Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

Cheney, Carl Schmitt et la doctrine de l’« exécutif unitaire »

La rédaction
visites
1122

Le 8 janvier, le mouvement de LaRouche a commencé la diffusion à 25 000 exemplaires d’une brochure dénonçant l’effort d’une administration Bush-Cheney battue en brèche pour imposer un régime de « dictature présidentielle ». Parmi les principaux défenseurs actuels de la doctrine d’« exécutif unitaire », on trouve le vice-président Cheney, son chef de cabinet David Addington , le ministre de la Justice Alberto Gonzales, et le juge Samuel Alito, que Bush vient de nommer à la Cour suprême, ainsi que la « Federalist Society ».

Cette doctrine s’appuie sur la triade politico-légaliste chère au juriste attitré des nazis, Carl Schmitt : le Führerprinzip (principe du dirigeant charismatique), le Ausnahmezustand (état d’urgence) et la réduction de toute la politique à un conflit entre « ami » et « ennemi ». Dans ses écrits des années 20 et 30, Carl Schmitt affirme qu’en temps de crise, le chef charismatique incarne la loi et crée la loi, sans être tenu de respecter le droit naturel ni le droit international ou constitutionnel.

Dès le 16 janvier 2001, en commentant la nomination de John Aschroft au ministère de la Justice, Lyndon LaRouche avait averti que l’administration Bush-Cheney s’apprêtait à établir un régime autoritaire de « gestion de crise », recherchant un prétexte de type « incendie du Reichstag » pour le mettre en place. Les attaques du 11 septembre 2001 le lui ont fourni...

Le 20 décembre 2005, lors d’une conférence de presse à bord d’Air Force Two, Cheney se livra à une défense éhontée du pouvoir exécutif absolu pour le président américain, rejetant la « séparation des pouvoirs » mandatée par la Constitution. Il alla même jusqu’à dénoncer comme anticonstitutionnel le « War Powers Act », la loi sur les pouvoirs de guerre qui confère au Congrès la décision de déclarer la guerre ! Il avoua qu’il était arrivé au pouvoir avec la détermination d’éliminer les garde-fous contre un exécutif excessif, votés par le Congrès et décrétés par les présidents Gerald Ford et Jimmy Carter après le scandale du Watergate et les révélations sur l’espionnage illégal de citoyens américains par le gouvernement.

Ferment révolutionnaire en Amérique

Le sentiment pro-destitution qui se répand aux Etats-Unis, principalement alimenté par le rejet de la politique irakienne de l’administration Bush, s’est clairement manifesté lors d’un meeting organisé le 5 janvier par le député démocrate James Moran à Arlington (Virginie), avec le député John Murtha comme invité d’honneur. Plus de mille personnes se sont massées dans une salle bondée, tandis que six cents autres ont dû rebrousser chemin par manque de places. La plupart ont reçu des documents distribués par des jeunes larouchistes et des militants du LaRouchePAC, appelant à « destituer Cheney en premier ! » Alors que les députés comptaient discuter du retrait de l’Irak, et non de la destitution, le public a insisté sur le deuxième thème, faisant remarquer que c’est une mesure importante prévue dans la Constitution. C’était aussi le sujet discuté à un meeting organisé à Boston par le député démocrate Marty Meehan, qui avait voté contre la guerre d’Irak.

Les Américains réagissent, selon LaRouche, « parce qu’ils ont senti l’odeur du nazisme autour de ce gouvernement. Ils n’en veulent pas. Ils font comprendre à leurs élus : "Nous ne voulons pas vivre sous le fascisme". Prenez garde, Rohatyn ! Ils sont prêts à combattre le fascisme, pour arrêter un nouvel Hitler. Ils veulent la destitution. Ils ne capituleront pas devant le fascisme comme les Européens l’ont fait dans les années 30. »

Le chef d’état-major, le général Peter Pace, a reproché à John Murtha de saboter, par ses initiatives, les efforts de recrutement de soldats. En ouvrant le débat sur le retrait d’Irak le 5 janvier, ce dernier avait déclaré : « J’ai dit cela parce que je suis en désaccord avec cette politique, je n’encouragerais pas les gens à s’enrôler. C’est mon opinion personnelle. Il y en a d’autres qui ont trouvé les moyens d’éviter de rejoindre, et c’est bien. C’est une affaire personnelle. »

Murtha aborda de nombreuses questions brûlantes sur l’Irak : le manque de véhicules blindés et autres équipements, le déploiement inapproprié de soldats dans des tâches pour lesquelles ils n’ont pas reçu de formation, le manque de stratégie de sortie, l’effondrement économique en Irak, avec un taux de chômage de 60 %, ainsi que le problème des soins médicaux pour les soldats qui reviennent. Ces problèmes, dit-il, ne sont pas traités « avec des réponses substantielles, seulement de la rhétorique ».

« L’Irak en tant que tel est devenu une affaire totalement politique. Tous les officiers supérieurs sont d’accord avec moi. Nous ne pouvons pas gagner militairement. J’ai donc recommandé le redéploiement dans les plus brefs délais possibles. (...) Pour un certain nombre de raisons, je pense que nous sommes devenus l’ennemi. Et pourquoi sommes-nous devenus l’ennemi ? » A cause d’Abou Ghraib, entre autres.

« Nous devons continuer à intervenir contre une politique à durée indéterminée. (...) On ne peut pas être les gendarmes du monde. » Le rôle du militaire n’est pas de construire une nation, estime Murtha, qui a mentionné une erreur intervenue en même temps que les sévices à Abou Ghraib. « Il y a eu Falludjah, où nous avons chassé 150 000 personnes de leurs maisons. Cela ne nous crée pas que des amis. Il y aussi une guerre de guérilla. (...) Il y a une insurrection en Irak - dont seulement 750 à 1000 insurgés sont des combattants étrangers. Il y a donc des Irakiens qui combattent nos troupes. La seule chose qui puisse unir les Irakiens, c’est [l’opposition à ] l’occupation américaine. (...) »

Quand on lui demanda si le Parti démocrate soutenait sa position, il répondit qu’« un certain nombre de sénateurs qui envisagent de se présenter à la prochaine présidentielle m’ont appelé. Je leur ai dit qu’il n’y a que deux options. La politique de redéploiement, que j’ai suggérée, et celle du Président, qui est de persister sur la même ligne, et vous êtes entre les deux. »

Contactez-nous !