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Blair a perdu toute légitimité en tant que Premier ministre

La rédaction
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La semaine du 26 janvier aura été l’une des plus mouvementées pour Tony Blair. S’il peut, certes, se targuer d’avoir gagné sur deux fronts, ce sont plutôt des victoires à la « Pyrrhus ». Le journal de la Société fabienne, New Statesman, très lu par les gens de gauche, écrivait en cette fin de semaine que Tony Blair n’a déjà plus aucun pouvoir, « il est temps qu’il quitte ses fonctions ».

Le premier test se déroula le 27 janvier, lorsque la Chambre des Communes vota le projet de loi sur la réforme de l’université, qui prévoit de transférer les coûts de l’éducation supérieure, de l’Etat aux familles des étudiants. Ceci fait partie des efforts « thatchériens » du gouvernement pour « privatiser » tous les secteurs vitaux de la société britannique. Le projet de loi a été adopté par 316 voix contre 311, c’est-à-dire à une majorité d’à peine cinq voix, alors que le Parti travailliste dispose d’une majorité de 161 sièges. Et encore, pour obtenir ce score, il semble que Blair ait fait d’importantes concessions à son opposition interne, et son rival travailliste, le ministre des Finances Gordon Brown, aurait demandé à ses partisans de ne pas faire dérailler le projet de loi. Cette réforme marque l’échec de la « troisième voie » économique de Blair, ainsi que la vulnérabilité de l’économie vis-à-vis des chocs provoqués par le système financier international.

Le deuxième front était la communication du rapport du juge Hutton, sur les circonstances ayant mené à la mort de l’expert en armements David KElly. Contre toute vraisemblance, Hutton a entièrement disculpé le gouvernement Blair.

Maintenant, selon nos sources, on assiste à « retour de flammes » contre ce « blanchiment complet », comme le titrait le magazine Spectator. Un expert britannique nous confiait le 29 janvier : « Ce rapport va au-delà du blanchiment. C’est scandaleux. Je peux à peine contenir ma colère. » Le lendemain, un autre disait qu’après la communication du rapport Hutton, « la position de Blair dégringole plus qu’elle ne monte. La confiance qu’on lui accorde est moindre qu’avant la publication du rapport ». Selon les sondages, une majorité estime que le rapport Hutton est inique. Près de la moitié des sondés pensent que Blair a menti pour engager la Grande-Bretagne dans la guerre d’Irak. Certains responsables démissionnaires de la BBC, comme Greg Dyke, accuse Downing Street de « brutalité systématique ». Il faut savoir que la BBC jouit d’un fort soutien parmi la population britannique.

Ironiquement, cette tentative d’étouffement par Hutton s’est produite au moment même où, de l’autre côté de l’Atlantique, David Kay, l’inspecteur en armements démissionnaire, déclarait au Congrès qu’il n’y avait aucune ADM en Irak. Même Condoleezza Rice, conseillère à la Sécurité nationale, met en doute l’existence de ces armes.

Il semble que la bataille fasse rage au sein de l’establishment britannique quant à l’avenir de Blair. Le 28 janvier, un historien britannique prévoyait le départ de Blair comme cela avait été le cas avec Eden après la débâcle de Suez, en 1956.

Comment Hutton a décidé d’étouffer l’affaire

Au cours des deux mois d’auditions publiques tenues par le juge Hutton, de nombreux éléments présentés tendaient à prouver que le gouvernement Blair avait effectivement « rendu plus sexy » son fameux dossier de septembre 2002 sur les ADM irakiennes, afin de rendre plus crédible l’imminence de la « menace irakienne », notamment aux yeux de la population. Cependant, le rapport final de Hutton est en contradiction avec ce qu’a révélé l’enquête elle-même. C’est ainsi qu’il juge la BBC, ainsi que le Dr Kelly lui-même, seuls responsables des circonstances ayant mené à la mort du scientifique.

Ce rapport final se base sur une astuce sophiste. Cherchant par tous les moyens à innocenter le gouvernement, lord Hutton conclut que le gouvernement Blair n’a pas « rendu plus sexy » le dossier, mais en même temps, il affirme que les éléments concernant l’existence d’ADM irakiennes ne sont pas de la compétence de son enquête. Dans une formulation véritablement étonnante, le rapport affirme qu’on ne peut exclure « la possibilité que le désir du Premier ministre d’établir un dossier qui, tout en étant cohérent avec les éléments disponibles, soit le plus ferme possible par rapport à la menace posée par les armes de destruction massives de Saddam Hussein, ait subconsciemment influencé » le Joint Intelligence Committee qui chapeautait l’enquête. Pour tout ce qui touche le fond de l’affaire, à savoir les jugements des experts sur les ADM irakiennes, lord Hutton estime qu’« une question d’une si grande importance, qui impliquerait la prise de considération de toute une série d’éléments de preuve », n’est pas du domaine de ses compétences.

Par exemple, comme nous l’avions rapporté à l’époque, le chef de cabinet de Tony Blair, Jonathan Powell, a déclaré le 18 août dernier qu’il avait envoyé un e-mail, une semaine avant la publication du dossier, dans lequel il constatait que le dossier ne démontrait pas de menace irakienne imminente. Or, une semaine plus tard, dans son introduction au dossier, Blair écrivait que Saddam avait « des plans militaires opérationnels prévoyant l’utilisation d’armes chimiques et biologiques pouvant être activées en l’espace de 45 minutes ».

De même, le rapport Hutton ne tient pas compte des preuves cruciales apportées à l’enquête par le Dr Brian Jones, du Defence Intelligence Staff (DIS) et proche collaborateur du Dr Kelly, selon lesquels de hauts responsables du DIS émettaient de sérieuses réserves sur les affirmations contenues dans le dossier à propos des armes chimiques et biologiques irakiennes, notamment les fameuses « 45 minutes ». Hutton a estimé que cela ne relevait pas de sa compétence.

Lord Hutton a aussi exclu de ses considérations finales une interview que le Dr Kelly avait accordée à Susan Watts, de la BBC, dans laquelle il exprimait des réserves sur le dossier de Blair. Ceci aurait sans doute appuyé la crédibilité d’Andrew Gillighan, spécialiste de la chaîne en matière de défense, qui avait affirmé que Blair avait « gonflé » le dossier.

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