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Brésil : le coup d’État « judiciaire » vise les BRICS

La rédaction
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Vladimir Poutine, Narendra Modi, Dilma Rousseff, Xi Jinping et Jacob Zuma, le 15 juillet 2014 à Fortaleza.
Crédit : itamaraty.gov.br

Conformément aux attentes, le Sénat brésilien s’est prononcé le 31 août en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff, faussement accusée d’avoir manipulé les comptes publics. Au moment de quitter le palais de l’Alvorada, Rousseff a clairement fait savoir que la lutte pour l’avenir de son pays était loin d’être terminée, bien au contraire :

Le projet progressiste, inclusif et démocratique que je représente a été interrompu par de puissantes forces conservatrices et réactionnaires. (…). Elles vont s’emparer des institutions de l’État pour les mettre au service du libéralisme économique et de la régression sociale les plus radicaux. (…) Écoutez bien : ils croient avoir eu le dessus, mais ils se trompent. Je sais que nous allons nous battre. (…) Nous allons reprendre nos efforts et notre route pour construire un Brésil où le peuple est souverain.

Rallier l’Amérique du sud aux BRICS

Au lendemain du coup « judiciaire », l’ancienne présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner a qualifié à juste titre l’événement de « composant d’une déstabilisation régionale mise en œuvre par des concentrations d’intérêts économiques internes et externes », contrariés d’avoir vu Rousseff rallier l’ensemble de l’Amérique du Sud aux BRICS à l’occasion du sommet de Fortaleza, en juillet 2014.

Lors d’un entretien avec Roberto Navarro sur Radio 10, Fernández a déclaré que le Brésil, l’Équateur, la Bolivie et son propre pays (lorsqu’elle était au pouvoir) ont été pris pour cible après avoir adopté une politique étrangère plus indépendante, en s’alliant avec la Russie et la Chine. Elle a précisé que « la rencontre organisée par Dilma au Brésil, avec le Mercosur, l’Unasur et les BRICS n’avait pas été vraiment appréciée par (…) les puissances extra-continentales » qui se cachent derrière le coup contre la présidence brésilienne.

Pendant le débat au Sénat, le sénateur Roberto Requiao a demandé aux partisans de la destitution s’ils étaient prêts « à faire face à une guerre civile »]. « Non ?, a-t-il poursuivi, alors creusez-vous des tranchées, car l’affrontement est inévitable. Le peuple brésilien qui a pris goût au progrès social depuis quelques années ne va pas accepter de retourner à la senzala [logement destiné aux esclaves]. »

« Les violeurs de la finance »

Partout en Amérique du Sud, on prend de plus en plus ouvertement conscience du fait que sont les « violeurs de la finance », comme les appelle Lyndon LaRouche, qui se cachent derrière le coup judiciaire au Brésil. Le gouvernement vénézuélien a « gelé » toutes relations diplomatiques avec le Brésil, et l’Équateur et la Bolivie ont rappelé leurs ambassadeurs pour consultation. Le gouvernement de l’Uruguay a qualifié le renvoi de Rousseff de « profondément injuste ».

La vice-ministre brésilienne de la Justice Ela Wiecko, qui a démissionné de son poste en protestation contre le coup, a déclaré à la revue Veja que de nombreuses personnes au sein des institutions partagent son point de vue. Selon elle, de nombreux prévenus accusés de corruption, qui avaient marchandé une peine moindre en collaborant avec le juge, ont également fourni des éléments à l’encontre de Michel Temer, qui a remplacé Rousseff à la présidence, suggérant ainsi qu’il risque de ne pas rester président très longtemps.

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