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Californie : La crise de l’électricité

La rédaction
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Le 4 janvier, la Commission californienne des services publics s’est réunie pour savoir si elle devait augmenter en urgence les tarifs des deux plus gros fournisseurs d’électricité de l’Etat - Pacific Gas & Electric Company (PG & E), et Southern California Edison (SCE)- qui se trouvent au bord de la faillite en raison des coûts démesurés de l’électricité. La crise est telle que le gouverneur démocrate de Calfornie Davis a tenu une réunion d’urgence avec le président de la Réserve fédérale Greenspan, le secrétaire au Trésor Summers, le président Clinton et le nouveau président George W. Bush.

En 1996, le parlement de Californie a adopté une loi dérégulant les distributeurs d’électricité, qui avaient produit et fourni du courant fiable à des tarifs stables depuis les années 30. On leur a fait vendre leurs centrales électriques afin de séparer la production et la distribution d’électricité. Des « producteurs indépendants » (IPP) en ont acheté la plus grande part. Les défenseurs de la dérégulation assuraient qu’en forçant les distributeurs à acheter leur courant sur un marché où les fournisseurs seraient mis en concurrence, le consommateur final bénéficierait d’une électricité moins chère. C’est exactement l’inverse qui arriva.

Curieusement, la loi de 1996 plafonne les prix de vente mais pas les prix d’achat. Or, ces dernières semaines, un hiver inhabituellement froid a balayé la Californie tandis qu’une pénurie nationale de gaz frappait le pays entier. Les prix de l’électricité ont explosé, entraînés par la spéculation. Il y a trois ans, SCE vendait son courant à 3,1 cents du kWh, légèrement au-dessus de son prix de production. Aujourd’hui, elle le vend toujours au même prix, mais elle est forcée de l’acheter au prix du marché - qui s’élevait le 13 décembre à un dollar du kWh, soit trente-deux fois plus cher. Voilà pourquoi elles sont menacées de faillite. Au 31 décembre, les deux compagnies SCE et PG & E avaient dépensé neuf milliards de dollars pour acheter cette année leur électricité ! Les banques, qui leur avaient prêté de l’argent afin qu’elles puissent continuer à fournir de l’électricité, refusent d’aller plus loin.

La Commission californienne des services publics a finalement accordé une augmentation de 9 % pour les particuliers et de 15 % pour les industriels, pendant une période de 90 jours. Loin des 25 à 30 % demandés par PG & E et SCE pour éviter la faillite.

La Californie importe 25 % de son électricité des Etats voisins, y compris de centrales hydroélectriques dans le Washington et l’Oregon. On estime qu’en janvier, il y aura un déficit énergétique de 4000 mW, soit 15 % de la demande, en Californie. Une sécheresse record a réduit la production hydroélectrique, mais même en temps normal, l’insuffisance des lignes de transmission limite la quantité de courant qu’elle peut importer.

Le problème fondamental est que la Californie n’a pratiquement pas construit de centrales électriques depuis quinze ans. Au niveau national, la consommation d’électricité a augmenté de 5 % depuis 1995 alors que les capacités de production n’ont augmenté que de 1,4 %.

Il y a trois ans, une loi votée par le Congrès fédéral accordait aux Etats l’autorité de déréguler l’électricité comme bon leur semblait. La Californie fut le premier Etat américain à mener son programme de dérégulation, mais vingt-cinq autres Etats ont des programmes similaires plus ou moins avancés. Le gouverneur Davis accuse les producteurs étrangers à l’Etat et la FERC (commission fédérale de régulation de l’énergie) d’être à l’origine de la récente crise : « Le problème est que le producteur peut aujourd’hui fixer les prix à sa guise. Seule la FERC peut exercer un contrôle sur eux et elle ne fait rien. Je ne vais pas laisser ces producteurs faire des profits de 800 à 900 % en mettant la Californie à genoux. Si la dérégulation échoue en Californie, elle est terminée pour l’Amérique. » Le gouverneur a ajouté que « la dérégulation a été un échec colossal à ce jour », mais il a néanmoins affirmé, à l’issue de sa rencontre du 27 décembre avec Bill Clinton et Alan Greenspan, vouloir « une transition vers la dérégulation totale ».

En décembre, la FERC a décidé de ne pas ordonner le plafonnement du prix de l’électricité, puisque cela serait, selon son raisonnement, inefficace. Le secrétaire à l’Energie Bill Richardson, bien que se disant préoccupé, a seulement déclaré que « les forces du marché doivent guider les prix », ce malgré la demande de plafonnement formulée par les gouverneurs de cinq Etats de l’ouest américain, suite à une réunion d’urgence à Denver. Quant au président George W. Bush, Davis pense qu’il ne se laissera pas « aveugler par des considérations idéologiques », mais il est peu probable que Bush soutienne le contrôle des prix de l’électricité ou du gaz naturel. Le plus grand revendeur américain est le groupe Enron, basé à Houston (Texas) et proche du clan Bush.

Lyndon LaRouche a appelé le Congrès et les Etats à prendre des mesures immédiates pour abolir la législation sur la dérégulation de l’énergie et remettre sur pied le système de production et de distribution énergétique intégrée et régulée introduite par Roosevelt dans les années 30.

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