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Changement de climat dans l’écolosphère

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Les idéologies qui ont marqué le règne des baby-boomers sur la société humaine depuis les années 60 sont en train de se volatiliser. Le culte écologiste du retour à la nature a fait son chemin, il s’est diffusé, il a été accepté, mais en ce début de millénaire, il se retrouve dépassé. Jadis, l’écologie était pourtant le combat des avantgardistes les plus cool et les plus courageux, mais depuis, certains d’entre eux se sont aussi repentis. James Lovelock, père de la théorie Gaïa [1] , était l’un des inspirateurs des milieux écologistes jusqu’à ce qu’il déclare en août 2004 : « J’espère qu’il n’est pas trop tard pour que le monde suive la France et fasse de l’énergie nucléaire notre principale source d’énergie. » Le débat émergeant aujourd’hui dans les milieux écologistes va au-delà de savoir si l’homme est responsable du réchauffement climatique ou même si ce réchauffement est réel Il est question du développement humain de la technologie comme remède écologique. Quel bouleversement a donc eu lieu dans l’écolosphère pour qu’on prête soudain à la technologie, et au nucléaire, le rôle de bâtisseur en lieu et place de celui de destructeur ?

James Lovelock explique très clairement que « la peur de l’énergie nucléaire se comprend par l’association qui en est faite, dans l’esprit des gens, avec l’horreur de la guerre nucléaire ». Autrement dit, si toute une génération a été plongée dans le pessimisme vis-à-vis du progrès scientifique, c’est qu’elle a été exposée de force à la destruction mutuelle assurée. [2] C’est de ce ferment que sont nés les écologistes radicaux, ou plutôt les éco-fondamentalistes, comme les appelle Lord Dick Taverne. Cet ancien membre de Greenpeace et des Amis de la Terre compare le fanatisme des écologistes les plus durs au fondamentalisme religieux : « Ils ne croient pas aux arguments et ils ne croient pas en la science. » Son ancienne organisation Les Amis de la Terre a d’ailleurs exigé la démission du révérend Montefiore de leur association après qu’il se soit prononcé publiquement en faveur de la technologie nucléaire. Suite à cette affaire, l’ancien évêque de Birmingham a déploré l’absence totale de débat public sur la question dans l’organisation. Ce qui est donc remis en cause ici est l’abandon du respect pour les vérités scientifiquement prouvées au profit de la certitude sentimentale. La peur irrationnelle dans laquelle ont été plongés les soixante-huitards a entraîné un rejet de l’autorité intellectuelle pour laisser le commandement de la société à l’impression première, le feeling. [3]

Dans le métro parisien, un partisan de la décroissance interpellait les passagers avec un écriteau « entre 2000 et 2005, on a consommé autant d’énergie que dans la première moitié du XXème siècle ». Interpellé sur le besoin de disposer de plus d’énergie pour le monde, il lançait nerveusement : « Non, nous consommons trop ! Lisez La Décroissance, c’est écrit ! ». Or, que pouvons-nous lire dans ce magazine qui se revendique lui-même de « la joie de vivre » ? Le poids environnemental de l’Homme, son droit de tirage sur la nature, la soumission au productivisme, tout y est vu par l’a priori d’un homme parasite puisque étranger à la nature. Avancées technologiques, croissance démographique, production industrielle, recherche scientifique y sont synonymes de nuisances, d’usage forcé de la nature au profit du seul confort humain. La croyance (et la confusion) est donc simple : la croissance est fondée sur l’accumulation des richesses, et l’accumulation des richesses se faisant aux dépends de la nature et du bienêtre social, la croissance humaine est donc mauvaise pour la planète et pour les hommes eux-mêmes. Il faudrait alors, pour être cohérent, un vrai programme de réhabilitation de mère nature : contre l’effet de serre, respirer moins, ne plus marcher sur l’herbe pour sauver la biosphère et, en fin de compte, pour ceux ayant un sens poussé de l’harmonie, se passer la corde au cou, mais en prenant garde de ne pas blesser l’arbre.

