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Bassam Tahhan à la France : ne soyez pas les moutons de Panurge des Etats-Unis !

La rédaction
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Le 7 août dernier, Bassam Tahhan, porte-parole du Collectif pour la Syrie, accordait un entretien à Christophe Jakubyszyn, chez Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV. Ce chercheur franco-syrien, professeur à Henri IV, lance un appel au gouvernement de la France pour qu’elle retrouve son exception légendaire.

Extraits :

CJ : Vous disiez que c’était un attelage un peu disparate, la rébellion syrienne. Il y a quand même des gens sincèrement convaincus qu’il faut mettre fin à cette dictature…

BT : Sûrement. Dans ces rangs de combattants il y a de tout, mais les citadins d’Alep ne peuvent pas prêter main forte à des mercenaires venus d’Afrique, d’Afrique du Nord. (…) Il ne faut pas se cacher la vérité. Il y a une internationale islamiste dont se servent les Etats-Unis pour casser la Syrie.

(…)

Le printemps arabe a été pour les Américains une occasion en or d’intervenir, de se dire « on ne pouvait pas rêver mieux ». C’est là qu’on voit l’hypocrisie de l’Occident, appelons un chat un chat. Au moment où ils envoient Koffi Annan, Clinton dit aux rebelles de ne pas déposer les armes ! (…) Dès le début, le « Club de Paris » a fait comprendre à Alain Juppé que la Syrie c’est comme la Libye : elle va tomber en quelques jours. Certains se voyaient déjà ministres en Syrie, avec le tapis rouge déroulé. On s’est trompé.

La Syrie n’est pas la Libye (…) La Lybie ne représente pas un endroit stratégique, c’est un puits de pétrole, pour simplifier ! Mais la Syrie est un pays lourd d’histoire, le berceau de l’humanité, le début de l’alphabet, le début des partis politiques du XXe siècle, le réveil arabe, le parti Baas, Michel Afflak… (…)

Il faut replacer cette guerre syrienne, pas simplement dans le cadre du printemps arabe, mais dans le contexte de la lutte Est/Ouest. Cela explique aussi pourquoi Russie et Chine soutiennent la Syrie. S’ils perdent la Syrie, ça veut dire que les Américains et l’Occident auraient terrassé à la fois le Dragon et le Grand Ours.

CJ : Vous êtes membre du Collectif pour la Syrie. Qu’est-ce que ce collectif ?

BT : Nous voulons un pays libre, démocratique, indépendant, qui ne subisse aucun dictat de l’Occident et représente aussi la résistance intérieure, parce que toutes ces instances qui représentent prétendument la résistance, la révolution ou le printemps arabe sont pratiquement isolées…

CJ : Parlons de cette résistance. On a d’un côté l’Armée syrienne libre, composée de déserteurs de l’armée de Bachar el-Assad qui se sont organisés à l’intérieur, et on a l’extérieur, depuis Istanbul, le Conseil national syrien (CNS), qui dit représenter les différentes sensibilités de la Syrie…

BT : Le grand problème c’est qu’il y a une rivalité entre les deux… à tel point qu’à un moment, le Conseil national syrien a voulu créer un bureau militaire pour court-circuiter l’Armée libre syrienne… Et ces gens ne peuvent exister sans le soutien du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la France. Laurent Fabius a hérité de ce dossier empoisonné d’Alain Juppé, qui avait reçu à l’époque un rapport très contestable sur la Syrie, un rapport qui n’avait pas été fait par des experts. Ce sont les erreurs du Quai d’Orsay… (…)

CJ : Laurent Fabius a annoncé qu’il se rendrait dans la zone mi-août. Est-ce une bonne chose ? On va dépêcher des médecins militaires en Jordanie…

BT : C’est une bonne nouvelle. Mais pourquoi des militaires ? Nous avons les « french » médecins, connus dans le monde entier. Ca me paraît un peu suspect : pensez que Laurent Fabius a un passé : quand il était Premier ministre, il y a eu l’affaire Greenpeace, des affaires de services secrets, ce journaliste portugais qui est mort… Moi, j’aurais préféré des civils.

CJ : Vous avez l’impression que la Syrie peut s’en sortir sans aide internationale ?

BT : On a besoin d’aide internationale. Fabius peut faire pression sur ce « Club de Paris » ici, pour impliquer tous les représentants du peuple syrien à Paris et pas uniquement ceux qui courtisent tel ou tel… La Syrie est variée ; il faut la prendre dans sa totalité.

