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Bouclier anti-missile : la Pologne s’expose à des frappes nucléaires russes

La rédaction
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16 août 2008 (Nouvelle Solidarité), Paris — Jeudi soir, les négociateurs américains et polonais ont signé les accords d’installation des premiers missiles anti-missiles (ABM system) en Pologne en présence du ministre des affaires étrangères polonais, Radoslaw Sikorski. Le système radar permettant de guider les missiles anti-missiles sera installé en République Tchèque d’après l’accord signé à Prague le 8 juillet dernier en présence de la Secrétaire d’Etat étasunienne Condoleezza Rice.

Selon Le Figaro il s’agit « du premier dommage collatéral du conflit géorgien : une nouvelle crise de confiance entre la "vieille" et la "nouvelle Europe". Après avoir échoué à convaincre l’Union Européenne d’adopter une ligne dure contre la Russie, Varsovie, qui semble tout de même avoir pris ses distances par rapport à l’administration Bush, compte plus que jamais sur les Etats-Unis pour sa sécurité. »

Mardi à Tbilissi, le président polonais Lech Kaczynski faisait preuve d’une attitude encore plus démagogique, déclarant « Aujourd’hui c’est la Géorgie, demain ce sera au tour de l’Ukraine et, peut-être plus tard, celui de la Pologne. » A Varsovie, Jacek Saryusz-Wolski, un député libéral, a pour sa part déclaré que « si la Russie peut se comporter de cette façon avec la Géorgie, pourquoi ne le ferait-elle pas avec d’autre ? » Les présidents polonais et lithuanien, présents en Géorgie, n’ont pas hésité à comparer les efforts de médiation français à « un nouveau Munich » , et la presse polonaise a relayé le même credo attaquant Sarkozy pour avoir été trop conciliant avec l’ours russe.

Le lendemain de la signature de l’accord américano-polonais, le ministre des affaires étrangères russe a déclaré que la précipitation de Washington et Varsovie pour la signature de ces accords prouvait que ce système était « dirigé contre la Russie. » Déjà à la mi-juillet, la Russie avait fait savoir qu’elle ne resterait pas passive face à l’installation d’un bouclier anti-missile par Washington, qu’elle considère comme une menace pour son territoire. « Nous devrons alors répondre de façon appropriée » disait alors Medvedev.

Après sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel à Sotchi ce vendredi, Medvedev a rebondi sur l’accord américano-polonais qui, selon lui, « démontre tout à fait clairement ce que nous avions dit plus tôt : le déploiement prend pour cible la Fédération de Russie ». Ironisant à peine, il a ajouté que c’est « une triste nouvelle pour tous ceux qui vivent sur ce continent densément peuplé, mais ce n’est pas un drame ».

Avec encore plus de force, le général Anatoli Nogovitsine, chef d’état-major adjoint, a déclaré à l’agence de presse russe Interfax, que cet accord « ne peut pas rester impuni » et que la Pologne « s’expose à une frappe, à 100% ». Il rappelle que la doctrine militaire russe permet le recours à l’arme nucléaire dans certains cas précis : « contre des Etats disposant de l’armement nucléaire, contre les alliés des Etats disposant de l’armement nucléaire, s’ils aident ces derniers, et aussi contre ceux qui accueillent sur leur territoire les armes nucléaires des autres », a-t-il énuméré.

Le Monde rapporte que la colère russe s’est nettement accrue depuis que la Pologne a obtenu des batteries Patriot dernier modèle (PAC-3). La presse polonaise a également révélé que les Etats-Unis, sur les dix batteries qu’ils comptent installer, avaient l’intention d’en livrer cinq à des prix bradés.

A part l’accord sur le bouclier anti-missile, les Etats-Unis et la Pologne ont également signé un document séparé offrant des garanties de sécurité supplémentaires de la part des Etats-Unis et renforçant l’article 5 (la clause de solidarité) de la charte de l’OTAN. Selon le gouvernement polonais, le conflit entre la Russie et la Géorgie « a joué en faveur » de l’accélération de la conclusion de ces accords, et Sikorski a déclaré que « nous faisions désormais face à une situation internationale entièrement nouvelle. »

Pendant que le quotidien polonais Gazeta Wyborcza écrivait que les mots de Sarkozy ont réveillé de « mauvais souvenirs » et que « la vieille Europe n’écoute pas la Pologne », un observateur polonais observait que « cet accord, qui ne peut être considéré comme un accord purement antirusse, marque le début de la fin des pourparlers russo-polonais ».

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