Un néoconservateur allié objectif des éco-fondamentalistes

Plus sérieusement, on ne peut expliquer la dégénérescence de la société capitaliste par l’excès de développement technologique, alors que les forces contrôlant l’appareil financier exercent une pression constante sur toute tentative de développement. Le nouveau directeur de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, ex-secrétaire assistant à la Défense américaine et néo-conservateur patenté, est un opposant de première heure au développement du nucléaire civil. Dans sa thèse doctorale de 1965, Wolfowitz s’opposait radicalement au projet « l’eau pour la paix » du président Johnson, un projet d’irrigation du Moyen-Orient utilisant des centrales nucléaires pour dessaler l’eau de mer. Ainsi, il rend service à ses contrôleurs financiers en empêchant l’indépendance économique des nations, mais l’ironie veut qu’il se retrouve ici dans le même camp que les éco-fondamentalistes.

C’est ici que la logique écologiste ne résiste plus à l’époque, car pour venir à bout de la pauvreté et de la misère, il va falloir mettre à disposition de chaque homme un réseau d’eau potable, d’irrigation, de transports, d’électricité, des écoles, des hôpitaux, et tout le système industriel permettant de les soutenir Pour assurer un tel développement à l’échelle planétaire, les énergies renouvelables sont caduques Eolien, solaire, hydraulique, biomasse peuvent parfois être utiles, « mais mettez-les tous ensemble et c’est seulement une fraction du nécessaire », concède le parrain vert Stewart Brand, fondateur de Whole Earth Catalog et lui aussi victime de la vindicte des écologistes radicaux Selon lui, seule l’énergie atomique est capable de combler l’écart qui se creuse dans le développement mondial.

Comment comprendre un tel renversement, si ce n’est par le retour non pas à la nature, mais à la réalité ? Dans le même monde cohabitent les éco-fondamentalistes et 700 millions de paysans chinois Les uns revendiquant le retour aux temps anciens pré-industriels, où l’homme vivait en toute simplicité, épargné de toute mécanisation, les autres labourant au boeuf pour une agriculture de survie, sans espoir d’un horizon meilleur. Peut-on refuser le développement et le transfert des technologies les plus efficaces vers les pays délaissés par penchant personnel pour la pureté de la nature ?

En tous cas, les représentants des soixante-quatorze pays réunis à Paris en mars dernier, lors de la conférence de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) ont mis les pays européens devant leurs responsabilités. L’Iran, la Chine, la Russie et l’Inde ont annoncé de vastes programmes d’équipement doublant, quintuplant ou décuplant leur production à l’horizon 2020 Mais certains des pays post-industrialisés ont brillé par leur absence, à l’image d’une Allemagne paralysée par la peur d’agir contre son lobby anti-nucléaire. La France, qui accueillait le sommet, est la nation au monde qui maîtrise le mieux la filière nucléaire et se retrouve de ce fait face à deux limites. D’une part, elle ne doit pas céder au mythe de la compétition (la globalisation), où la compétence est une propriété servant d’instrument de domination plutôt qu’une richesse publique au service des hommes. D’autre part, si la France vient de montrer par le vote du 29 mai qu’elle peut porter atteinte à ce système, elle demeure dans la terreur face au changement qu’implique son potentiel.

A ce titre, le renversement de paradigme dans les milieux écologistes marque la fin d’un système et nous rappelle au défi : on ne pourra changer de grandeur économique et en même temps garder nos habitudes.


[1La Terre serait un être vivant autorégulé

[2Stratégie d’équilibre de la terreur, adoptée dans les années 50 comme garant de la paix entre la puissance nucléaire des Etats-Unis et de l’URSS, reposant sur la menace de destruction mutuelle totale en cas de conflit. Cette stratégie de la terreur permanente est encore en vigueur aujourd’hui.

[3« Si je le ressens, alors c’est que c’est vrai ».

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