CJ : Que doit-on faire militairement ? (…)

BT : L’erreur, c’était dès le départ. Ils ont demandé au CNS de ne pas négocier… il a toujours refusé toute négociation.

CJ : Il veut la chute de Bachar el-Assad…

BT : On aurait peut-être pu obtenir le départ de Bachar el-Assad par des négociations et éviter ces massacres. Maintenant, il est trop tard. L’armée syrienne, tôt ou tard, va réussir à étouffer les gens de bonne volonté qui portent des armes, les islamistes barbus à la moustache rasée et les mercenaires qui nous viennent d’Erythrée, d’Afrique du nord, de Libye.
Il faut dissocier. Il faut que nous, Français, ayons notre autonomie. On n’est pas obligés de suivre les Américains qui veulent casser cet axe chiite, ce croissant chiite, c’est-à-dire le Hezbollah, les Alawites de Syrie…

CJ : Les Alawites dont est issu Bachar el-Assad ne sont qu’une minorité en Syrie…

BT : Ils sont deux millions. Mais vous voyez, c’est cela la différence avec Kadhafi. Il y a une fibre religieuse. Pour ceux qui connaissent l’histoire musulmane de la Syrie, la côte, c’est la région des Assassins, de toutes les sectes… On est pris par toute une propagande américaine et on perd l’exception française. Moi, ce que j’aime en France, c’est son exception, et là on suit comme les moutons de Panurge.

CJ : Au Collectif pour la Syrie, vous êtes des observateurs…

BT : Nous avons des contacts avec l’intérieur, avec de nouveaux partis qui se sont créés, le parti Wahad qui est à Damas, et moi j’appelle de tout mon cœur les opposants de tous bords à arrêter cette guerre qui ne vise qu’à détruire la Syrie. Essayons d’aboutir au changement par la négociation. Mais là, ça devient une haine religieuse entre sunnites et chiites, contre laquelle je me révolte. (…)

CJ : Pourrait-on arriver à un réduit chiite ou Alawite, avec le soutien des Russes et des Chinois ?

BT : C’est un scénario très triste. Déjà la Syrie a été réduite. Depuis l’accord Sykes-Picot, la frontière de la Syrie avec la Turquie a reculé trois fois. Ce sont les Français, mandataires de l’époque, qui ont donné à la Turquie de grandes parties, riches en eau, de la Syrie ancienne. François 1er était intervenu pour défendre les minorités du Proche-Orient. C’était cela la grandeur de François 1er. J’espère que François Hollande en fera autant.
Tous ceux qui s’appellent chrétiens dans le monde [relèvent] d’Antioche. Les Actes des apôtres nomment les chrétiens pour la première fois. Et où ? A Antioche. La France a cédé Antioche à la Turquie à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, pour briser l’alliance entre la Turquie et l’Allemagne.

Résultat, on nous avait dit : « Nous sommes pour la défense des minorités », et vous avez décapité tous les chrétiens d’Orient… Vous les avez donnés à un pays qui a massacré un million et demi d’Arméniens ? Les Syriens ont offert le refuge à toutes ces minorités et ils continueront à le faire. (…)

Et là, je lance un appel aux vrais révoltés : il faut se dissocier de ces mercenaires djihadistes, la Syrie ne sera jamais [le pays] des Talibans, l’Islam sunnite est un islam tolérant, ouvert, qui a donné une civilisation extraordinaire. (…) Nous avons connu Descartes avant la France, enfin !

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  • petite souris • 25/08/2012 - 01:05

    Depuis l’accord Sykes-Picot, la frontière de la Syrie avec la Turquie a reculé trois fois. Ce sont les Français, qui ont donné à la Turquie de grandes parties, riches en eau, de la Syrie ancienne. François 1er était intervenu pour défendre les minorités du Proche-Orient. C’était cela la grandeur de François 1er.... La France a cédé Antioche à la Turquie à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, pour briser l’alliance entre la Turquie et l’Allemagne.

    Nozélites se devraient de connaître l’histoire pour s’en servir !!!!!
    Nozélites veulent rester dans l’histoire même s’il faut trahir et sacrifier le peuple ..........

    C’est là le problème : l’ego, l’égoïsme, l’égocentrisme....

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