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Avec la guerre de Libye, Sarkozy et Juppé ont ruiné la politique étrangère française

La rédaction
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4 novembre 2011 (Nouvelle Solidarité) — Dans la nuit du 4 octobre, la Chine et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont opposé leur droit de veto à un projet de résolution condamnant la répression en Syrie.

Alors que l’ambassadrice américaine à l’ONU Susan Rice a déclaré que « Les Etats-Unis sont furieux du fait que ce Conseil ait complètement échoué » dans sa tentative de traiter « un défi moral urgent et une menace croissante à la paix régionale », Moscou et Pékin soulignent que la résolution de l’ONU autorisant l’usage de la force pour protéger les civils en Libye avait été totalement détourné par l’OTAN pour faire tomber le gouvernement du colonel Kadhafi.

Le directeur du Centre d’études stratégiques de Damas, Imad Fawzi al-Shuaibi notait que la question syrienne est devenue un enjeu central dans un combat global qui oppose d’un coté l’Union européenne et les Etats-Unis, tout deux frappés de déclin et d’effondrement financier imminent, et de l’autre coté une Asie, sous le leadership de la Russie, la Chine et l’Inde, qui monte en puissance et continue à augmenter sa prospérité et son influence.

Le débat aux Nations unies sur les sanctions contre la Syrie prenait ainsi les allures de la crise de la « Baie des cochons » [1] dont l’enjeu n’avait rien de local mais mondial.

Pour le Docteur Shuaibi, depuis l’effondrement des grands blocs, c’est un triumvirat néo-colonial formé par les Etats-Unis, les Britanniques et la France qui vise à abolir le principe de souveraineté nationale en y substituant le principe « d’interventions humanitaires » servant de prétexte à un ordre néo-colonial dictant des changement de régime en fonction de leur compatibilité avec les objectifs des anciennes puissances coloniales.

Le Docteur Shuaibi relève que la résolution contre Damas fut introduite par l’Angleterre et la France, qui persistent à croire que, depuis les accords Sykes-Picot (1916), l’Asie du sud-ouest est devenu leur zone d’influence. Il rappelle que c’est Tony Blair, un ennemi de la souveraineté nationale [2], qui est un des architectes de l’alliance franco-britannique actuelle. Au passage, le docteur Shuaibi regrette qu’en politique étrangère, le Président Sarkozy a totalement trahi la politique étrangère du Général de Gaulle.

Cette politique suicidaire qui fait perdre à la France ses alliés historiques contribuera sans doute à l’échec du G-20. D’après un article paru dans Le Monde du 3 novembre 2011, la France a subi de plein fouet cette année les critiques de pays « émergents » que le chef de l’Etat s’employait à courtiser au travers de « partenariats stratégiques ».

Pour l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, dont « l’approche souverainiste des relations internationales est souvent en phase avec celle de la Russie et de la Chine », la « pilule » libyenne a été difficile à avaler. « Ils ont vu le changement de régime au nom de la ‘protection des civils’ comme un retour à des réflexes coloniaux et une instrumentalisation de l’ONU », constate Le Monde.

Avec le président de l’Afrique du Sud, les relations sont les plus tendues. Alors que Jacob Zuma, dont le pays est un pilier de l’Union africaine s’était positionné comme protecteur de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, Sarkozy était décidé de mettre ce dernier hors état de nuire. A cela, il faut ajouter que l’UA a été déconsidérée dans l’affaire libyenne, en dépit des deux tentatives de médiation du président sud-africain à Tripoli auprès de Mouammar Kadhafi.

Un autre soutien avait manqué lors du vote sur les sanctions contre Damas, celui de la Ligue Arabe. Alors que son soutien fut décisif pour l’adoption à l’ONU, le 18 mars 2011, de la résolution 1973 autorisant l’emploi de la force armée en Libye, elle refuse actuellement de durcir sa position contre le régime syrien estimant qu’elle a été piégée par la France.

Amené par la diplomatie brésilienne, le groupe IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) a également tenté cet été, sans aboutir, une médiation auprès du président syrien. Le fossé séparant la France du Brésil à propos de la Libye a été béant car le pays craint que tout processus de sanctions déclenchera un engrenage d’ingérence extérieure.

Avec l’Inde, « les échanges ont été acrimonieux à l’ONU, la France se faisant accuser de ‘crimes de guerre’ en Libye ».

L’ironie de l’histoire, c’est que Sarkozy et son G-20, pour sauver le système financier aux abois, n’hésitent pas à solliciter les mêmes pays émergents au secours ! Depuis l’affaire libyenne, s’ils ne mettent pas la main à la poche, ils savent ce qui leur attend !

Au centre de cette alliance néo-coloniale Franco-britannique : Tony Blair, partisan de frappes militaires contre l’Iran. On sait désormais que c’est pour lui faire plaisir que les Etats-Unis et la France ont liquidé Kadhafi, ce partenaire de Blair dont les révélations auraient dévoilé ce qu’il fallait mieux garder caché.


[1Le 17 avril 1961, des opposants à la révolution cubaine débarquèrent avec l’aide de la CIA pour renverser le régime castriste à Cuba. La tentative échouera.

[2Tony Blair, par ailleurs partisan d’une frappe militaire contre l’Iran, inspiré par son conseiller Robert Cooper, réclame depuis des années l’abrogation du Traité de Westphalie conclu en 1648 pour mettre fin à la guerre de trente ans.

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