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Changement de rapport de force en Irak

La rédaction
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L’accord sur Najaf, conclu le 26 août entre le grand ayatollah Ali Husseini Al-Sistani et le chef de milice Moqtadar Al-Sadr, a modifié le paysage politique de l’Irak et de la région. Rentré de manière inattendue en Irak après une intervention chirurgicale à Londres, Al-Sistani (73 ans), la plus haute autorité religieuse chiite, s’est rendu à Najaf pour empêcher le bain de sang qui menaçait. En effet, les forces américaines et celles du gouvernement intérimaire préparaient un assaut final contre le mausolée d’Ali, où s’était réfugiée l’armée du Mahdi d’Al-Sadr.

Dès son arrivée à Bassorah, Al-Sistani a appelé tous les croyants à se rendre avec lui à Najaf : « Je suis venu pour le bien de Najaf et j’y resterai jusqu’à la fin de la crise. » Son appel à une marche sur la ville sainte a été suivi par des dizaines de milliers d’Irakiens qui ont fait le voyage, à pied ou en convois.

L’ayatollah a présenté ses conditions à la fois aux représentants du gouvernement irakien à Bassorah et à Al-Sadr, personnellement, à Najaf. Les deux parties ont accepté le désarmement de Najaf et de la ville voisine de Koufa, ainsi que le retrait de toutes les forces armées (américaines, irakiennes ou celles du Mahdi), la sécurité dans ces villes devant être exclusivement assurée par la police irakienne. En outre, le gouvernement devrait organiser l’indemnisation des victimes des combats acharnés des semaines passées. Enfin, dernière condition - et non des moindres - les préparatifs pour les élections, prévues pour janvier 2005, doivent être sérieusement entrepris.

Suite à l’annonce de l’accord, les pèlerins arrivés aux portes de la ville ont pu pénétrer dans le mausolée, à condition d’en repartir à dix heures le lendemain matin. C’est ce qu’ils ont fait et les miliciens se sont joints à eux. Al-Sadr a lancé un appel à ses miliciens leur demandant de quitter Koufa et Najaf sans leurs armes, en même temps que les nombreux pacifistes. La plupart d’entre eux ont effectivement abandonné leurs armes.

Le gouvernement intérimaire d’Iyad Allaoui a immédiatement accepté l’accord, mais l’armée américaine a dit qu’elle resterait dans la ville, afin d’empêcher le retour de la milice. A ce jour, le gouvernement américain n’a pas encore fait de déclaration officielle à ce sujet.

Suite à ce succès, l’ayatollah Al-Sistani est reconnu comme l’autorité incontestée du pays. Il ne représente pas seulement l’autorité suprême pour tous les chiites dans le monde, mais il est révéré par les musulmans sunnites et respecté par tous les Irakiens. Son pouvoir vient de son autorité morale et de ses prises de position sans compromis. Il a rejeté à la fois l’occupation et son fantoche, le Conseil du gouvernement intérimaire, ainsi que son successeur, le gouvernement intérimaire, qu’il considère comme des entités illégitimes, mais, au nom de l’intérêt du peuple irakien, il n’a pas appelé à une résistance armée. Il attend les élections et la création d’un gouvernement légitime qui mette fin à l’occupation et auquel il donnerait sa bénédiction.

D’où l’importance de la clause concernant la préparation des élections. Lors d’une réunion avec les autres grands ayatollahs, suite à cet accord, ils ont clairement signifié qu’ils cherchaient toujours à mettre fin pacifiquement à l’occupation, à l’issue d’élections, mais qu’en l’absence de cette option, ils feraient appel à d’autres moyens. Comme l’a montré à nouveau la marche sur Najaf, si Al-Sistani devait publier une fatwa appelant tous les croyants à s’engager dans une résistance militaire contre l’occupation et ses pantins, il ne fait aucun doute qu’elle serait suivie.

Bien au-delà, le succès de la mission de l’ayatollah a complètement discrédité le gouvernement d’Allaoui et les occupants qui, en dépit de leur supériorité militaire écrasante, n’ont pas pu s’imposer.

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