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Cheney accusé de crimes de guerre

La rédaction
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Le colonel Lawrence Wilkerson, qui fut un proche collaborateur de Colin Powell pendant seize ans, a récemment accusé Dick Cheney et Donald Rumsfeld de diriger une « cabale » politique opérant en dehors des voies officielles du gouvernement. Lors d’une interview accordée le 29 novembre à l’émission « Today » sur Radio 4 de la BBC, Wilkerson a été encore plus dur vis-à-vis de Cheney, dans des propos qui ont été repris par le Press Trust d’Inde et certains médias britanniques. Peu avant, la même émission avait diffusé une interview de l’ancien ambassadeur Joe Wilson, attaquant l’équipe en place à Washington qui promeut des changements de régime dans le monde.

Au journaliste qui lui demandait si Dick Cheney était coupable de crimes de guerre pour avoir autorisé la torture et la terrorisation de prisonniers, Wilkerson répondit : « Promouvoir la terreur est certainement un crime en vertu du droit américain, et je soupçonne fort que ce soit aussi un crime (...) de droit international ». Il déclara que la planification de la politique à suivre après l’invasion de l’Irak avait été usurpée par le vice-Président, le secrétaire à la Défense et certaines personnes au Pentagone, et qu’elle était tout à fait « inepte et incompétente ». A la question de savoir s’il en rendait Cheney responsable, l’ancien chef de cabinet de Colin Powell au département d’Etat répondit : « Pour ce qui est des deux processus de prises de décision dont j’étais le mieux informé - le mauvais traitement des prisonniers et la politique post-invasion - j’en fais porter la responsabilité directe à Cheney. J’estime que la relation entre MM. Cheney et Rumsfeld est à l’origine de ces deux déboires, en particulier, et comme je constate que le Président ne leur en demande aucuns comptes, du moins jusqu’à présent, je dois donc lui imputer la faute à lui aussi. »

Quant à savoir qui proposait d’abandonner les pratiques habituelles vis-à-vis des prisonniers, Wikerson répondit : « Qui fait actuellement pression sur le Congrès en faveur de l’utilisation de la terreur ? Le vice-président des Etats-Unis. » Comment en est-on arrivé à la pratique de sévices délibérés ? Wilkerson dit qu’il y avait deux parties en présence dans le débat : d’un côté, Colin Powell et Will Taft, qui défendaient l’application des Conventions de Genève, tandis que « l’autre côté était représenté par John Yoo du département de la Justice et Alberto Gonzales [actuel ministre de la Justice]. (...) Sous la protection du vice-Président, le secrétaire à la Défense a commencé à faire ce qu’ils souhaitaient au départ, bien que le Président ait pris une décision allant clairement dans le sens d’un compromis. »

Concernant les « erreurs de renseignement » ayant précédé la guerre d’Irak, Wilkerson dit qu’il « avait soutenu au début l’argument du gouvernement selon lequel on l’avait trompé », mais qu’il avait changé d’avis entre-temps. « Il y a d’une part l’interrogatoire du cheikh al-Libby [un transfuge irakien], dont les aveux ont été obtenus par des techniques autres que celles autorisées par [les Convention de] Genève. C’est [son témoignage] qui a conduit Colin Powell à dire le 5 février 2003 à l’ONU qu’il y avait des contacts substantiels entre al-Qaida et Bagdad. Maintenant, nous savons qu’al-Libby s’est rétracté et nous sommes quasiment sûrs que son témoignage n’était pas valable.

« Mais plus important encore, on sait maintenant que la Defense Intelligence Agency avait exprimé son désaccord avec ce témoignage, avant même que Colin Powell fasse sa présentation. Nous n’avons jamais été mis au courant de [cet avis]. » Il mentionne ensuite la source irakienne surnommée « Curveball », qui avait fourni le renseignement sur les laboratoires biologiques mobiles en Irak, repris par Powell dans son discours : « Le renseignement allemand avait averti la CIA que cette source (...) n’était pas digne de confiance. Alors, vous commencez à réfléchir, à vous demander si les renseignements ont tout simplement été manipulés, s’ils étaient politisés, et triés ; si le peuple américain a été trompé. »

« Comme un chien et son maître »

Le vice-président Dick Cheney est aux abois. La meilleure preuve en est la prestation de sa femme Lynne à la National Public Radio le 30 novembre, où elle a tenté de défendre son mari. Pour ce faire, elle s’est enferrée dans des mensonges pour couvrir ceux de son mari.

Lorsque la journaliste Diane Rehm lui demanda si elle pensait que son mari tentait d’étouffer l’affaire des tortures, Lynne Cheney lui répliqua : « Cette question ne mérite pas de réponse. » A la journaliste qui insistait : « Etes-vous gênée par ce qu’a dit le vice-Président à propos de la torture ? », elle répondit alors : « C’est une question offensante. Tout bonnement incroyable ! »

Mme Cheney déclara ensuite que Dick et elle partageaient les mêmes opinions, et que cette similitude était comparable à celle du chien qui adopte les manières de son maître ! Concernant Saddam Hussein et le 11 septembre, elle affirma que « Dick n’a jamais dit qu’il y avait un lien, parce qu’il n’y en a pas. » En réalité, le vice-Président a parlé officiellement d’une telle relation à maintes reprises, se référant à une rencontre à Prague entre Mohammed Atta et un agent du renseignement irakien. Il a été démontré plus tard qu’aucune rencontre de ce type n’avait jamais eu lieu.

Lorsque la journaliste mentionna le colonel Wilkerson, qui accuse Cheney d’être l’architecte de la politique irakienne, Lynne fit semblant de tomber des nues : « Je n’avais jamais entendu parler de Larry Wilkerson avant qu’il fasse ces déclarations. (...) Le tout est sans fondement. (...) ne mérite aucune réponse. »

Par ailleurs, la femme du vice-Président osa affirmer que le Congrès avait eu accès à tous les renseignements sur les armes de destruction massive (ADM) irakiennes. Rehm ayant fait remarquer que les briefings quotidiens destinés au Président n’avaient pas été portés à la connaissance du Congrès, elle se contenta de répondre que « le Congrès n’a pas profité des informations disponibles ». Sur l’appel du député John Murtha au retrait des forces américaines d’Irak, « Dick et moi le connaissons bien, et il a tort ».

Au cours du débat, un auditeur lui rappela que le vice-Président avait obtenu cinq reports d’incorporation pendant la guerre du Vietnam, tandis que lui-même avait été mobilisé à deux reprises. Il lui demanda combien de membres de sa famille étaient actuellement en Irak ; elle ne répondit pas.

Le soir même, Mme Cheney présenta son dernier livre lors d’une réception aux Archives nationales de Washington. A la surprise de son hôte, l’archiviste Allen Weinstein, elle se lança dans une tirade en faveur de la guerre d’Irak, sans que personne n’ai abordé le sujet, comme le fit remarquer Weinstein. Elle s’en prit ensuite à ses détracteurs et à ceux de son mari.

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