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Bush va-t-il renflouer l’Argentine ?

La rédaction
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A l’occasion de l’une de ses premières déclarations officielles, le nouveau secrétaire au Trésor, Paul O’Neill, a critiqué le FMI et les gouvernements qui ont versé des milliards de dollars afin de stabiliser les économies asiatiques et d’autres ayant « refusé de mettre leur propre maison financière en ordre » auparavant. O’Neill a dénoncé cette méthode de renflouement, parce qu’elle encourage les banquiers occidentaux à accorder des milliards de dollars de prêts hautement douteux à des pays comme la Thaïlande et la Russie en sachant qu’en cas de crise d’insolvabilité, les banques seraient considérées par le FMI et les gouvernement du G-7 comme « trop grandes pour tomber ». O’Neill a martelé que ceci créait un climat d’irresponsabilité chez les banquiers.

Cent jours seulement après être entré en fonctions, O’Neill doit faire marche arrière. Il semble que la Maison Blanche ait déjà demandé, le 19 avril, au FMI de fournir des milliards de dollars afin de juguler la crise financière et bancaire en Turquie.

L’Argentine risquant, selon certaines sources, d’être en cessation de paiements sur ses 128 milliards de dettes libellées en dollars, des financiers rapportent que Washington est sur le point de lui accorder un renflouement conséquent. Non seulement le Trésor américain veut que le FMI verse plus d’argent à l’Argentine, qui a déjà obtenu du Fonds un « paquet » de sauvetage de 40 milliards de dollars en décembre dernier, mais, face au risque de contagion, il envisagerait même de puiser dans son Fonds de stabilisation de la monnaie du département au Trésor. C’est le fonds, dont l’utilisation est à la seule discrétion du Président, qui a été utilisé en 1994 pour négocier la crise du peso au Mexique à hauteur de 50 milliards de dollars.

Si l’Argentine se trouve en cessation de paiement, ou si elle abandonne le lien fixe entre le peso et le dollar américain, la crise se répandrait en 48 heures dans la plus importante économie d’Amérique latine, le Brésil, avec ses 120 milliards de dette extérieure. Ensemble, les crises argentine et brésilienne pourraient faire chuter les banques new-yorkaises.

Alors que les taux d’intérêt des obligations du gouvernement argentin se situaient à 8,9 % au-dessus de ceux des bons du Trésor américain à dix ans, ils sont passés, en l’espace de dix jours, à 17,5 % au-dessus de ces taux. Le 23 avril, le gouvernement argentin a annulé l’émission prévue d’obligations à hauteur de 750 millions de dollars, parce que les banques argentines exigeaient un taux d’intérêt beaucoup trop élevé. Fait peu connu : cette émission d’obligations avait été au centre d’une action de dernier ressort engagée par le ministre des Finances, Domingo Cavallo, pour amener les banques locales à financer un déficit fiscal de 3,5 milliards de dollars d’ici mai.

Entre-temps, les citoyens argentins s’empressent de convertir leurs actifs en dollars. Du 23 au 25 avril, la quantité de pesos en circulation s’est contractée de 5 %. Du 18 au 25, les réserves du pays en dollars ont baissé de 2 milliards, pour atteindre 23,8 milliards de dollars. Le gouvernement doit rembourser quelque 24 milliards de dollars d’obligations cette année, dont 6 dans les 4 prochains mois. Le pays manque de dollars pour le service de sa dette : on parle de plus en plus de cessation de paiement. Ce serait alors le deuxième pays à le faire dans la période récente, après la Russie en août 1998. A l’époque, l’insolvabilité de la Russie avait conduit le système financier mondial au bord de l’effondrement total.

Le couplage avec le dollar porte préjudice aux exportations argentines, d’autant plus que le real brésilien, dévalué il y a deux ans, est beaucoup plus compétitif. Les tensions commerciales entre les deux pays s’intensifient, alors que l’Argentine plonge dans la récession économique. L’instabilité du système financier national est encore accrue par la perspective que Pedro Pau, directeur de la Banque centrale argentine, soit renvoyé sur la base d’accusations de blanchiment d’argent pendant le régime Menem. Pau est favorable à une dollarisation complète de l’Argentine, alors que le ministre des Finances, Cavallo, a récemment mis en question le couplage avec le dollar en proposant de coupler le peso à un panier de dollars et d’euros.

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