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Caucase : la Grande-Bretagne modifie sa stratégie

La rédaction
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Au cours des six dernières semaines, on a pu remarquer une évolution certaine de la stratégie britannique vis-à-vis de la Russie, du Caucase et de l’Asie centrale. Comme nos lecteurs le savent, les Britanniques et les milieux anglophiles aux Etats-Unis promeuvent une version moderne du « Grand jeu » en Eurasie dans le but d’assurer la désintégration du flanc sud de la Fédération russe, ainsi que la déstabilisation de la Chine et l’Inde.

Dans la période allant de juin à août, qui a débouché sur l’insurrection des « rebelles islamistes » au Daguestan, les Britanniques prônaient ouvertement l’extension de l’OTAN, sous une forme ou une autre, dans le Caucase. Cette même ligne était défendue par des responsables géorgiens et azéris. En même temps, des « insurrections islamistes », lancées à partir de l’Afghanistan et soutenues par les Britanniques, ont vu le jour au Kirghizistan et Tadjikistan, en Asie centrale.

Le jeu britannique a cependant été sérieusement miné par les exposés publiés entre juillet et septembre dans des journaux et revues associés à Lyndon LaRouche. L’analyse de LaRouche sur la nature de cette opération géopolitique a trouvé un écho non seulement en Russie mais aux Etats-Unis, en Inde, en Chine et en France. Conscient qu’il risquait de perdre le contrôle de la situation, l’establishment anglo-américain a signalé cette crainte dans un article de première page du Los Angeles Times du 27 septembre, qui mettait en garde contre la « menace » que représentait pour les Etats-Unis « une coalition naissante entre la Chine, l’Inde et la Russie ».

L’establishment diplomatique britannique et ses alliés américains ont dû se rendre à l’évidence que cette première option de soutien ouvert aux rebelles risquait d’entraîner en réaction un renforcement du « triangle » Russie-Inde-Chine. Le potentiel de ce « triangle » a été esquissé dans un long article du Neue Zuercher Zeitung du 19 octobre.

Soudain, Londres a changé de ligne pour tenter de gagner la Russie, via Washington, à un soi-disant « front uni » contre Osama bin Laden et le terrorisme « islamiste ». Après les attentats sanglants à Moscou des 9 et 13 septembre, les dirigeants russes ont lancé une offensive à grande échelle contre la Tchétchénie qui est devenue, depuis lors, une deuxième guerre tchétchène. Dans la capitale russe, on la présente comme une campagne visant à « écraser le terrorisme » en Tchétchénie.

Viktor Tchernomyrdine, ancien Premier ministre russe et chef du géant du gaz Gazprom, a évoqué cette nouvelle ligne lors d’un discours le 30 septembre à Washington. Il s’est livré à une tirade contre bin Laden, le traitant de « cerveau du terrorisme en Tchétchénie » et réclamant une coopération américano-russe dans la lutte contre le terrorisme « islamiste ». Le 14 octobre, les deux pays ont présenté une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, et adoptée à l’unanimité, laquelle permet d’imposer des sanctions contre le mouvement afghan des Talibans s’il ne livre pas bin Laden. Par ailleurs, dans un discours à Londres le 18 octobre, le chef d’état-major adjoint de la Russie, le général Valery Manilov, a présenté la lutte contre les rebelles tchétchènes comme une lutte contre le terrorisme. Manilov a eu de nombreuses rencontres avec des responsables britanniques. Puis, les 18 et 19 octobre à Moscou, les ministres de l’Intérieur et de la Justice du Groupe des Huit se sont rencontrés à Moscou où le thème de la lutte contre le terrorisme figurait en bonne place sur l’agenda.

Par ailleurs, un stratège russe qui a toujours fustigé la politique russe vis-à-vis de la Tchétchénie nous a toutefois confié le 18 octobre que la possibilité d’un accord sur le terrorisme entre la Chine, l’Occident et la Russie se renforçait. Le lendemain, un expert britannique sur la Russie proche du renseignement, qui est aussi l’un des architectes de la stratégie de Grand jeu en Eurasie, a rappelé un intéressant parallèle historique : dans les années 30, la Grande-Bretagne avait aidé Hitler à prendre le pouvoir « jusqu’à ce qu’il se retourne contre nous » et, dans les années 80, elle a créé et soutenu des mouvements fondamentalistes islamistes, dont les Talibans, qui sont désormais considérés comme des adversaires mortels.

Il faut cependant souligner que l’objectif géopolitique sous-jacent poursuivi par l’establishment britannique et ses alliés américains n’a pas changé. Leur nouvelle option « indirecte » - consistant côté cour à encourager la Russie à opter pour une solution purement militaire, tout en formulant côté jardin quelques objections diplomatiques - a pour effet d’embourber la Russie dans une guerre prolongée en Tchétchénie d’où elle ne pourra pas sortir vraiment victorieuse. Les forces tchétchènes ont abandonné la moitié du territoire qu’elles contrôlaient auparavant mais, jusqu’à présent, elles n’ont pas vraiment riposté. Cela changera bientôt et la Russie se retrouvera dans un bourbier tchétchène.

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