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Ce que révèlent les déboires de Banco Santander

La rédaction
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10 juin 2011 (Nouvelle Solidarité) – Le Wall Street Journal  [*] a révélé hier soir la mauvaise opération de Banco Santander, la première banque espagnole, qui a raté une émission obligataire « sécurisée » de 1 milliard d’euros la semaine dernière ; seuls 50% des obligations mises en vente ont trouvé preneur, indiquant la défiance totale des autres banques envers Santander. Si l’information était restée secrète, c’est que l’événement est de portée systémique pour les banques et pour la zone euro : l’Espagne est le plus gros et le plus fragile des dominos de la dette souveraine européenne, et Banco Santander est la principale tête de pont continentale de la City de Londres et acteur-clé de son empire financier mondial.

« L’obligation, d’une durée de cinq ans, explique l’AFP , était adossée à des prêts que la banque avait accordés à des régions et municipalités en Espagne. Or les craintes sur la solidité de ce type d’émetteurs publics, qui représentent environ un quart de la dette souveraine espagnole selon le WSJ, se sont renforcées ces dernières semaines. La banque espagnole offrait pourtant une prime de 1,95 point de pourcentage au-dessus du taux de référence du marché (…) ».

Usuellement, si 5 à 10% d’une émission obligataire reste invendue, l’on considère déjà que l’opération est très mauvaise ; à 50% d’invendus, c’est votre sort qui en est scellé... De surcroît, la part restante de 500 millions d’euros retombe sur Santander mais aussi sur les trois banques qui s’étaient portées garantes de la transaction : le géant britannique HSBC, l’allemande Commerzbank et Société Générale.

Si cette somme est plutôt mineure au regard de la bulle financière (0,1 kerviel), les effets de cet échec sont d’autant décuplés que : 1- Santander, 7e banque européenne, était considérée aux côtés de BNP Paribas comme la banque la mieux cotée de « l’après-crise » ; et 2- L’épicentre de la crise de l’euro n’est pas la Grèce, mais l’Espagne, comme l’avait indiqué Lyndon LaRouche début 2010.

Santander, filiale de la City de Londres

Membre clé du cartel bancaire Inter-Alpha [**] fondé par la City de Londres en 1971 (parallèlement au démantèlement du système de Bretton Woods), Santander est intimement liée à la Couronne britannique. Ses activités européennes et sud-américaines sont imbriquées à celle de Royal Bank of Scotland, historiquement contrôlée par la famille royale. D’autre part, son PDG depuis 25 ans, Emilio Botin, est un proche du Duc de Westminster (première fortune britannique, cousin de la Reine Elizabeth II et parrain du Prince William), avec qui il a crée la bulle des produits dérivés adossés à des créances immobilières. Homme des renflouements et de l’austérité derrière Zapatero, Botin est désormais la cible des « Indignados » espagnols. Santander a également servi de bouée de sauvetage pour de nombreuses banques britanniques en difficulté, en particulier à l’été 2008 où elle a racheté Alliance & Leicester et Bardford & Bingley.

Opérateur historique de la finance sud-américaine, Santander est la première banque du continent où elle s’est lancée dans une conquête spéculative du pouvoir, et contrôle l’essentiel de la politique économique et monétaire du Brésil. Elle a été le bras de l’oligarchie anglo-européenne en Amérique du Sud.

L’épicentre espagnol et la BCE

La mésaventure de Santander la semaine dernière touche autant sa crédibilité que celle de la dette publique espagnole dont la chute sera fatale au système euro. En refusant d’acheter les obligations de Santander gagées sur ses créances aux collectivités locales, le marché a reconnu officiellement que ces dettes sont pourries. Or elle constitue l’essentiel de la dette publique espagnole et le gouvernement avait tout fait jusqu’ici pour en cacher l’ampleur. Et Santander en est bourrée, tout comme d’autres actifs pourris liés au casino espagnol de l’immobilier.

Mais comment Santander a-t-elle tenu jusque-là ? En allant récupérer des dizaines de milliards d’euros au guichet spécial de la BCE ouvert en 2008, en échange de collatéraux qui ne sont autre que ces mêmes actifs pourris et qui sont donc aujourd’hui dans la réserve de la banque centrale !

L’Espagne est donc le véritable cœur de la crise de l’euro, et via Santander, cette crise menace directement la City de Londres dans sa chair. L’échec obligataire de Banco Santander révèle donc que nous entrons dans la phase finale de l’implosion de l’Empire financier britannique et de son système euro. Mais sans une mise en faillite organisée de ces intérêts – procédure Glass-Steagall actuellement en débat outre-Atlantique et qui n’arrivera ici qu’avec une exigence du peuple – ils nous emporteront dans leur chute.


[*L’article complet est disponible ici.

[**Composé de 11 grandes banques issues de 13 pays européens, le groupe Inter-Alpha comprend aujourd’hui Royal Bank of Scotland (Royaume Uni), Commerzbank (Allemagne), Société Générale (France), Intesa Sanpaolo (Italie), KBC (Belgique), ING (Pays-Bas), Banco Espirito Santo (Portugal), AIB (Irlande), Nordea (Danemark, Finlande et Suède) et National Bank of Greece (grèce), en plus de Banco Santander.

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