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Cheney n’a pas convaincu les dirigeants arabes

La rédaction

Lors de sa tournée à travers onze pays du Proche-Orient et du golfe Persique, le vice-président américain Dick Cheney avait pour objectif d’amener les dirigeants arabes à accepter une action militaire américaine contre l’Irak.

A la première étape, en Jordanie, le roi Abdallah s’est déclaré hostile à toute action militaire contre l’Irak, qui affaiblirait la guerre contre la terreur et déstabiliserait toute la région. Le roi a proposé de privilégier les moyens diplomatiques dans les relations avec Bagdad. Le ministre jordanien des Affaires étrangères a ajouté que l’intégrité territoriale de l’Irak devait être sauvegardée, tout en exprimant la crainte qu’une guerre ait de violentes répercussions à l’intérieur de la Jordanie, dont plus de la moitié de la population est palestinienne.

Le président égyptien Hosni Moubarak a tenu des propos similaires lors de ses rencontres avec Dick Cheney. L’Egypte s’oppose à tout plan américain pour renverser Saddam Hussein et reste attachée « au maintien de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Irak (...) et à la préservation de la stabilité régionale ». Pour ce qui est de la présence d’inspecteurs de l’ONU, Moubarak estime qu’il faudrait donner à Saddam Hussein l’opportunité de se conformer aux résolutions des Nations unies « et je pense, d’après ce que j’en sais, qu’il va accepter les inspecteurs », suggérant ainsi que le gouvernement irakien, dont le ministre des Affaires étrangères a eu des discussions positives avec Kofi Annan la semaine dernière, pourrait se conformer à un régime d’inspection des armements.

Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh a fait valoir qu’une action militaire affaiblirait la stabilité régionale. « Nous ne voulons pas jeter d’huile sur le feu », comme l’a confié un conseiller aux journalistes. A Abu Dhabi, Cheney a rencontré le cheikh Zayed bin Sultan qui lui a dit, selon l’agence officielle WAM, que « les Emirats [arabes unis] sont hostiles à toute frappe militaire contre l’Irak ». « Il y a nécessité d’agir avec retenue dans les intérêts de l’Amérique, de la région et du monde », a déclaré le cheikh Zayed.

L’Arabie saoudite, dont la position est déterminante pour toute option militaire, a adressé le même message à Cheney. Même avant leur rencontre, le prince héritier Abdallah a profité d’un entretien télévisé avec CNN et ABC pour déclarer : « Je ne crois pas qu’il soit dans l’intérêt des Etats-Unis ou l’intérêt de la région ou du monde » d’attaquer l’Irak. « Je ne m’attends pas à ce qu’une frappe apporte le résultat requis et la même chose vaut pour l’Iran. » Dans le cas d’une attaque américaine, a-t-il précisé, l’Arabie saoudite n’autoriserait pas l’utilisation de ses bases. Abdallah a souligné que l’Irak doit demeurer unifié tandis qu’une guerre pourrait faire éclater le pays.

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