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Clairoix : il est temps de dégonfler les spéculateurs, pas les emplois !

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13 mars 2009 (Nouvelle Solidarité) – Hier, alors qu’il s’apprêtait à s’expliquer devant les employés de son usine de pneus Continental de Clairoix (Oise), le directeur Louis Forzy a été la cible de jets d’œufs. Le groupe vient d’annoncer la fermeture du site où travaillent 1120 personnes et qui concerne au moins 3000 emplois. Le directeur a même failli se faire transpercer par un drapeau lancé comme un javelot par des syndicalistes furieux. Le personnel est d’autant plus en colère que la direction, en 2007 avait signé un accord sur la « sécurité de l’emploi » en échange d’un retour aux quarante heures, payées 38…

L’historique de cette affaire dévoile la dynamique infernale de l’effondrement économique et financier actuel. En 2007, Continental AG, une société transnationale allemande, engrange des profits conséquents. Elle décide même de se diversifier dans l’électronique en achetant Siemens VOD pour 11,4 milliards d’euros, devenant ainsi le cinquième équipementier automobile mondial au niveau des volumes des ventes.

L’intégration de VOD s’avère lente et coûteuse. Continental perdra également de l’argent à cause d’une mévente des pneus neige, sa spécialité. Affaibli, en juillet 2008, la firme est victime d’une OPA hostile monté par Shaeffler Gruppe, une PME bavaroise spécialisé dans les roulements à bille, reconvertie dans les raids financiers hyperagressifs. La PME, pourtant trois fois plus petite que Continental, grâce à un prêt de 22 milliards d’un consortium de banques dirigé par Commerzbank/Dresdner (en dépit des protestations de la Bafin, l’autorité allemande de régulation des marchés), réussit son raid.

D’après le sénateur UMP Philippe Marini, ce sont ces banques « qui exercent le pouvoir aujourd’hui et qui ont évincé l’héritière bavaroise » à la tête de Shaeffler, depuis la crise financière.

Avec l’explosion de la bulle financière, c’est le sauve qui peut. Avec la crise automobile, les carnets de commande sont revus à la baisse. Au lieu des 7 millions de pneumatiques produits en 2008, on espère en vendre 5 millions cette année. Les délocalisations, surtout à l’intérieur de l’Europe, font le reste. Fabriquer un pneu à Clairoix, « le site le plus cher du groupe », coûte 9,6 euros l’unité. A Timisoara, en Roumanie, ce prix est de moins de cinq euros…

La débâcle financière fait perdre de l’argent aux banques qui poussent Shaeffler à trier dans l’appareil industriel et les hommes qui la font fonctionner. D’où la décision de fermer le site de Hanovre en Allemagne (780 emplois) et celui de Clairoix.

Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Luc Chatel, parle de « trahison ». Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi estime que les salariés auraient « raison » de porter plainte contre leur employeur, car « les règles de l’information n’ont pas été respectées ». Pour sa part, Sarkozy a promis d’en parler à la chancelière allemande Angela Merkel. Cette dernière a promis d’en parler à son tour au groupe qui, sans doute, va en toucher un mot aux banques. Pendant que les uns parlent, c’est les autres qui décident.

Seule une politique de mise en faillite ordonné suivie de mesures de redressement de l’ensemble de l’économie mondiale peuvent nous faire sortir de cette logique infernale.

Car, restant sans trier les « titres toxiques » du système financier agonisant, nous assisterons fatalement au triage des hommes et de l’économie réelle dont ils dépendent. Voilà ce fascisme financier que Jaques Cheminade est le seul à dénoncer depuis la campagne présidentielle de 2007.

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Voir les 5 commentaires

  • napooiseau • 16/03/2009 - 17:43

    Pour une différence de coût salarial de 5€,il faudrait accepter des délocalisations massives qui finiront par réduire nos sociétés en masse de crève la faim.
    Nous assistons depuis la dernière élection présidentielle en France à un plan "média" comme ce pays n’en a encore jamais connu. Cela pourrait être divertissant si la période n’était à ce point tragique pour notre pays et tant d’autres. La désinvolture et le mépris avec lequel nos dirigeants nous traite est ahurissante.

    Répondre à ce message

  • dra • 13/03/2009 - 14:37

    9,6 euros le pneu !!!!Ce n’est pas ce que je paie chez Midas ou ailleurs !!!!!!!!!!!!!!
    C’est tout.

    • Senec • 13/03/2009 - 18:26

      N’avez-vous aucune idée de la structure du coût d’un objet fabriqué puis mis en vente ?
      Dans le prix de vente, il y a même le prix de services dont vous profitez par l’intermédiaire de l’impôt.

    • napooiseau • 16/03/2009 - 17:29

      Il est bien évident que le coût de fabrication d’un produit, quel qu’il soit, ne représente qu’une part du coût final de vente.
      Il me semble tout aussi évident qu’une différence de coût de production de 4 ou 5€ sur un produit que l’on vent entre 50 et 500€ n’est pas déterminant.
      Nous assistons à une volonté structurée, politique qui vise à "diviser pour règner".
      Pour la petite histoire : Charle de Gaulle n’a jamais accepté de faire entrer l’Angleterre dans le marché commun parce qu’il savait que celle-ci ne voulait pas d’un marché capable de se structurer et donc de s’opposer à son impérialisme déstructeur.
      Le Capital vise à créer des concurences entre les différentes zones productrices dans le monde, pour ce créer des marges en revendant des produits dans les pays à fort coût salariaux, qu’ils ont fait réaliser dans des pays pauvres.
      Si nous supprimions ces zones de misère il lui faudrait à tout le moins revoir son mode de fonctionnement, ce qu’il nest pas pret d’accepter.
      Sachant que la guerre est pour lui un formidable décupleur de profit, que rest-t-il à ajouter ? Rien, hélas.

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  • citoyen01 • 13/03/2009 - 19:54

    En bref, les banques font payer leurs erreurs aux salariés... proprement scandaleux !

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