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Biocarburants : une catastrophe programmée

La rédaction

« En ce moment, il n’y a pas un seul boisseau de maïs disponible à Bruning, dans le Nebraska », commentait une représentante des Producteurs de porc, Joy Philippi, le 8 mars devant une sous-commission de la commission Agricole de la Chambre. Le prix des aliments pour le bétail a augmenté de 50 % depuis un an, en plus de l’accroissement de 50 % des prix énergétiques depuis 2004. Environ 58 % de la production de maïs aux Etats-Unis est destinée au fourrage, tandis que le pourcentage réservé à la production d’éthanol est monté en flèche, passant de 6 % en 2000 à 20 % en 2006. Le prix du maïs a doublé en un an. Or, comme l’a souligné Mme Philippi, « si nous ne trouvons pas de maïs, quel qu’en soit le prix, nous ne pouvons pas élever de cochons ». Actuellement, les réserves de maïs représentent 5 % de la production totale annuelle, ce qui veut dire qu’en cas de perturbation, même faible - par exemple une météorologie défavorable en 2007 - les réserves retenues sur une année pourraient être « négatives », pour reprendre le terme du département de l’Agriculture.

Les représentants d’autres secteurs ont brossé un tableau similaire. Pour résumer :

  • Bétail : le maïs représente 80 % de l’alimentation bovine. Certes, on peut y substituer des granulés (sous-produit de la distillation d’éthanol), mais les effets sur le bétail sont variables, notamment pour ce qui de la valeur nutritionnelle. Ces granulés secs sont en outre difficiles à manier.
  • Produits laitiers : « La révolution des biocarburants (...) a provoqué une onde de choc dans ce secteur pour ce qui est des coûts de fonctionnement », a déclaré Rob Wonderlich, un producteur de lait de l’Iowa. Le prix du fourrage pour les 62 000 producteurs laitiers américains a augmenté de 45 à 60 % en un an, sans parler de la hausse des coûts énergétiques.
  • Cochons : cet animal a le plus grand mal à digérer les sous-produits de distillation. On dit que chaque nouvelle usine d’éthanol crée 80 emplois, mais si un volume de maïs équivalent servait à la production de porc, on aurait 800 emplois de plus.

Tous se sont bornés à réclamer moins de subventions pour les producteurs d’éthanol, alors que c’est toute l’escroquerie des biocarburants qu’il faudrait dénoncer, tout en optant à fond pour le nucléaire.

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