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Christine Lagarde : deux poids deux mesures

La rédaction
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3 juin 2009 (Nouvelle Solidarité) – C’était prévisible. Les plans de « sauvetage » lancés par les gouvernements européens en faveur des banques allaient creuser les déficits publics et conduire la plupart des pays au dépassement des sacro-saints critères de Maastricht et du pacte de stabilité.

Comme souvent dans ce genre de cas, en changeant la grille de lecture on veut faire croire qu’on a changé la réalité. Ainsi, Christine Lagarde plaide désormais en faveur d’une distinction entre « déficit de crise » (provoqué par les plans de sauvetage bancaire) et « déficit structurel » (du type « trou de la sécu »). Le Figaro du 3 juin 2009 annonce que « Bercy travaille en tout cas en ce moment à convaincre Eurostats que les émissions de la Sfef (Société de financement de l’économie française) – créée pour prêter de l’argent aux banques après avoir levé des fonds sur les marchés, avec la garantie de l’Etat – n’ont pas de raison d’être comptabilisées comme de la dette publique. »

Or, Solidarité et Progrès a défendu depuis plus d’une décennie la nécessité d’une distinction entre un endettement légitime lié à des dépenses d’investissement (un véritable budget d’équipement), notamment pour le financement d’une politique de grands travaux européens, et un endettement non productif découlant de dépenses courantes incontrôlées. Rappelons qu’au nom de la stabilité de la monnaie, la Banque centrale européenne (BCE) et les Etats européens ont systématiquement exclu cette démarche. Leur orthodoxie financière est pourtant rapidement jetée aux orties quand il s’agit de sauver les banquiers spéculateurs !

Avec les déclarations de Lagarde apparaît au grand jour une politique résolument en faveur de la finance folle au détriment des citoyens. En clair : tandis que les Etats s’apprêtent à lancer d’ici peu de nouveaux plans pour « sauver » les banques, Mme Lagarde s’apprête à s’attaquer aux « dépenses récurrentes depuis trente ans » à l’origine du « déficit structurel » des Etats. Bien sûr, le mot austérité est tabou. Heureusement que les économistes comportementalistes ont inventé les formules « maîtrise des dépenses » ou « faire plus avec moins », pour nous faire avaler la même couleuvre.

Il y a fort à parier que l’on trouvera, dans ce que décrit Lagarde comme « dépenses récurrentes depuis trente ans », les dépenses liées à la recherche, l’éducation et la santé, déjà sous le tir de la réforme Bachelot en voie d’être adoptée.

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