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Bush en retrait sur la politique énergétique

La rédaction
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Il y a trois semaines encore, lors de son voyage en Californie, le président George W. Bush rejetait catégoriquement l’appel du gouverneur Gray Davis pour un plafonnement des prix de l’énergie. Une telle mesure allait effectivement à l’encontre de l’un des dogmes libéraux auxquels il tient le plus. Depuis, il a dû faire machine arrière. Bien sûr, pour tenter de sauver la face, la Maison Blanche parle d’« apaisement des prix », mais il s’agit bien d’un « plafonnement », même si le niveau fixé reste plutôt généreux pour les cartels de l’énergie.

Il y a six mois, alors que la crise énergétique en Californie atteignait son premier crescendo, Lyndon LaRouche était pratiquement le seul, sur la scène politique américaine, à réclamer un plafonnement des prix comme élément essentiel pour un retour à un marché régulé de l’électricité, faisant notamment remarquer que « des limites supérieures, dans le cadre d’une structure des prix bien calculée, ont toujours été un aspect central d’un système énergétique réglementé avec succès ».

Le 18 juin, la Commission fédérale de régulation de l’énergie (FERC en anglais), l’organisme qui, à Washington, réglemente les prix de gros de l’électricité et du gaz naturel, est revenue à l’unanimité sur sa position antérieure pour annoncer qu’elle allait dorénavant imposer un « apaisement général des prix » pour la Californie jusqu’à l’été de l’année prochaine.

Quatre jours auparavant, tous les commissaires de la FERC avaient reçu une lettre du député républicain WJ Tauzin (Louisiane), actuellement président de la Commission de l’Energie de la Chambre, co-signée par le député Duncan Hunter (Californie) et ses homologues de l’Oregon, du Texas et du Nouveau Mexique. Dans cette lettre, ils appellent la FERC à « assurer un approvisionnement énergétique fiable, à des prix justes et raisonnables, pour les consommateurs de Californie et de l’Ouest [des Etats-Unis] au cours de cet été et par la suite ». La Maison Blanche a confirmé que le Président était au courant de cette missive. L’on comprend aisément que la volte-face de George Bush vise surtout à empêcher un désastre politique pour les républicains en novembre 2002, et peut-être même la perte de la Chambre des représentants.

Dès le mois de mai, la FERC avait imposé en Californie certains contrôles de prix temporaires et « expérimentaux », limités à des situations d’urgence énergétique. Depuis, les prix de gros ont donc baissé de manière significative (de 234 dollars le mégawatt heure à 50 dollars à la mi-juin). Suivant la nouvelle formule de la FERC, ces contrôles de prix limités vont maintenant être étendus à toutes les périodes de l’année, qu’il y ait urgence ou pas, et à l’ensemble de la région Ouest, soit douze Etats en tout. Beaucoup d’entre eux ont un gouverneur républicain qui n’échappe pas à la colère des électeurs face à la hausse explosive des prix de l’énergie.

Selon les dernières décisions de la FERC, un fournisseur d’électricité en gros est autorisé à facturer jusqu’à « 85 % du prix payé pendant la précédente période d’urgence énergétique pour le mégawatt produit par la centrale la moins efficace et donc la plus chère. » En indexant les prix de l’énergie sur la centrale la moins efficace, la FERC veut inciter les fournisseurs à ne pas délaisser le marché californien, tout en limitant leur « avidité ».

Le gouverneur Davis, qui envisagerait de se présenter à l’investiture présidentielle démocrate en 2004, a mené une campagne médiatique très efficace ces dernières semaines, accusant Bush de refuser le plafonnement des prix afin de ne pas nuire à ses « amis dans l’industrie texane de l’énergie » comme Enron, Reliant, El Paso Gas. Ceux-ci font déjà l’objet d’enquêtes officielles en Californie et de la part du Sénat (à majorité démocrate), pour collusion et manipulation des prix pendant l’urgence californienne.

Pour son enquête, le ministre de la Justice californien a demandé à des compagnies énergétiques de lui fournir différentes données, notamment du courrier électronique, des logiciels, des résultats commerciaux internes et d’autres informations relatives à la fixation des prix de gros. Parmi les entreprises concernées, on trouve Dynegy, Duke Energy et Williams Energy, toutes trois poursuivies en justice par le vice-gouverneur californien Bustamante pour collusion dans le but de faire monter les prix. L’administrateur du réseau électrique californien, l’ISO, enquête sur les tarifs facturés depuis octobre dernier, au moment du début de la crise, et estime que les grossistes ont surfacturé l’Etat d’au moins 6,7 milliards de dollars. Les plus importants fournisseurs d’électricité en gros sur le marché californien sont Williams Co., d’Oklahoma, Dynegy, Reliant Energy, Enron Corp. (toutes trois du Texas), Duke Energy, de Caroline du Nord, et la Mirant Corporation d’Atlanta (Géorgie). Le plus important fournisseur de gaz naturel - le principal combustible utilisé dans les centrales californiennes - est une autre compagnie texane, El Paso Natural Gas Co. Elle fait l’objet d’une autre action en justice et d’une enquête de la part de la FERC.

Le 20 juin, dans une déposition devant la Commission sénatoriale des relations gouvernementales, présidée par l’ancien candidat à la vice-présidence démocrate, Joe Lieberman, le gouverneur Davis a maintenu les républicains sur le gril : « On doit aux Californiens des milliards de dollars pour les rembourser des prix excessifs payés pour l’électricité. Il est inconcevable que la FERC ait regardé ailleurs pendant que les sociétés énergétiques soutiraient jusqu’à neuf milliards de dollars à notre Etat. »

En réponse à ces accusations, la FERC a organisé, à partir du 25 juin, deux semaines d’auditions extraordinaires qui, chose inhabituelle à Washington, se poursuivront même pendant le week-end. Des responsables de l’Etat de Californie y seront entendus, ainsi que des représentants des secteurs de production, de commercialisation et de distribution d’énergie, comme Enron, Reliant et Dynegy. On discutera de possibles remboursements. Les géants de l’énergie, bien évidemment, protestent. Ils nient farouchement avoir fait quoi que ce soit de répréhensible. Mais les profits mirobolants qu’ils ont encaissés avec fierté ces neuf derniers mois ne leur ont pas gagné la sympathie du public, fait que la Maison Blanche a de toute évidence pris en compte.

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