasif lorsqu’on lui a demandé le 5 août de commenter la déclaration du sénateur d’Arizona.

Il n’est pas inutile de rappeler ici les états de service des différents personnages concernés par cette controverse :

  • John Kerry : s’est porté volontaire alors qu’il était étudiant à l’université de Yale, a été lieutenant de Marine jusqu’en 1969, puis réserviste jusqu’en 1979. Pour son comportement au Vietnam, il a obtenu les décorations suivantes : une Silver Star, une Bronze Star (rang combat V) et trois Purple Hearts.
  • Dick Cheney : a été réformé à plusieurs reprises en raison de son statut d’étudiant. Le 19 janvier 1966, il obtint le statut 3.A, soit réformé pour des raisons familiales, à cause de la grossesse de sa femme, Lynne. En 1989, Cheney déclara au Washington Post : « J’avais d’autres priorités, dans les années 60, que le service militaire. »
  • George W. Bush : d’abord libéré des obligations militaires en raison de ses études, il rejoignit ensuite en mai 1968, soit douze jours avant l’expiration de son sursis, la Garde nationale aérienne du Texas. Vingt-deux mois plus tard, vers mars 1970, Bush s’installa à Mobile (Alabama) mais ne se présenta à aucun exercice militaire pendant six mois. De retour au Texas, il fut noté « relâché « . Cette même année, il ne se présenta pas à sa visite médicale annuelle. Cependant, son service reste un mystère en raison de la « disparition » de tous les documents s’y rapportant.

Soulignons que le chef de ces « anciens patrouilleurs », le lieutenant John O’Neill, a été coopté au début des années 70 par Chuck Colson, un protagoniste important du Watergate. A l’époque, O’Neill dirigeait le groupe « Vétérans du Vietnam pour une paix juste », qui s’opposait à celui créé par John Kerry des « Vétérans contre la guerre ». Colson organisa pour O’Neill des réunions avec Richard Nixon et Henry Kissinger et fit parvenir des fonds à son groupe.

Dans les annonces télévisées du groupe des vétérans, l’ancien officier supérieur de Kerry, le commandant George Eliot, est présenté comme un « témoin clef » affirmant que le candidat démocrate n’avait pas mérité sa médaille d’argent. Cependant, Eliot a déclaré par la suite au Boston Globe qu’il avait fait « une terrible erreur ». En 1996, lors de la campagne de Kerry pour le Sénat, le même Eliot avait défendu le candidat contre des accusations similaires. Il n’a pas précisé pourquoi, cette fois-ci, il a joué le jeu des républicains.

Jim Rassmann, un ancien combattant des forces spéciales dont Kerry a sauvé la vie au Vietnam, a confié au Wall Street Journal du 10 août : « Aujourd’hui, 35 ans après les faits, quelques anciens des patrouilleurs financés par les républicains multiplient les mensonges à propos du comportement de Kerry. (...) En fait, ils le qualifient de traître parce qu’il a dénoncé la politique de l’administration Nixon au Vietnam . »

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