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Brésil : une dette impossible à payer

La rédaction
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Le prochain président brésilien se trouvera dans une situation inextricable. Ce sera très probablement l’ancien dirigeant syndical Ignacio da Silva (« Lula »), du Parti des travailleurs (PT), qui a reçu 46,5 % des suffrages au premier tour. Il s’est présenté comme un adversaire populiste de la mondialisation, mais la rumeur veut qu’il ait déjà donné, discrètement, des assurances au FMI.

Au second tour, le 27 septembre, il se trouvera en face de Jose Serra, le candidat représentant la continuité de la politique pro-mondialisation du gouvernement Cardoso, qui est arrivé deuxième avec 23 % des voix. Le troisième était Antonio Garotinho (18 %), suivi par Ciro Gomes avec 12 %. On s’attend à ce que la majorité des voix de ces deux derniers se reportent sur Lula, car ils s’opposent aussi à leur manière à la politique économique du gouvernement actuel.

Quel que soit le résultat du deuxième tour, le Brésil se trouve désormais au centre des événements stratégiques mondiaux, en raison de son incapacité à rembourser sa dette extérieure. Si le nouveau gouvernement suit les ordres du FMI, cela déclenchera une crise systémique - mais s’il ne le fait pas, le résultat sera le même.

Avec une dette s’élevant à 500 milliards de dollars, le Brésil est le plus gros débiteur de l’Amérique latine. La moitié de cette dette est libellée en dollars, l’autre est amarrée aux taux d’intérêt inflationistes du marché. Avant la fin de l’année, le gouvernement devrait verser plus de 20 milliards de dollars au titre du service de la dette.

Pendant la seule année 2002, la monnaie nationale, le real, a perdu 40 % de sa valeur par rapport au dollar, augmentant ainsi automatiquement le niveau d’endettement. A l’origine du désastre économique, on trouve les mesures d’austérité draconienne imposées par le FMI, le bradage des industries d’Etat et la réduction des investissements dans l’infrastructure. Rien que cette année, on a effectué une coupe claire de 10 milliards de dollars dans le budget, qui touche notamment la participation brésilienne à la Station spatiale internationale, la construction d’autoroutes, d’hôpitaux, etc.

Le 7 août dernier, le FMI a annoncé le plus grand plan de renflouement jamais accordé à un pays : un prêt de 30 milliards de dollars pour le Brésil. Ces mesures ficelées à la hâte n’étaient pas motivées par la gravité de la situation brésilienne en tant que telle, mais par la panique qu’inspire à Londres et Washington les possibles effets sur Wall Street d’une cessation de paiement brésilienne. Il s’agissait de sauver les grandes banques américaines comme JP Morgan Chase et Citigroup, ainsi qu’un certain nombre de banques européennes, en particulier espagnoles, qui tomberaient en faillite si le Brésil se trouvait en défaut de paiement.

Sur cette dette, 3 milliards de dollars arrivent à échéance après les élections et le reste en 2003. Il était prévu que le Brésil utilise ses 15 milliards de réserves monétaires pour renflouer le real et qu’il impose une politique d’austérité. Il devait ainsi tenir jusqu’en 2003, mais la somme était déjà épuisée en août. En septembre, une crise bien plus grave a éclaté et les turbulences d’octobre n’ont fait que commencer.

Un regard sur les commentaires de la presse de ces derniers jours donne une idée du niveau de panique qu’inspirent aux marchés financiers les possibles répercussions du défaut brésilien sur l’ensemble du système. Les médias de l’establishment, comme le Washington Post, BBC, Reuters et le Financial Times, ont parlé d’un « retournement de la vague » qui aurait des répercussions dans toute l’Amérique latine, d’autres, d’un rejet des politiques de libre-échange et de mondialisation, ayant des conséquences imprévisibles pour le système financier mondial. Associated Press a écrit : « Pour tout dire, plus des trois-quarts de l’électorat a rejeté le candidat du gouvernement, Serra, et les politiques de libre-échange qu’il avait promis de poursuivre (...) La désillusion quant aux politiques de libre-échange ne se limite pas au Brésil, mais fait partie d’un mécontentement d’une dimension régionale à l’égard des marchés dérégulés . »

Le 8 octobre, le président du Dialogue inter-américain, Peter Hakim, écrivait dans une tribune libre du Washington Post que le Brésil a urgemment besoin de 60 milliards de dollars pour couvrir ses exigibilités à court terme. Etant donné que les flux monétaires vers l’Amérique latine vont bientôt se tarir - question clé à l’ordre du jour de la réunion annuelle du FMI - le résultat en sera un effondrement financier régional avec des répercussions internationales évidentes.

Le même jour, lors d’un séminaire à la London School of Economics, le spéculateur George Soros a estimé à 50 % la probabilité que le Brésil fasse faillite. Si l’on n’arrive même pas à sauver un pays comme le Brésil, alors « il y a un vrai danger d’effondrement systémique de l’ensemble du système financier mondial », a-t-il déclaré.

Reste à savoir si le prochain président brésilien mettra en oeuvre les propositions de LaRouche pour sortir de la crise - procédure de redressement judiciaire financier en bonne et due forme, gel des dettes illégitimes et octroi de crédits pour la reconstruction de l’économie réelle - ou si l’on assistera à un mouvement jacobin jetant le Brésil et le continent sud-américain dans le chaos et l’anarchie ?

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